Le 30 janvier 2026
Un beau témoignage qui ne parle finalement pas tant des derniers moments d’existence de patients très malades, que de la force d’aimer et de vie d’une mère, animée par un souffle magique.
- Réalisateur : Thomas Balmes
- Genre : Documentaire
- Nationalité : Français
- Distributeur : Piece of Magic Entertainment France
- Durée : 1h20mn
- Date de sortie : 4 février 2025
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Résumé : À DEMAIN SUR LA LUNE est un documentaire poignant et porteur de vie, à la résonance universelle, qui explore l’expérience de la fin de vie au sein de l’unité de soins palliatifs de l’hôpital de Calais, où un cheval nommé Peyo rend visite aux patients les plus fragiles pour les apaiser dans leurs derniers jours.
Critique : Ce fut comme une apparition, aurait écrit Gustave Flaubert de sa plume sublime, en voyant ce cheval habillé de lumière, pénétrer l’enceinte d’un hôpital. S’agit-il de la mort qui hante les couloirs d’un service de soins palliatifs ou tout, au contraire, un signe divin que le meilleur de la vie se cache dans ces derniers instants ? Thomas Balmès engage les spectateurs dans un documentaire exigeant, censé traiter de la fin de vie, mais qui, en réalité, construit son récit sur des vignettes cliniques de personnages, tous aussi beaux les uns que les autres.
Il y a d’abord Amandine. C’est une mère de deux petits garçons qui, en apparence, n’a rien d’une personne malade. Elle est lumineuse, énergique, même si ses courts séjours à l’hôpital rappellent insidieusement qu’elle est rongée de l’intérieur par un mal qui lui broie le dos. À demain sur la Lune constitue avant tout le portrait de cette femme que le réalisateur ponctue de souvenirs en enfance. Il y a quelque chose de glaçant que de rentrer dans ses images de petite fille ou d’adolescente où elle multipliait les exploits sportifs et semblait s’apprêter à une carrière de comédienne. Glaçant car on pressent dès le début qu’elle n’est plus de ce monde, même si la force du récit naît de sa capacité à la rendre éternelle. On y voit une femme qui lutte contre la douleur, la dépendance et surtout qui fait de sa maladie une formidable opportunité pour donner du sens à son existence. Elle témoigne ainsi à plusieurs reprises que grâce à ce qu’on imagine être un cancer, elle a pris le temps de profiter de ses enfants et d’accomplir des choses qu’elle n’aurait pas essayées si elle avait été active.

- Copyright To Be Continued Productions
Curieusement, au moment où sort le film sur les écrans français, le Sénat et l’Assemblée nationale sont en plein débat sur la question de l’aide à mourir. À demain sur la Lune fait la démonstration sans équivoque qu’il n’y a pas besoin d’adjuvants chimiques mais avant tout de services comme celui qui est filmé où les soignants, les bénévoles sont entièrement dévoués à l’accompagnement de malades qui choisissent en paix et en douceur de fermer la porte à la vie. Il y a cette femme de 100 cent ans, merveilleuse, qui prépare son enterrement, ou cet homme qui tient son dernier entretien avec la psychologue, presque plus malheureuse que lui de devoir partir en vacances et le laisser à son destin. Le documentaire ne plonge jamais dans le misérabilisme ou la description froide du fonctionnement d’un service hospitalier. Il s’agit avant tout d’offrir aux spectateurs un regard optimiste, presque joyeux, sur la fin de vie, même si Thomas Balmès se garde bien de faire montre de démagogie. En atteste cette très jolie scène où la mère d’Amandine pleure en silence derrière la porte de sa chambre. Le cheval, qui constitue un outil thérapeutique pour l’équipe médicale, devient presque un personnage secondaire au milieu de ces portraits lumineux.
À demain sur la Lune est un film à voir absolument. Il donne à penser librement sur le droit de choisir sa mort. Il encourage nos pouvoirs publics à multiplier sur tous les territoires français, des espaces de soin comme ce service hospitalier, au service de la dignité humaine, qui lutte à chaque instant pour limiter l’inconfort de la maladie. N’y voyons pas un énième témoignage sur la vie hospitalière, mais un signe tangible que l’existence mérite d’être vécue jusqu’au dernier instant.
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