Le 15 février 2026
Corinne Maier continue son travail de distanciation avec les obligations et devoirs défendus par notre société. Après No Kid et Bonjour paresse, elle nous propose de réfléchir aux différentes facettes du désengagement dans ce court essai traité avec humour et s’appuyant sur de nombreuses sources.
- Auteur : Corinne Maier
- Editeur : Éditions de l’Observatoire
- Genre : Essai
- Nationalité : Française
- Date de sortie : 13 janvier 2026
- Plus d'informations : Le site de l’éditeur
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Résumé : « Non merci, l’art heureux de se désengager » débute sur un constat : nous vivons dans une société qui nous pousse sans cesse à aller de l’avant ou à se mobiliser. Et pourtant, pour toute une grande catégorie de la population, rien ne change. Alors que faire ? Une réponse particulière se répand : se désengager, prendre ses distances avec ce qui est présenté comme les moteurs de notre société, à savoir la relance économique, le travail, la famille...
Critique : On pourrait poser la question "Pourquoi se désengager ?" et Corinne Maier répondrait probablement "Mais pourquoi s’engager ?". En effet, dans la première partie de ce livre, Corinne Maier rédige le constat de notre situation, enfin, de celle des classes moyennes. Il s’agit des personnes qui gagnent assez pour ne pas être pauvre, mais trop peu pour être à l’aise. Mais l’analyse qu’elle mène pourrait s’appliquer aussi à d’autres catégories socioprofessionnelles. Bon nombre d’individus ont l’impression que rien ne bouge, qu’ils n’ont plus de moyen de faire valoir leur avis, que leurs gouvernements valsent sans changer quoi que ce soit de notable. Le monde du travail, la société de consommation, les injonctions familiales, tout semble relié pour nous dire : "tu dois t’investir, plus et encore plus, mais tout ceci est pour ton bien et pas pour le nôtre" alors que dans les faits, les citoyens ressentent l’opposé, devant se sacrifier pour le bien de ceux qui décident, mais pas pour le leur.
L’engagement associatif, collectif se heurte à l’inertie du pouvoir, au jeu des lobbies. Là encore, les personnes ne trouvent pas le moyen de changer la situation. Quelle solution reste-t-il alors ? Prendre du recul, en faire moins, se libérer des injonctions sociales, donc s’alléger l’esprit et gagner du temps.
Ces précieux instants que l’on peut user comme on l’entend, cet espace de liberté où le seul enjeu est de se faire plaisir : lire, sortir ou même tout simplement se reposer.
Pas de grande idéologie. D’ailleurs, Corinne Maier explique que les désengagés ne forment pas un groupe, un parti ou un mouvement. Il s’agit le plus souvent d’une décision individuelle, celle d’en faire moins, certes gagner moins d’argent, mais plus de temps.
Corinne Maier a conscience que tout le monde ne peut pas se permettre de travailler moins. C’est aussi pour cela qu’elle parle plus particulièrement des classes moyennes, car elle sait qu’en dessous d’un certain salaire, il n’y a pas d’autre choix que d’aller pointer pour gagner le minimum qui permet de tenir difficilement jusqu’au mois suivant. Mais pour celles et ceux qui peuvent prendre la décision de lever le pied, l’avenir s’éclaircit. Il ne s’agit pas que du travail. Dans les deux autres parties de son livre, Corinne Maier nous parle de ce qu’implique le "nepaïsme", à savoir l’idée de "ne pas", de moins en faire. Cette décision concerne le monde professionnel, mais elle peut s’appliquer aussi à la consommation. En effet, si vous gagnez moins d’argent, apprendre à dépenser moins permet de ne pas se retrouver dans le rouge. "Détravailler", "déconsommer" et même, pourquoi pas, ne pas avoir d’enfant, ne pas aller voter... Corinne Maier envisage toutes les formes de désengagement, qu’elle explique en détail. Bien sûr, tout cela peut avoir des conséquences sur la société française. Mais seront-elles forcément négatives ? On peut suivre Corinne Maier sur nombre de points ; celui de l’abstention appelle à réflexion, car, comme elle le mentionne, nos gouvernants nous brandissent l’arrivée au pouvoir d’un parti fascisant. Mais là, ce ne sont pas les classes moyennes qui pâtiront d’un tel renversement, mais celles et ceux qui seront étiquetés étrangers, quelle que soit leur classe sociale. En tout cas, l’autrice a le mérite de soulever la question et ainsi nous amener à réfléchir.
Corinne Maier précise bien que ce livre n’est pas un appel à faire mouvement, mais l’analyse d’une tendance qui se développe au fil des ans. Ces différentes formes de désengagement se recoupent, mais explorent plusieurs directions. Elle ajoute aussi qu’il ne s’agit pas de tout rejeter, mais d’en faire moins, suffisamment pour garder son indépendance économique et ne pas être à la charge de ses parents ou de sa famille.
Tous ces points et d’autres encore, Corinne Maier les traite avec humour. Elle parle de problèmes sociétaux, mais refuse le langage de l’effondrement à venir, n’hésite pas à prendre parfois un ton léger pour aborder ces thématiques et, grâce également à une écriture simple, les rend compréhensibles par tous.
Ce petit recueil ouvre la porte à de plus amples réflexions. Les sources des statistiques et opinions affirmées sont données en note de bas de page et la bibliographie à la fin du livre permet aux lecteurs qui le souhaitent de creuser le sillon tracé et d’en apprendre plus.
Le « nepaïsme » offre la possibilité de prendre ses distances avec cette société qui ne nous convient plus, sans trancher complètement les amarres. C’est une décision individuelle, que l’on peut doser comme on le souhaite. Certains ne voudront pas d’enfants, d’autres ne voteront plus ou alors consommeront moins. Chacun peut choisir le mode de vie qui lui convient pour avancer vers son bonheur. Car Corinne Maier n’oublie pas que ce désengagement n’a pour but que de retrouver un équilibre de vie, une paix de l’esprit, que la société actuelle a rompus.
Non merci, l’art heureux de se désengager est un essai simple d’accès qui analyse avec humour le désengagement sous ses différentes formes, références à l’appui. Chacun est libre ainsi, s’il le souhaite, de choisir son ou ses moindres investissements : social, politique, familial, économique...
160 pages – 19€
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