Le 26 décembre 2025
Un premier long métrage doté de qualités d’écriture et globalement intéressant dans sa volonté de fusionner réalisme et ésotérisme.
- Réalisateur : Louise Hémon
- Acteurs : Galatéa Bellugi, Matthieu Lucci, Sharif Andoura, Samuel Kircher
- Genre : Drame
- Nationalité : Français
- Distributeur : Condor Distribution
- Date de sortie : 24 décembre 2025
- Festival : Festival de Cannes 2025
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Résumé : 1899. Par une nuit de tempête, Aimée, jeune institutrice républicaine, arrive dans un hameau enneigé aux confins des Hautes-Alpes. Malgré la méfiance des habitants, elle se montre bien décidée à éclairer de ses lumières leurs croyances obscures. Alors qu’elle se fond dans la vie de la communauté, un vertige sensuel grandit en elle. Jusqu’au jour où une avalanche engloutit un premier montagnard…
Critique : Présenté à la Quinzaine des Cinéastes et Prix Jean Vigo 2025, L’engloutie est le premier long métrage de Louise Hémon. La réalisatrice avait jusqu’à présent été remarquée par des mises en scène de théâtre, des moyens métrages documentaires et des vidéos courtes, montrées dans des musées et des organismes comme le Centre Pompidou. Coécrit avec Anaïs Tellenne, en collaboration avec Maxence Stamatiadis, le scénario de L’engloutie est basé sur des souvenirs d’histoires familiales racontées à Louise Hémon. Jeune institutrice intègre et idéaliste, Aimée est mutée dans un petit hameau des Alpes. Elle est acceptée par la population locale et bénéficie d’une autorité « légale rationnelle » que nul ne lui conteste, mais peine à s’intégrer véritablement au sein de la petite communauté. Elle doit notamment affronter les superstitions et penchants obscurantistes d’une partie des habitants, lorsqu’elle retranscrit par écrit une légende orale dans le cadre de ses fonctions, où quand elle veille à l’hygiène capillaire des quelques enfants qui lui sont confiés. La nuit, Louise est en proie à des pulsions charnelles. Et quand les fêtes de fin d’année s’apprêtent à célébrer le passage au XXe siècle, le lien social se renforce et Aimée se rapproche des jeunes hommes du village…

- Galatéa Bellugi
- © 2025 Take Shelter - Arte France Cinéma. Tous droits réservés.
Ni nouvelle variation féministe sur le sort des femmes dans une société patriarcale, ni illustration édifiante sur les missions républicaines des lois Jules Ferry (tendance Louise Violet), L’engloutie est un récit subtil sur les confrontations culturelles et les ambivalences. Car la rationalité apparente de l’institutrice est tempérée par un comportement ambigu, qui donne au film une tournure ésotérique, à la frontière du fantastique, la narration brouillant les cartes de la normalité au sein des protagonistes. Le tournage en haute montagne insuffle de surcroît une troublante et paradoxale sensation de huis clos en milieu naturel. La réalisatrice est ici bien épaulée par sa directrice photo Marine Atlan, en particulier pour la lumière, blanche pour les scènes d’extérieur, et en clair-obscur pour les intérieurs. Louise Hémon précise ainsi dans le dossier de presse : « Une sensation de mystère prédomine. Tandis qu’à l’extérieur, c’est le blanc de la neige, presque bleuté, qui nous éblouit. En tout cas de jour ! La nuit, comme notre accès à l’électricité était très limité et que c’était une zone à respecter sur le plan écologique, nous avons fait de la lune notre alliée. Car quand la lune fait son travail, le manteau neigeux agit comme un réflecteur géant et offre donc des nuits américaines... naturelles ! C’est dingue à observer. Et c’est ce que je cherchais pour le film : l’étrangeté devait naître du réel. C’était vraiment le maître mot. »

- Samuel Kircher
- © 2025 Take Shelter - Arte France Cinéma. Tous droits réservés.
Reste qu’en voulant trop mêler naturalisme et mystère onirique, la réalisatrice ne parvient pas toujours à atteindre chacune de ces dimensions. Le dispositif est en outre parfois figé dans sa volonté de cocher toutes les bonnes cases consensuelles du film de festival apte à capter les financements de Canal+, d’Arte, du CNC, de la région Sud et de la Fondation Gan… Dans une veine similaire, Vermiglio ou La mariée des montagnes de Maura Delpero restait plus convaincant et abouti. Ces réserves ne doivent pas occulter les qualités réelles de ce premier film prometteur, qui confirme par ailleurs les espoirs placés en Galatéa Belluggi, après ses prestations dans Chien de la casse ou La condition. On regrettera toutefois la sous-utilisation de Samuel Kircher, qui méritait mieux que son bref rôle décoratif et métaphorique, après la révélation de L’été dernier.
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