Le 24 octobre 2026
Sur la base d’un postulat classique du registre fantastique, Paolo Strippoli parvient à imposer son style, plein de panache et d’outrance.
- Réalisateur : Paolo Strippoli
- Acteurs : Valeria Bruni Tedeschi, Adriano Giannini, Jasmine Trinca, Romana Maggiora Vergano
- Genre : Fantastique, Thriller
- Nationalité : Français, Italien, Belge
- Distributeur : Le Pacte
- Durée : 1h55mn
- Titre original : L'estranea
- Date de sortie : 31 mars 2027
- Festival : Festival de Venise 2026
L'a vu
Veut le voir
Résumé : Durant un orage, Anna se présente à l’improviste dans l’appartement étudiant de sa fille Alice et lui révèle que toute leur histoire familiale repose sur un mensonge qu’elle lui a raconté. Anna affirme avoir passé un pacte avec un mystérieux inconnu pour sauver la jambe d’Alice après un accident survenu vingt ans plus tôt. Ce pacte aurait déclenché un effet domino entraînant des événements terribles au fil des années. Seule Alice peut réparer les choses. Mais à quel prix ?
Critique : On dit que le diable est dans les détails. Pour Anna, mère de famille bien sous tous rapports issue de la bourgeoisie apulienne, il prendra plutôt la forme d’une étrange femme, qui lui propose des offres difficiles à refuser à chaque fois que l’un des proches d’Anna est en danger de mort... Relecture contemporaine du pacte faustien, qui fit et fait encore les très riches heures de la fiction fantastique depuis deux siècles (jusqu’au récent Sinners), La Spirale ne manque ni de style ni de mordant.
Si les moments les plus sanglants sont des passages quasiment obligés du registre du body horror à la Cronenberg, c’est bien la mise en scène de Paolo Strippoli, trente-trois ans et déjà quatre longs-métrages dans sa besace, qui donne au film son caractère. De fait, La Spirale porte bien son nom : Strippoli procède par petites touches, par fins coups de pinceau pour faire subrepticement sombrer un univers confortable et rassurant dans le cauchemar, jusqu’à un final où l’horreur s’étend de façon littéralement torrentielle. Un monde où le réel est progressivement contaminé, corrompu par un mal indicible et venu d’un autre monde, dans une ambiance qui n’est pas sans rappeler Stephen King, avec qui le cinéaste partage quelques marottes (une vaste demeure peuplée d’enfants aux facultés étranges, comme dans Shining ; une malédiction lié au poids, comme dans La Peau sur les os...)
À moins que ce ne soit plutôt le réel qui contamine ce sous-monde peuplé de suppôts de Satan ? On se pose sérieusement la question, tant la démone de La Spirale ressemble à s’y méprendre à... un ersatz de Marine Le Pen ou de Giorgia Meloni. Sans doute quelque chose dans le sourire carnassier, dans la coupe blonde au carré, dans la capacité à garder un air rassurant même lorsqu’elle inflige à la pauvre Anna les pires bassesses. Rien qu’une projection toute personnelle, influencée par une actualité française chahutée ? Peut-être, mais qui n’aura sans doute pas échappé à celle qui interprète la succube en question, la Franco-Italienne Valeria Bruni Tedeschi. Cette relecture contemporaine de figures bien connues du registre fantastique s’inscrit, quoi qu’il en soit, dans la vision maximaliste que Paolo Strippoli a du genre. Une certaine outrance qui s’exprime dans la mise en scène – notamment le temps d’une soirée blanche qui tourne mal, ponctuée d’un numéro musical que n’aurait pas renié Paolo Sorrentino – ou dans le jeu des interprètes (Bruni Tedeschi, donc, mais aussi Jasmine Trinca ou Adriano Giannini), qui ont apparemment reçu pour consigne de pousser tous les curseurs à fond. Un cinéaste à suivre, et une preuve de plus de la bonne santé du cinéma de genre italien.
Votre avis
Pour participer à ce forum, vous devez vous enregistrer au préalable. Merci d’indiquer ci-dessous l’identifiant personnel qui vous a été fourni. Si vous n’êtes pas enregistré, vous devez vous inscrire.
aVoir-aLire.com, dont le contenu est produit bénévolement par une association culturelle à but non lucratif, respecte les droits d’auteur et s’est toujours engagé à être rigoureux sur ce point, dans le respect du travail des artistes que nous cherchons à valoriser. Les photos sont utilisées à des fins illustratives et non dans un but d’exploitation commerciale. Après plusieurs décennies d’existence, des dizaines de milliers d’articles, et une évolution de notre équipe de rédacteurs, mais aussi des droits sur certains clichés repris sur notre plateforme, nous comptons sur la bienveillance et vigilance de chaque lecteur - anonyme, distributeur, attaché de presse, artiste, photographe. Ayez la gentillesse de contacter Frédéric Michel, rédacteur en chef, si certaines photographies ne sont pas ou ne sont plus utilisables, si les crédits doivent être modifiés ou ajoutés. Nous nous engageons à retirer toutes photos litigieuses. Merci pour votre compréhension.















