Le 9 juillet 2026
Ce volet d’une franchise culte assure le contrat avec efficacité et inspiration visuelle, sans abuser de son agréable french touch.
- Réalisateur : Sébastien Vaniček
- Acteurs : Souheila Yacoub, Tandi Wright, Hunter Doohan, Luciane Buchanan, Erroll Shand, Maude Davey, George Pullar
- Genre : Fantastique, Épouvante-horreur
- Nationalité : Américain
- Distributeur : Metropolitan FilmExport
- Durée : 1h51mn
- Âge : Interdit aux moins de 16 ans avec avertissement
- Date de sortie : 8 juillet 2026
- Voir le dossier : La saga Evil Dead
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Résumé : Après l’enterrement de son mari, Alice se rend dans la maison isolée de sa belle-famille pour partager un dernier repas à sa mémoire. Mais la réunion familiale bascule dans l’horreur lorsque ses proches se transforment, l’un après l’autre, en créatures démoniaques. Confrontée à cet enfer, Alice découvre que les vœux prononcés autrefois continuent de la lier à son mari… bien au-delà de la mort.
Critique : Produit par Sam Raimi et Warner, Evil Dead Burn était un sacré pari pour Sébastien Vaniček : montrer qu’un jeune réalisateur pouvait se plier aux conventions d’une franchise culte, tout en gardant sa griffe, le tout avec cette attente de french touch inhérente à certaines productions hollywoodiennes (on pense notamment à Alien, la résurrection de Jean-Pierre Jeunet). D’une part, Vaniček avait placé la barre très haut avec Vermines, film d’horreur efficace et original sur une invasion d’araignées tueuses dans un immeuble de banlieue, tout en constituant une métaphore des discriminations à l’égard des cités. D’autre part, Sam Raimi avait réalisé le génial Evil Dead (1981), véritable étalon du genre horrifique, déployé en une série de spin-offs plutôt réussis, le meilleur restant le remake signé Federico Álvarez en 2013. Vaniček, qui aurait eu la carte blanche de Raimi et des studios, s’en tire avec honneur. Certes le pitch initial, variation autour d’une vieille malédiction transformant les habitants d’une demeure en créatures démoniaques, n’impressionne guère après des décennies de productions ayant brodé à partir d’un canevas similaire.

- © 2026 Warner Bros. Tous droits réservés.
Mais Vaniček et son fidèle coscénariste Florent Bernard ont joué le jeu en insistant sur des névroses contemporaines, liées à la peur de l’autre et l’intolérance, en particulier à l’ère trumpienne. La xénophobie apparente du beau-père, surtout à l’égard d’une Française accusée d’avoir semé le trouble dans sa cellule familiale, est révélatrice de la volonté des auteurs d’aborder des thèmes en résonance avec l’actualité ; c’est aussi le cas des passages, explicites ou non, sur les violences conjugales, sans jamais tomber dans la démonstration. Visuellement, l’œuvre est réussie. Les passages les plus gore (le meurtre de la belle-sœur) alternent avec des instants plus suggestifs (pas trop, tout de même), où le pire se lit dans les yeux des protagonistes — notamment dans ce plan réunissant deux personnages tandis qu’un troisième, que l’on croyait mort, sonne à la porte. Quand tant de films contemporains se noient dans une surenchère narrative et d’effets spéciaux, Evil Dead Burn parvient à doser avec justesse les moments les plus terrifiants, du prologue dans un lac au dénouement aux allures de catharsis.

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Toutefois, les meilleures séquences du film sont peut-être celles, hitchcockiennes, où le malaise est perceptible dans des moments de fausse quiétude, quand des événements incongrus se produisent (la cérémonie funéraire perturbée par le bruit d’un chantier), même si l’époque de Psychose ou des Oiseaux, où l’horreur n’éclatait qu’après une longue montée de la tension, semble désormais révolue. Précisons aussi que Vaniček joue la carte de la french touch de façon explicite — à travers la conversation téléphonique entre Alice et son père ou encore les choix musicaux — sans en abuser pour autant : l’agréable ritournelle Elle était si jolie d’Alain Barrière, utilisée comme l’écho d’un paradis perdu, revient avec parcimonie. Au sein d’un casting international, Souheila Yacoub prouve l’étendue de son registre, après ses rôles pour Gaspar Noé, Garrel ou Cédric Kahn. Evil Dead Burn devrait séduire un public bien plus large que les seuls amateurs d’horreur, tout en confirmant, après Obsession et Backrooms, la remarquable vitalité du genre sur grand écran en 2026.
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