Le 11 octobre 2026
Derrière cette romance effrayante se dessine une dénonciation sans ambiguïté de la montée des radicalismes religieux et des terribles thérapies dites de conversion qui les accompagnent.
- Réalisateur : Adrian Chiarella
- Acteurs : Mia Wasikowska , Nicholas Hope, Stacy Clausen, Joe Bird, Jeremy Blewitt
- Genre : Épouvante-horreur, Romance, LGBTQIA+, Teen movie
- Nationalité : Australien
- Distributeur : Originals Factory
- Durée : 1h28mn
- Âge : Interdit aux moins de 12 ans avec avertissement
- Date de sortie : 7 octobre 2026
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Résumé : Deux adolescents doivent échapper à une entité violente qui prend la forme de la personne qu’ils désirent le plus : l’un l’autre.
Critique : On pourrait penser en 2026 que l’homosexualité est totalement acceptée, dans tous les milieux sociaux. Et pourtant, partout dans le monde, persistent de petits groupuscules extrémistes convaincus que l’homosexualité est une maladie que l’on pourrait guérir à l’aide d’étranges thérapies de conversion. L’histoire se passe dans une toute petite ville australienne, où le jeune héros Naïm tombe amoureux d’un élève de sa classe, Ryan. Mais cette idylle est très vite mise à l’épreuve par un groupe religieux arc-bouté sur des convictions radicales, qui n’hésite pas à faire appel à une sorte d’obscur exorciste. Celui-ci promet aux parents de faire disparaître le désir homosexuel de leurs enfants, mais réveille en réalité une entité violente, qui prend possession du corps de la personne désirée.
Leviticus n’est pas un film moraliste. Au contraire, le récit dénonce avec force la montée des radicalités religieuses qui continuent, à travers le monde, d’exclure voire de condamner à mort des personnes homosexuelles. Cette entité diabolique devient finalement un repoussoir destiné à détourner les jeunes amants de leur désir. Le récit aurait certes pu mettre en scène de jeunes héros hétérosexuels, mais le choix du réalisateur d’aborder la question des minorités sexuelles se révèle particulièrement ingénieux. On pense, dans une certaine mesure, au remarquable film de Jordan Peele, Get Out, dans lequel un milieu bourgeois organise l’exploitation et le massacre de jeunes Noirs.

- © 2026 Neon / Originals Factory. Tous droits réservés.
Leviticus ne se limite pas au registre du film militant. L’épouvante y est pleinement présente, incarnée par un monstre invisible qui s’insinue dans les esprits à travers des hallucinations visuelles et prend les traits de l’être aimé. L’angoisse naît de l’incertitude qui saisit le spectateur : l’amant ou l’amante qui implore une relation sexuelle ou amoureuse avec la personne désirée est-il sincère ou sous l’emprise de cette entité ? L’horreur tient surtout à la peur de l’autre et, en corollaire, à la froideur d’une communauté religieuse qui combat tout ce qui lui paraît anormal. La mise en scène n’abuse ni de l’hémoglobine ni des effets spéciaux. L’épouvante véritable réside dans la manière dont cette communauté repliée sur elle-même organise la souffrance de ses membres qui osent transgresser ses règles. Le harcèlement est dépeint avec minutie, sans jamais céder à la facilité démagogique ni au voyeurisme.

- © 2026 Neon / Originals Factory. Tous droits réservés.
Le récit est très bien mené. Il ne souffre d’aucune lenteur. Le rythme haletant n’empêche pas la description d’une relation amoureuse entre deux adolescents, avec beaucoup de grâce. Le réalisateur aborde la tromperie, la déception amoureuse, mais aussi le coup de foudre qui rend aveugle. Les relations sensuelles entre les deux héros sont filmées avec beaucoup de délicatesse, sans jamais tomber dans l’exubérance ni la faute de goût. Les garçons ne sont pas présentés comme des modèles de beauté irrésistible, contrairement à ce que promeut parfois le cinéma gay, à l’exception peut-être du jeune Ryan, particulièrement rayonnant.
Avec Leviticus, Adrian Chiarella assume pleinement la dimension romantique de son film. Les couleurs et les lumières nourrissent une fiction qui se veut aussi effrayante que touchante. Le long-métrage rend hommage aux amours adolescentes, qui, on l’espère, ne seront pas toujours condamnées à la fuite, dans des espaces sociaux où l’altérité et le respect de la différence vont de soi. Adrian Chiarella aime ses acteurs, et cela se ressent dans une mise en scène tout en pudeur, à l’occasion de cette première sortie du film sur les écrans français.
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