Le 3 juin 2026
Disposant d’un budget cossu, cette production de prestige remplit honorablement son contrat avec un premier volet narrativement efficace et techniquement impeccable.
- Réalisateur : Antonin Baudry
- Acteurs : Grégoire Colin, Benoît Magimel, Thierry Lhermitte, Mathieu Kassovitz , Campbell Scott, Simon Abkarian, Stephen Campbell Moore, Kacey Mottet-Klein, Alice de Lencquesaing , Niels Schneider, Anamaria Vartolomei, Loïc Corbery, Tom Mison, Pip Torrens, Karim Leklou, Noémie Schmidt, Christophe Kourotchkine , Pablo Cobo, Félix Kysyl, Pierre Aussedat, Florian Lesieur, Dan Kadosh, Adèle Jayle
- Genre : Historique, Film de guerre, Politique
- Nationalité : Français, Belge
- Distributeur : Pathé Distribution
- Durée : 2h40mn
- Âge : Avertissement : des scènes, des propos ou des images peuvent heurter la sensibilité des spectateurs
- Date de sortie : 3 juin 2026
- Festival : Festival de Cannes 2026
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– Festival de Cannes 2026 : Sélection officielle, Hors compétition
Résumé : Juin 1940. La France s’effondre et signe l’armistice. Au milieu du chaos, un homme refuse de céder. Seul contre tous, ce général inconnu s’échappe vers Londres pour sauver ce qu’il reste d’un rêve : la liberté. Sans armée, sans appui, sans espoir. Mais avec une folle conviction : la France, sa France, n’a pas déposé les armes. Il tente un ultime pari : convaincre le monde que la bataille de France n’est ni terminée, ni perdue. La réalité est têtue et lui donne tort. Mais peu à peu se lèvent autour de lui en Angleterre, en France et en Afrique des résistants de l’ombre, des lycéens révoltés, des soldats déterminés. Leur foi, leur audace, leur rage de liberté défient l’Histoire qui semblait pourtant écrite d’avance.

- © 2026 Festival de Cannes
Critique : Coécrit avec Bérénice Vila, d’après le livre De Gaulle : une certaine idée de la France de Julian T. Jackson, La bataille de Gaulle se présente, avec ce premier volet, comme bien plus qu’une simple commande de producteur. Certes, Pathé n’a pas lésiné sur les moyens, avec un budget cossu permis par un partenariat avec d’autres sociétés comme TF1 Film Production et Laurent Dassault Rond-Point, notamment pour les effets spéciaux nécessaires aux séquences de combat, tentant de rivaliser avec le Spielberg d’Il faut sauver le soldat Ryan ou le Nolan de Dunkerque. Vendu comme « le film » sur le de Gaulle de la Seconde guerre mondiale, le diptyque pouvait ressembler, sur le papier, à une hagiographie de plus sur un personnage historique. Le choix d’Antonin Baudry à la réalisation pouvait susciter quelques réserves. On avait apprécié son travail de coscénariste de Quai d’Orsay, mais le cinéaste n’avait pas satisfait nos attentes avec le conventionnel Chant du loup. Et pourtant, La bataille de Gaulle : L’âge de fer est plutôt une bonne surprise, qui parvient globalement à déjouer les pièges de son dispositif. Certes, la stricte linéarité narrative est un carcan un brin scolaire, et de nombreuses scènes n’échappent pas à une dimension illustrative, comme si l’on consultait les (jolies) pages d’un album de vulgarisation historique. On regrettera en outre la maladresse avec laquelle est contée l’idylle entre Fernand Bonnier de La Chapelle (Florian Lesieur, une révélation) et la jeune Livia (Anamaria Vartolomei), ou les apparitions improbables de Jean Moulin (Félix Kysil).

- © 2026 Pathé Films - TF1 Films Production - Belvédère - Auvergne Rhône Alpes Cinéma. Tous droits réservés.
Mais ces réserves entachent peu l’efficacité et la qualité technique du premier volet de cette fresque. D’une part, Antonin Baudry s’est montré passionné par son sujet et reste fidèle à sa thématique des protagonistes confrontés à la solitude et la marginalité, qu’il avait déjà développée. Et l’héroïsation de la figure de de Gaulle, loin de mener au pompiérisme du « roman national », est tempérée par un humour permanent autour de la figure du Général et de son entourage. La confrontation avec Churchill (Simon Russell Bealze), dans une relation de « je t’aime, moi non plus », offre à ce titre les passages les plus savoureux, qui ne sont pas imputables uniquement à des numéros de comédiens. Le film offre en outre une réflexion importante sur l’intégrité des hommes de pouvoir et les différents dilemmes à l’œuvre dans la sphère politique, opposant notamment, sur un ton incisif, la vision cohérente et sans concessions d’un de Gaulle à l’utilitarisme des Américains, incarné par la figure de Roosevelt (Campbell Scott).

- Florian Lesieur
- © Guy Ferrandis / 2026 Pathé Films - TF1 Films Production - Belvédère - Auvergne Rhône Alpes Cinéma. Tous droits réservés.
Écrit avec finesse et monté avec professionnalisme, L’âge de fer ne tombe jamais dans la surenchère et l’esbroufe, assurant avec un solide talent artisanal son cahier des charges, passant avec aisance de huis clos politiques quasi théâtraux à l’ampleur de scènes de batailles spectaculaires. Et Antonin Baudry de préciser dans le dossier de presse : « Dans ces scènes, il y avait trois vrais tanks, ce qui est déjà pas mal (...) Par exemple, on filme une explosion, puis on filme le tank qui est censé exploser ; ensuite, il faut bien coordonner ces deux plans pour qu’on ait l’illusion que le tank explose. On ne va pas se mentir, c’est un peu moins jouissif que de filmer deux grands acteurs. » Dans un rôle qui aurait pu céder aux travers de la performance à César ou du mimétisme faussement réaliste, Simon Abkarian est tout bonnement excellent et est bien épaulé par des interprètes inspirés. Il faudrait en citer beaucoup, outre ceux déjà mentionnés, de Benoît Magimel en Kœnig à Mathieu Kassovitz en Darlan, en passant par Loïc Corbery, Karim Leklou ou Grégoire Colin. On espère que le second volet, La bataille de Gaulle : J’écris ton nom sera à la hauteur du premier voire le surpassera.
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