Le 24 juillet 2026
Ce mélodrame historique et familial est d’une facture classique et se montre habile dans son déroulement narratif, culminant dans un final d’une réelle émotion.
- Réalisateur : Lan Hongchun
- Acteurs : Usha Seamkhum, Li Sitong, Wang Yantong, Wu Shaoqing
- Genre : Drame, Historique, Mélodrame, Film pour ou sur la famille
- Nationalité : Chinois
- Distributeur : Trinity CineAsia
- Durée : 1h58mn
- Date de sortie : 2 septembre 2026
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Résumé : Pendant des décennies, Ye Sogriu a survécu grâce aux lettres et aux mandats que son mari lui envoie depuis la Thaïlande. Lorsque son petit-fils Hiou-ui part sur les traces de son grand-père, il découvre que l’histoire derrière cette correspondance est bien différente de ce que la famille avait toujours imaginé. À mesure que ressurgissent des souvenirs enfouis et des gestes de dévouement restés dans l’ombre, se dessine le portrait d’existences liées par la séparation, le sacrifice et le temps.
Critique : Il s’agit du troisième long métrage de Lan Hongchun mais c’est le premier à connaître une sortie en France. Sans doute le triomphe du film au box-office chinois a-t-il contribué à cette distribution. Lan Hongchun a grandi dans le Teochew. Cette région a été fortement marquée par l’émigration et les plus jeunes habitants ont souvent entendu les récits de ceux qui étaient partis chercher une meilleure existence à l’étranger. Les recherches historiques ont mis en lumière l’importance des « qiaopis » : ces lettres souvent écrites par des écrivains publics étaient envoyées par les migrants à leur famille : ils donnaient des nouvelles, déclamaient leur amour et joignaient de l’argent à la missive. Cet ensemble de lettres est aujourd’hui inscrit au registre Mémoire du monde de l’Unesco. Ce postulat sert de point départ à la fiction écrite par le réalisateur, avec l’aide de trois coscénaristes. La narration se déploie sur quatre époques liées par des flashback. De nos jours, Hiou-hui décide de retrouver son grand-père parti depuis plusieurs années en Thaïlande. Sa grand-mère, Ye Sogriu, refuse de lire les lettres envoyées par son mari depuis qu’elle a compris que ce dernier a fondé une nouvelle famille.

- © 2026 Trinity CineAsia. Tous droits réservés.
Dans les années 1950, Den Bahgseng est obligé de quitter sa famille pour s’installer en Thaïlande. Il est souvent en conflit avec Li Shuhao, la jeune aubergiste avec laquelle il noue pourtant une amitié. En 1978, Ye Sogriu décide de faire le deuil de l’absence de son mari. En 1960, un événement tragique amène Li Shuhao à faire un choix décisif. Malgré l’éclatement temporel et la profusion des personnages, le récit est clair et attachant, l’essentiel de l’histoire étant d’ailleurs concentré sur la première et la dernière période. Dear You, titre international plus pertinent que le titre français choisi, intéressera d’abord le cinéphile féru d’Histoire, par cette mine d’informations sur la situation des Chinois ayant fait le choix d’émigrer vers un autre pays asiatique, même si le contexte géopolitique est quasiment absent du scénario. Documenté avec précision, jusque dans ses enjeux linguistiques, bénéficiant de dialogues délicats et accordant un soin particulier aux décors intérieurs comme aux éléments naturels – notamment à la symbolique de l’eau, source de bien-être autant que de danger –, le long métrage se laisse suivre avec un réel plaisir. Il véhicule aussi, sans excès démonstratif, un salutaire message sur la résilience et la solidarité.

- © 2026 Trinity CineAsia. Tous droits réservés.
Le cinéaste précise ainsi dans le dossier de presse : « À travers les qiaopis comme point de départ narratif, nous racontons une conception très profondément ancrée chez les habitants du Teochew : la manière dont on doit se comporter en tant qu’être humain. C’est une valeur universelle, mais aussi un héritage précieux transmis de génération en génération par nos ancêtres. » L’œuvre est surtout un beau mélodrame qui évoque, par bien des aspects, certains modèles du genre, parmi lesquels Les fleurs du soleil de Vittorio De Sica et Cinéma Paradiso de Giuseppe Tornatore. Certes, il manque un réel approfondissement d’écriture et une mise en scène moins académique pour nous combler pleinement (reproche qui pouvait d’ailleurs être aussi adressé aux modèles cités). Et les digressions comiques du récit (le premier contact entre le petit-fils et l’écrivain public, l’ivresse du père de Li Shuhao) ne sont peut-être pas les éléments les plus subtils que l’on retiendra à la sortie de la projection. En dépit de ces réserves, Dear You est recommandable pour les qualités mentionnées et témoigne de la vitalité et de la diversité du cinéma chinois contemporain.
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