Le 12 juillet 2026
Une comédie satirique attachante, mais qui peine à maintenir son rythme et dont le sujet appelait une écriture plus incisive.
- Réalisateur : Léopold Kraus
- Acteurs : Lionel Abelanski, Francois Vincentelli, Hugo Becker, Fred Tousch, Félix Lefebvre, Michael Zindel, Abraham Wapler, Anja Verderosa, Raïka Hazanavicius
- Genre : Comédie, Romance
- Nationalité : Français
- Distributeur : Moonlight Films Distribution
- Durée : 1h27mn
- Date de sortie : 8 juillet 2026
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Résumé : Influenceur beauté fauché, Gabriel Rose rêve de devenir comédien. Mais il n’a ni le talent ni les contacts. Après un énième casting raté, il rencontre Stanislas, un fils à papa de la jeunesse dorée, qui lui propose de lancer une marque de bijoux. Gabriel y voit l’opportunité d’accéder au gotha parisien, où tout semble facile, en apparence… En parallèle, il se lie avec Pauline, une jeune chercheuse en écologie politique. Tiraillé entre deux mondes, Gabriel cherche sa place entre image et réalité, désir d’ascension, et besoin d’amour.
Critique : Ce premier long métrage a été écrit et réalisé par Léopold Kraus, ancien étudiant en philosophie et en cinéma, auteur de plusieurs courts métrages. Microstar semble vendu comme le film d’un réalisateur de la génération Z, ciblant les spectateurs de la génération Z, à la fois attendrissant et acerbe sur la génération Z… Ces intentions ne sont a priori pas moins louables que d’autres, mais le jeune réalisateur est davantage explicite quant à ses motivations : « Je voulais surtout parler d’une génération traversée par des contradictions : on grandit avec l’angoisse écologique, la sensation d’une catastrophe imminente, tout en étant élevé dans une culture du narcissisme et de la mise en scène permanente. On se vit tous comme des stars potentielles avec un téléphone au bout de la main. Ce paradoxe me fascinait : vouloir être regardé alors qu’on sent le monde vaciller. Par ailleurs, nous sommes dans une période où les hommes et les femmes réapprennent à se séduire, à se comprendre, à redéfinir leurs rapports et cela me semblait être aussi un formidable moteur de comédie. »

- © 2026 Moonlight Films Distribution. Tous droits réservés.
Car c’est la légèreté, certes tempérée par une touche mélancolique et des intentions satiriques, qui imprègne ce récit des déboires de Gabriel. Influenceur, mannequin, comédien et DJ (« et pourquoi pas aussi cracheur de feu et taxidermiste ? »), comme lui assène un directeur de casting. Le jeune homme de vingt-quatre ans, dont le nombre de followers n’est pas négligeable sur Instagram, vivote en décrochant quelques contrats publicitaires et en animant de pathétiques goûters d’anniversaire, déguisé en Spider-Man, son super-héros d’enfance. Une amourette avec une charmante doctorante en écologie politique semble se transformer en amour, mais la jeune femme ne semble pas le juger à la hauteur dans leurs relations intimes. Une rencontre fortuite l’amène à fréquenter un fils à papa qui veut se lancer dans la vente en ligne d’un produit de mode et lui propose d’être son associé… Le scénario est fidèle à la veine des récits axés sur les sympathiques losers. Le protagoniste est ainsi attachant dans son refus d’assumer ses origines populaires (un père sorti de prison qu’il fait passer pour un financier), et dans sa difficulté à concilier épanouissement personnel authentique et réussite financière facile.

- © 2026 Moonlight Films Distribution. Tous droits réservés.
Quelques séquences (trop rares) dénotent un vrai sens de la comédie sophistiquée : on pense au passage dans un taxi, au cours duquel Gabriel et une comédienne séduite se livrent un jeu de rôles, en mode Actors Studio, sur une hypothétique dispute conjugale. Malheureusement, le film souffre de deux problèmes. D’une part, un manque de rythme évident se fait vite ressentir, avec des digressions n’apportant aucune plus-value (les scènes de boîtes de nuit). D’autre part, l’écriture peine à éviter les clichés sur une génération (concernant les rapports de genre, le narcissisme) et surtout pèche par des dialogues et situations qui ne font pas toujours dans la dentelle. American Pie et Le feu follet sont cités par le cinéaste dans le dossier de presse. Force est de reconnaître que Microstar est plus proche de la comédie potache que de l’introspection existentielle. En outre, le casting est inégal. Si Abraham Walper est parfait dans son personnage lunaire et indécis, la direction d’acteurs ne tire pas toujours le meilleur de l’ensemble du casting. Le personnage de déjanté peroxydé joué par Félix Lefebvre manque ainsi de nuances, alors même que le comédien est réputé pour sa subtilité de jeu. Le second long métrage du réalisateur devrait être plus convaincant avec un ajustement du travail narratif et filmique.
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