Le 8 février 2026
Si le film est d’un intérêt historique primordial, la mise en scène souvent tapageuse nuit parfois à la sincérité du propos.
- Réalisateur : James Vanderbilt
- Acteurs : Russell Crowe, Colin Hanks, Richard E. Grant, Michael Shannon, Rami Malek, Andreas Pietschmann, John Slattery, Mark O’Brien, Lotte Verbeek, Lydia Peckham, Leo Woodall
- Genre : Drame, Historique, Film de procès, Drame historique
- Nationalité : Américain, Hongrois
- Distributeur : Nour Films
- Durée : 2h28mn
- Âge : Avertissement : des scènes, des propos ou des images peuvent heurter la sensibilité des spectateurs
- Date de sortie : 28 janvier 2026
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Résumé : 1945. Il est temps d’instruire le procès du régime nazi à Nuremberg. Le psychiatre américain Douglas Kelley doit évaluer la santé mentale des dignitaires du IIIᵉ Reich. Face au manipulateur Hermann Göring, il se retrouve pris dans un rapport de force. S’ouvre alors un duel avec le mal absolu.
Critique : C’est la fin de la guerre, les populations au bord de l’agonie tentent de rejoindre les villes, et soudain, depuis le bout de la route, surgit une voiture luxueuse qui affiche effrontément le symbole nazi. C’est Hermann Göring lui-même, le numéro 2 du régime bourreau allemand, qui vient se livrer aux forces alliées pour être incarcéré. Goût de la provocation ? Ou ultime provocation à l’heure où le monde s’apprête à juger à Nuremberg les assassins du peuple juif au cours d’un procès célèbre qui donnera naissance au tribunal pénal international.
Nuremberg est une ville symbolique pour que les alliés y installent le tribunal militaire international. C’est ici en effet que Göring a signé les premiers décrets antisémites qui ont conduit, on le sait tous, à l’extermination massive des populations juives d’Europe, dans des conditions atroces. Le film centre d’ailleurs son regard autour de Göring lui-même qui a droit aux visites régulières d’un jeune psychiatre, le docteur Douglas Kelley, censé évaluer la santé mentale du criminel. Il s’installe entre eux une relation très ambiguë, empreinte à la fois de respect, d’amitié et de défiance. Nuremberg n’est donc pas à proprement parler un film de procès, comme le cinéma se plaît à le faire. C’est d’abord le récit troublant de la relation entre les deux hommes, laquelle va contribuer in fine à faire avouer Hemann Göring sa responsabilité du génocide juif pendant la Seconde Guerre mondiale.

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Nuremberg est un film que Steven Spielberg aurait adoré mettre en scène. La réalisation aurait certainement été plus nuancée et moins tape-à-l’œil. C’est tout le problème de James Vanderbilt qui n’hésite pas à emprunter tout l’arsenal tapageur du cinéma à sa disposition pour mettre en lumière cet important évènement historique. On connaît bien le cinéaste pour ses nombreux Scream ou ses films de super-héros en tant que scénariste, l’art de la grandiloquence participant au succès de ce type de longs-métrages. Il se trouve qu’aborder le sujet de Nuremberg avec autant d’emphase prête à un certain agacement. On a du mal à comprendre pourquoi le réalisateur en fait des tonnes, à coup de musiques tonitruantes ou d’effets cinématographiques totalement disproportionnés.
Pour autant, Nuremberg met en avant la barbarie du pouvoir nazi et surtout le mécanisme insidieux qui a conduit à la boucherie humaine des années 39-45. La figure de Göring, associée à celle de ce psychiatre ambivalent, résonne de cruauté et de manipulation. Le spectateur perçoit frontalement qu’avant d’être des hommes politiques, les hauts dirigeants de l’Allemagne nazie étaient d’abord des psychopathes pervers et sans scrupule. Le récit incruste habilement des images d’archives utilisées avec beaucoup d’ingéniosité.

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James Vanderbilt dresse le portrait d’un monde qui va basculer dans de très longues décennies de conflits entre l’Est et l’Ouest. Le film est évidemment un hommage à la puissance américaine dans la résolution du confit mondial, même si, et c’est très intéressant, le réalisateur montre la difficulté pour l’accusation de déterminer juridiquement un ensemble de délits qui viendraient justifier la condamnation à mort des dirigeants nazis. En quelque sorte, le récit raconte la mise en place d’une jurisprudence internationale qui se poursuit encore avec des jugements contre des gouvernements accusés de génocides et de crimes contre l’humanité. D’ailleurs, une scène terrible montre Göring revendiquer son humanité, alors que le psychiatre vient d’être témoin des massacres perpétrés dans les camps de la mort.
Nuremberg est une œuvre dense, sans doute trop longue, qui apporte un regard critique et nécessaire sur le processus de barbarie exercée par certains dirigeants. En même temps, on découvre la facilité avec laquelle les nazis ont échappé à leur procès en recourant au suicide, ce qui interroge évidemment sur les alliances et soutiens dont ils disposaient pour y parvenir. Le film ne répond pas à l’énigme de la mort de Göring mais ouvre absolument le débat sur les protections dont il aurait pu bénéficier. Nuremberg est un film important, à voir également compte tenu de son actualité, pour prendre conscience du risque de faillite du monde si des gouvernements populistes et nationalistes en venaient à commettre des massacres.
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