Le 21 août 2024
Le voyage d’un vieil homme sur les traces de son passé. Un road movie qui se dissout dans le pathos. Dommage.


- Réalisateur : Gillies MacKinnon
- Acteurs : Timothy Spall, Phyllis Logan, Saskia Ashdown
- Genre : Comédie dramatique, Road movie
- Nationalité : Britannique
- Distributeur : Next Film Distribution
- Durée : 1h26mn
- Date de sortie : 21 août 2024

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– Année de production : 2022
Résumé : L’histoire réconfortante de Tom, un retraité dont l’épouse vient de décéder, qui voyage du point le plus au nord de la Grande-Bretagne jusqu’à sa ville d’origine, située au point le plus au sud, en utilisant sa carte de bus gratuite.
Critique : Les premières minutes du long métrage disent en plusieurs scènes délicates, presque oniriques, le destin d’un couple. La vie passe comme un éclair et l’émotion est retenue dans le pli de quelques ellipses. Un jour, on existe et un autre, on n’existe plus. Et l’image saisit cette vérité simple pour dire que "ça a été", comme l’écrivait Roland Barthes.
- © 2022 Capelight Pictures OHG. Tous droits réservés.
Mais le reste du film ne tient pas ce que l’introduction profile et qu’on interprète comme une promesse : ne pas céder à la démonstration, ne pas faire de Tom, vieillard fidèle, acharné, une figure pathétique, dans le sens le plus étymologique du terme. Car le récit s’avère programmatique, quoique le road movie puisse convaincre des vertus du hasard. Le long métrage se glisse paresseusement dans les attributs du genre, fait défiler les jolis paysages et les seconds rôles pittoresques, et rien ne vient troubler le portrait humaniste de ce personnage valétudinaire, en sursis, guidé par une promesse. Dès lors, les rencontres que cette lente aventure engendre n’ont pas pour but de révéler la solitude du protagoniste, mais d’accompagner son deuil dans une respectueuse procession qui s’incarne à la fin de l’histoire, puisqu’il est entendu que toute société respecte ses anciens et les applaudit même, au terme de leur parcours.
- © 2022 Capelight Pictures OHG. Tous droits réservés.
Les artifices du scénario (quelques traumas attendus) et la maladresse du montage alternant flashback et scènes didactiques, voire édifiantes, compromettent la sincérité du propos, trop beau pour être vrai, plus proche de la fable contemporaine sur fond de réconciliation générale, que de la réalité d’un véritable chagrin. Malgré la prestation de Timothy Spall, Le dernier bus déçoit.