Le 23 juin 2026
Une balade extraordinaire sur les pas d’un musicien et des baleines, au croisement de la création artistique, de l’urgence écologique et du documentaire animalier.
- Réalisateur : Valentin Paoli
- Genre : Documentaire, Film animalier
- Nationalité : Français
- Distributeur : Jour2fête
- Durée : 1h23mn
- Chanteur : Rone
- Date de sortie : 17 juin 2026
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Résumé : Après avoir découvert que sa musique semble mystérieusement attirer les cétacés, le compositeur Rone embarque pour une expérience singulière : tenter d’établir un dialogue musical en pleine mer avec une baleine à bosse. Lui répondra-t-elle ?
Critique : C’est un artiste adulé des foules qui parvient à réunir dans une même salle des passionnés de musique techno et de musique classique. Rone court à travers le monde avec ses œuvres chargées de rythme et d’émotion, jusqu’à ce qu’il soit arrêté par des messages de marins qui, depuis leur bateau, parviennent à réunir baleines et dauphins avec ses propres musiques. C’est ainsi que commence peut-être l’histoire d’un homme qui décide d’aller à l’essentiel, en réunissant, dans un même souffle, les soubresauts de sa musique et le cri célèbre des cétacés. La baleine et le musicien s’annonce donc comme une formidable immersion dans le territoire des baleines, la Réunion exactement, où l’artiste doit composer une musique à la hauteur de cette incroyable rencontre avec les animaux marins.
Le long métrage de Valentin Paoli n’est pas un simple documentaire animalier qui viendrait faire l’éloge des grandes espèces marines. Le discours écologique n’est pas loin, mais de façon suffisamment subtile pour qu’il n’envahisse pas tout le propos. Si le scientifique Olivier qui accompagne Rone dans son périple merveilleux prévient le spectateur de la pollution sonore envahissant les océans, une grande place est laissée au goût de l’art et de la musique. Le film explore une expérience de création dans laquelle un artiste tente de faire dialoguer deux langages : celui des baleines, porté à travers les mers, et celui de la musique. Le composteur tente en effet d’engager un dialogue avec les animaux mystérieux et majestueux, certain que cette langue des mers constitue une musique à part entière.

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Filmer les baleines génère toujours sur un grand écran beaucoup d’émotions. En même temps, le réalisateur ne force pas les prises de vue extraordinaires. Il met sa caméra à la portée des voyageurs qui, depuis leur bateau, tentent de surprendre une queue qui déchire la mer. Ce parti pris témoigne d’une grande humilité, là où le cinéaste aurait pu multiplier à l’envi les images magnifiques de ces animaux, au détriment de l’histoire. Nous ne sommes pas dans un documentaire animalier mais bien dans un conte où l’homme qui est filmé a autant d’importance que l’animal qu’il tente de rencontrer à travers des échanges de sons. La simplicité et la gentillesse de l’artiste font comprendre que nous ne sommes pas grand-chose face à l’immensité des océans, même quand on s’appelle Rone.

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La musique occupe une place centrale dans ce récit marin. Les images, d’une beauté saisissante, se fondent harmonieusement dans les compositions de Reno, dont les sonorités enveloppantes et sensuelles prolongent l’expérience sensorielle. C’est le cas de cette fabuleuse chanson interprétée par Yael Naim, Breath In, où soudain l’émotion devient totale face au flux de mer qui colore l’image. Valentin Paoli ne cherche pas à culpabiliser ses spectateurs. Sa passion pour la musique est lisible dans chacune des scènes, avec cet artiste, Rone, qui fait preuve d’une humilité déconcertante, d’autant plus qu’il parvient à entrer en contact avec les baleines. L’enjeu écologique est présent mais ne surpasse jamais le sens fondamental que tout être humain perçoit quand il se tient debout face à la mer.
Le cinéaste filme aussi l’amitié. Les relations qui se nouent entre les personnages, au détour de l’orchestration du chant de la baleine, de la mise en rythme des sons ou d’un partage d’expérience scientifique, sont tout simplement belles. On comprend alors le pouvoir presque magnétique des baleines qui règnent sur les océans avec autant de majesté que de vulnérabilité. La baleine et le musicien demeure un voyage magnifique dans l’intériorité lumineuse d’un artiste qui cherche à faire de son art une opportunité d’amour.
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