Le 7 mars 2026
Un thriller social et politique percutant pour alerter sur les risques de dérives d’un système de contrôle européen basé sur la suspicion et l’automatisation.
- Réalisateur : Stijn Bouma
- Acteurs : Gijs Naber, Dilan Yurdakul, Raymond Thiry, Olga Zuiderhoek
- Genre : Drame social
- Nationalité : Néerlandais
- Distributeur : L’Atelier Distribution
- Durée : 1h31mn
- Date de sortie : 11 mars 2026
- Festival : Arras Film Festival 2024, Festival du cinéma néerlandais Utrecht 2024, Festival Chefs Op’ en Lumière Chalons sur Saône 2026
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Résumé : Meral, une mère célibataire néerlandaise d’origine turque, est accusée à tort de fraude fiscale et contrainte de rembourser 34 000 euros d’allocations familiales. Prise dans un engrenage administratif redoutable et traquée sans relâche par un enquêteur social, Meral va prendre une décision radicale pour sauver sa famille.
Critique : Fin 2020, le réalisateur Stijn Bouma découvre le scandale de ces familles traquées par l’administration fiscale néerlandaise qui les accuse, sans preuves et souvent à tort, de fraude aux allocations. Obligation de remboursement immédiat leur est faite, sans tenir compte des conséquences sur les conditions de vie de ces personnes souvent défavorisées. Fasciné par le cinéma et la littérature de l’Europe de l’Est et tout particulièrement par le sujet de l’individu confronté à l’État, il pousse ses recherches, recueille des témoignages et réalise un documentaire, Alone Against the State. Puis, alors que le gouvernement tombe sans que les sanctions soient proportionnelles à une telle infamie, la colère l’incite à passer à la fiction afin de diffuser de manière plus large ces pratiques dignes d’un régime totalitaire. De la perquisition à domicile pour débusquer d’éventuels revenus dissimulés, aux preuves d’échanges détruites en passant par des délais de contestation écourtés et jusqu’à la menace de placement des enfants par la protection des mineurs, c’est à un véritable harcèlement psychologique que sont soumis les prétendus fraudeurs.

- Copyright L’Atelier Distribution
Ce récit très engagé s’articule autour de Meral Öztürk, une jeune femme d’origine turque qui mène une vie tranquille avec ses deux filles dans une petite ville des Pays-Bas. Totalement intégrée, douce et dévouée, elle est appréciée des personnes âgées dont elle s’occupe. Mais cette belle harmonie vole en éclats sous les coups de boutoir de l’administration fiscale bien décidée à pourchasser ces soit-disant tricheurs en s’appuyant sur des algorithmes nourris d’éléments illégaux ou discriminatoires, basés entre autres, sur le pays d’origine des allocataires. Ces accusations non étayées transforment pourtant notre malheureuse héroïne en coupable idéale. Bafouant allégrement la présomption d’innocence, son employeur la prive de son emploi d’aide à domicile au prétexte qu’elle serait capable de profiter de ces êtres vulnérables que sont les seniors, pour ne lui proposer qu’un poste de femme de ménage dans des locaux froids et vides. Même le coup de pouce de la famille ou les repas offerts par une amie sont scrutés au nom de cette logique révoltante qui n’a d’autre but que d’accentuer la précarité et entretenir le scepticisme social. Cependant, pour apporter un peu d’aération à cette affaire insupportable et éviter le piège d’un manichéisme propre à décrédibiliser la démonstration de ce scandale, le scénario s’arrête sur le cas de conscience de l’un des enquêteurs, tiraillé entre ces pratiques qu’il juge abusives et son désir de ne pas mettre en péril son désir d’avancement professionnel.

- Copyright L’Atelier Distribution
La mise en scène, dont les codes empruntent largement au thriller, utilise un montage habile où alternent fouilles inacceptables, menaces non justifiées ou scènes de filature inquiétantes et petites lueurs d’humanité. Si des lumières basses et ternes signifient l’enfermement de Meral, les grands espaces où elle évolue avec ses enfants signent sa détermination sans faille à se battre coûte que coûte. Par ce contraste entre la froideur d’un système impitoyable et la chaleur fragile des relations humaines, le film propose deux manières bien différentes de percevoir le monde.
À travers ce long particulièrement réussi, récompensé du Prix de la critique à Arras Film Festival 2024, le réalisateur néerlandais dresse le portrait bouleversant d’une mère dont la témérité à toute épreuve face à l’ogre étatique force le respect. L’interprétation de l’actrice Dilan Yurdakul, toujours dans le juste équilibre entre dévouement et tourment, contribue puissamment à nous convaincre du bien-fondé de la dénonciation de cette ignominie dont on aimerait pouvoir penser que la fiction a dépassé sa réalité. Elle s’inspire pourtant de faits bien réels qui, il y a une quinzaine d’année aux Pays-Bas, ont dégradé la vie d’un grand nombre de familles.
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