Le 17 mai 2026
Un monument du cinéma allemand, par le très grand réalisateur du Tambour. Volker Schlöndorff réalise un chef-d’œuvre universel et solaire, empreint d’une forme salutaire de résilience face à un destin allemand qui le hante.
- Réalisateur : Volker Schlöndorff
- Acteurs : Martina Gedeck, Angela Winkler, Ulrich Matthes, Lars Eidinger, Susanne Wolff, Michael Maertens, Detlev Buck
- Genre : Drame, Historique, Drame historique
- Nationalité : Français, Allemand
- Distributeur : Studiocanal
- Durée : 1h58mn
- Titre original : Heimsuchung - Eine Jahrhundertgeschichte
- Festival : Festival de Cannes 2026
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– Festival de Cannes 2026 : Sélection officielle, Cannes Première
Résumé : Une maison située au bord d’un lac près de Berlin devient le témoin d’un siècle d’événements qui ont remodelé le monde qui l’entoure : la montée du nazisme et les ravages de la guerre, l’occupation soviétique, la réunification de l’Allemagne et l’aube d’une ère nouvelle.

- © 2026 Festival de Cannes
Critique : Toutes nos maisons, sauf évidemment les plus neuves, sont porteuses d’une histoire qui s’étend sur plusieurs générations de familles et se confond aux aléas de la grande Histoire. C’est tout l’enjeu du film Le bois de Klara où le cinéaste allemand, Volker Schlöndorff, restitue l’histoire d’un petit bois qui borde un lac où, dès qu’il a été cédé à une famille de tisserands et d’architecte, subit la construction d’une cabane et d’une demeure qui vont connaître les mouvements tragiques de l’arrivée au pouvoir des nazis puis de celle des Soviétiques dans l’ex RDA.
Volker Schlöndorff a non seulement marqué l’histoire du cinéma avec de grands noms comme Wim Wenders, mais son cinéma lui-même est marqué par le poids de l’histoire allemande. Son nouveau long-métrage se débat dans les contradictions de son pays qui est passés du régime barbare des nazis à celui, non moins autoritaire et délétère, des communistes. Klara est un jeune figure qui démarre le film ; pour des raisons autres que celle d’être tombée amoureuse, elle est privée de l’héritage de son bois qui est revendu. C’est à partir de cet évènement sorti du hasard de la vie que le destin de ce bout de terre paradisiaque bascule avec celle du pays dont on connaît l’arrivée au pouvoir d’Hitler, les arrestations sommaires des juives, puis la création d’un État communiste, la RDA.

- Copyright STUDIOCANAL / Ziegler Film
Il faut avant tout saluer le formalisme du film. La photographie est de toute beauté et restitue, à partir d’images d’époque, le lieu où les familles ont habité. Les fondus enchaînés traduisent le passage du temps, et donc des générations qui s’installent ou sont chassées de la demeure en bois. On trouve dans la mise en scène un choix de sobriété qui force les acteurs à une authenticité remarquable. On perçoit la responsabilité d’un tel film, dans la mesure où chacun compose à sa manière avec les aléas du temps et les évènements historiques, comme cette épouse de l’architecte qui assiste impuissante à l’arrestation d’une petite fille et sa mère, dont elle sait qu’elles seront conduites et exterminées dans des camps.

- Copyright STUDIOCANAL / Ziegler Film
En quelque sorte, ce bois perdu isole du reste du monde et préserve leurs habitants des agitations du monde. La télévision très présente, pourtant, servant de fil conducteur avec ce qui se passe dehors ; mais à chaque fois, qu’il s’agisse de la Seconde Guerre mondiale où les bombes semblent très loin ou de l’arrivée de soldats soviétiques, la demeure sert de bouclier à ses habitants. Elle devient le lieu de l’écriture, depuis les premières lettres de la petite juive Doris qui cherche à avoir des nouvelles de sa famille sans doute décédée jusqu’à cette écrivaine, revenue d’un exil forcé en Russie, et qui jusqu’à la fin de sa vie tente de conjuguer l’idéal communiste avec le bien-être de sa propre famille.
Le bois de Klara est un film magistral, peut-être l’un des plus grands qui aura été projeté à Cannes en 2026. Tant dans la manière de filmer que de saisir le poids historique des choses, Volker Schlöndorff réalise ici un chef-d’œuvre universel et solaire, empreint d’une forme salutaire de résilience face à un destin allemand qui le hante.
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