Le 15 juillet 2026
Dans la continuité du premier volet, cette seconde partie séduit par sa cohérence, malgré un lyrisme parfois trop appuyé.
- Réalisateur : Antonin Baudry
- Acteurs : Grégoire Colin, Benoît Magimel, Thierry Lhermitte, Mathieu Kassovitz , Campbell Scott, Simon Abkarian, Stephen Campbell Moore, Kacey Mottet-Klein, Alice de Lencquesaing , Niels Schneider, Anamaria Vartolomei, Simon Russell Beale, Loïc Corbery, Tom Mison, Pip Torrens, Karim Leklou, Noémie Schmidt, Christophe Kourotchkine , Pablo Cobo, Félix Kysyl, Pierre Aussedat, Florian Lesieur
- Genre : Historique, Film de guerre, Politique
- Nationalité : Français, Belge
- Distributeur : Pathé Distribution
- Date de sortie : 26 juin 2026
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Résumé : Juin 1940. La France s’effondre et signe l’armistice. Au milieu du chaos, un homme refuse de céder. Seul contre tous, ce général inconnu s’échappe vers Londres pour sauver ce qu’il reste d’un rêve : la liberté. Sans armée, sans appui, sans espoir. Mais avec une folle conviction : la France, sa France, n’a pas déposé les armes. Il tente un ultime pari : convaincre le monde que la bataille de France n’est ni terminée, ni perdue. La réalité est têtue, et lui donne tort. Mais peu à peu se lèvent autour de lui en Angleterre, en France et en Afrique des résistants de l’ombre, des lycéens révoltés, des soldats déterminés. Leur foi, leur audace, leur rage de liberté défient l’Histoire qui semblait pourtant écrite d’avance.
CRITIQUE DE LA BATAILLE DE GAULLE : L’ÂGE DE FER
Critique : Coécrit avec Bérénice Vila, d’après le livre De Gaulle : une certaine idée de la France de Julian T. Jackson, La bataille de Gaulle confirme, avec ce second volet, que le film est bien plus qu’une simple commande de producteur. Certes, Pathé n’a pas lésiné sur les moyens, avec un budget cossu permis par un partenariat avec d’autres sociétés comme TF1 Film Production et Laurent Dassault Rond-Point, notamment pour les effets spéciaux nécessaires aux séquences de combat, tentant de rivaliser avec le Spielberg d’Il faut sauver le soldat Ryan ou le Nolan de Dunkerque. Vendu comme « le film » sur le de Gaulle de la Seconde guerre mondiale, le diptyque pouvait ressembler, sur le papier, à une hagiographie de plus sur un personnage historique. Le choix d’Antonin Baudry à la réalisation pouvait susciter quelques réserves. On avait apprécié son travail de coscénariste de Quai d’Orsay, mais le cinéaste n’avait pas satisfait nos attentes avec le conventionnel Chant du loup. Et pourtant, La bataille de Gaulle, jugé dans sa globalité, est plutôt une bonne surprise, qui parvient globalement à déjouer les pièges de son dispositif. Certes, la stricte linéarité narrative est un carcan un brin scolaire, et de nombreuses scènes n’échappent pas à une dimension illustrative, comme si l’on consultait les (jolies) pages d’un album de vulgarisation historique.

- © 2026 Pathé Films - TF1 Films Production - Belvédère - Auvergne-Rhône-Alpes Cinéma
La seconde partie, davantage que la première, souffre d’un lyrisme parfois trop appuyé, surtout lors de certaines séquences (la bataille de Paris). On regrettera en outre la caractérisation maladroite de Livia (Anamaria Vartolomei), personnage fictif manifestement inspiré de plusieurs figures de la Résistance, qui semble surtout servir à introduire une figure féminine forte dans le récit. Mais ces réserves entachent peu l’efficacité ni les qualités artistiques et techniques du second volet de cette fresque. Le récit n’ayant été scindé en diptyque que pour des raisons d’exploitation, beaucoup d’atouts de La bataille de fer se retrouvent dans J’écris ton nom. Antonin Baudry, passionné par son sujet, est fidèle à sa thématique des protagonistes confrontés à la solitude et la marginalité, qu’il avait développée dans ses travaux ultérieurs. Et l’héroïsation de la figure de de Gaulle, loin de mener au pompiérisme du « roman national », est tempérée par un humour autour de la figure du Général et de son entourage (la confrontation avec Churchill, dans une relation de « je t’aime, moi non plus »), bien que plus discrètement dans le second volet, plus grave. On retrouve dans J’écris ton nom la réflexion sur l’intégrité des hommes de pouvoir et les différents dilemmes à l’œuvre dans la sphère politique via l’opposition entre la vision cohérente et sans concessions d’un de Gaulle et l’utilitarisme de Roosevelt (Campbell Scott).

- © Malgosia Abramowska
Écrit avec finesse et monté avec professionnalisme, L’âge de fer confirme donc solide talent artisanal du réalisateur, qui passe avec aisance de huis clos politiques quasi théâtraux à l’ampleur de scènes de batailles spectaculaires. Et Antonin Baudry de préciser dans le dossier de presse : « Dans ces scènes, il y avait trois vrais tanks, ce qui est déjà pas mal (...) Par exemple, on filme une explosion, puis on filme le tank qui est censé exploser ; ensuite, il faut bien coordonner ces deux plans pour qu’on ait l’illusion que le tank explose. On ne va pas se mentir, c’est un peu moins jouissif que de filmer deux grands acteurs. » L’année 2026 aura d’ailleurs vu quatre autres films français explorer la période de l’Occupation : Les rayons et les ombres de Xavier Giannoli, Moulin de László Nemes, Notre salut d’Emmanuel Marre et La troisième nuit de Daniel Auteuil. On ne peut qu’apprécier l’intérêt des réalisateurs pour cette période trouble et tragique de l’Histoire, en ces temps de remise en cause de la démocratie et de montée des extrémismes.
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