Le 23 mai 2026
Dans un style totalement original qui s’approche par bien des aspects du documentaire belge à la Strip-tease, Céline Carridroit et Aline Suter dissèquent le portrait d’une jeune femme qui se prend de passion pour une course de véhicule ancien.
- Réalisateurs : Céline Carridroit - Aline Suter
- Acteur : Johanna Schopfer
- Genre : Comédie, LGBTQIA+
- Nationalité : Français, Suisse
- Durée : 1h29mn
- Festival : Festival de Cannes 2026, ACID 2026
L'a vu
Veut le voir
– Festival de Cannes 2026 : ACID
Résumé : C’est l’été à Genève et Johanna ne part pas en vacances. Elle assemble des montres de luxe à la chaîne dans une manufacture. Alors qu’elle envisage de se débarrasser de sa vieille Coccinelle, elle décide de la faire revivre pour affronter le milieu de la mécanique qui l’a rejetée.
Critique : Johanna est ce que l’on pourrait gentiment nommer une personne simple. Elle fabrique des montres dans une manufacture suisse, mentant allègrement à sa collègue sur sa relation conjugale avec une femme. Elle ne rêve d’aucune gloire, se contente d’un quotidien régulier, à bord de sa mobylette d’un autre temps qui lui permet de traverser Genève. Sa compagne est partie au Mexique retrouver sa famille ; et alors qu’elle s’apprête à se débarrasser de sa vieille Coccinelle, la jeune femme décide de réhabiliter son moteur et retrouver l’univers des mécaniciens, dont manifestement elle garde de mauvais souvenirs.
Virages est une œuvre d’une très grande originalité. On ne sait jamais vraiment s’il s’agit d’un documentaire ou d’une fiction, tant les deux réalisatrices jouent sur la vraisemblance. Pourtant, l’héroïne, est bien incarnée par une actrice, Johanna Schopfer, qui n’hésite pas à exagérer les traits du personnage qu’elle incarne, sans jamais tomber dans le grotesque. On se croirait volontiers embarqué dans un documentaire belge à la manière de Strip-tease, à commencer par la façon d’appréhender les images, le grain de la photographie et cet accent inimitable de Johanna.

- Copyright Cavale Films
Qui est Johanna Schopfer ? Avant d’être comédienne, c’est une dessinatrice de bandes dessinés LGBT, dont d’ailleurs le long-métrage présente un certain nombre de planches. Celles-ci décrivent la violence qu’elle a pu subir dans le milieu des motards et des mécanos qui, à défaut de pouvoir coucher avec elle, mettent en cause son identité sexuelle. D’ailleurs, tout Virages joue sur les ambiguïtés identitaires. La protagoniste navigue entre un goût étonnant pour une certaine médiocrité de l’existence, tout en se rêvant victorieuse d’une course de Coccinelles. Les réalisatrices s’amusent à alterner des images d’animation et des scènes totalement délurées qui tranchent avec le ton réaliste général. En ce sens, le film s’avère inclassable, empruntant un langage cinématographique hybride. Le spectateur peine même à identifier une période pour cette fiction qui se plaît à brouiller les pistes.

- Copyright Cavale Films
Mais avant tout, Virages est une franche comédie qui ne se prend jamais au sérieux. Les hommes en prennent pour leur grade, à l’exception de l’ami de Johanna, gay, qui, drapé d’une certaine féminité, se distingue des machos bourrins. On trouve un brin de caricature dans ce film, ce que Céline Carridroit et Aline Suter assument avec joie. Elles s’amusent à dresser le portrait de cette fille potache et nature qui tente de s’imposer dans un secteur, la mécanique, où l’image de l’homme hétérosexuel est prédominante.
Nous ne sommes pas pour autant dans un film ouvertement féministe. Aline Suter et Céline Carridroit sèment le doute dans ces identités sociales et sexuelles qui habitent leur histoire. Elles s’adonnent à un genre indéfinissable, gai et rythmé, où le réel se confond à la fiction, à travers des bandes dessinées plus abruptes que la réalité elle-même.
Galerie Photos
Votre avis
Pour participer à ce forum, vous devez vous enregistrer au préalable. Merci d’indiquer ci-dessous l’identifiant personnel qui vous a été fourni. Si vous n’êtes pas enregistré, vous devez vous inscrire.
aVoir-aLire.com, dont le contenu est produit bénévolement par une association culturelle à but non lucratif, respecte les droits d’auteur et s’est toujours engagé à être rigoureux sur ce point, dans le respect du travail des artistes que nous cherchons à valoriser. Les photos sont utilisées à des fins illustratives et non dans un but d’exploitation commerciale. Après plusieurs décennies d’existence, des dizaines de milliers d’articles, et une évolution de notre équipe de rédacteurs, mais aussi des droits sur certains clichés repris sur notre plateforme, nous comptons sur la bienveillance et vigilance de chaque lecteur - anonyme, distributeur, attaché de presse, artiste, photographe. Ayez la gentillesse de contacter Frédéric Michel, rédacteur en chef, si certaines photographies ne sont pas ou ne sont plus utilisables, si les crédits doivent être modifiés ou ajoutés. Nous nous engageons à retirer toutes photos litigieuses. Merci pour votre compréhension.




















