Sixième sens
Le 23 novembre 2024
Herzog poursuit sa quête de vérité en s’intéressant à des sourds aveugles.


- Réalisateur : Werner Herzog
- Acteur : Fini Straubinger
- Genre : Documentaire
- Nationalité : Allemand
- Editeur vidéo : Potemkine
- Durée : 1h21mn
- Titre original : Land das schweigens und der dunkelheit
- Date de sortie : 19 mars 1980

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– Année de production : 1971
Résumé : Comment pénétrer dans le pays du silence et de l’obscurité, de ceux qui sont privés des sens majeurs que sont l’ouïe et la vue ?
Critique : On connaît surtout le Herzog fasciné par des personnages à l’égo démesuré se heurtant à l’écueil de la réalité. Ce documentaire montre qu’en fait derrière cette fascination se cache non pas un goût pour une certaine forme de surhumanité mais plutôt une attirance pour tous ceux qui de façon générale voient le monde autrement que l’individu lambda. Il y a là une quête d’une vérité plus profonde que ce que laissent présager les apparences. Dans Le pays du silence et de l’obscurité Herzog suit pas à pas Fini Straubinger, une vieille dame aveugle et sourde depuis son enfance. Loin de se laisser aller, elle a développé une sensibilité différente et elle voue sa vie à aider ceux qui connaissent les mêmes difficultés qu’elle afin qu’ils trouvent leur place dans la société. Le film est assez aride de par son aspect lent et répétitif. ll faut s’habituer à un nouveau rapport au temps. Néanmoins, on ne peut qu’être touché par les scènes auxquelles on assiste, que ce soit par la joie qui émane de ces personnes pourtant privées de deux sens lorsqu’on les amène faire un tour en avion ou au zoo, ou face à la solitude d’un garçon abandonné qui n’a pas pu se développer comme il aurait pu le faire dans de meilleures conditions. Le film évite ainsi le cliché qui aurait consisté à faire de ces handicapés des modèles de bonheur simple pour les gens dits normaux. Leur joie va de pair avec la peur et la solitude. On peut s’identifier à eux et même si parfois on s’ennuie un peu devant le côté répétitif du documentaire, on suit leurs histoires et on est pris d’affection. Par la suite, les personnages de Herzog seront bien moins aimables.