Le 10 juillet 2024
Un premier film un peu trop sage, dont les maladresses sont toutefois rachetées par un charme certain. Emmanuel Laskar est un talent à suivre.


- Réalisateur : Emmanuel Laskar
- Acteurs : Noémie Lvovsky, Louise Bourgoin, Maud Wyler, Dominique Frot, Christophe Paou, Alexandre Steiger, Maxence Tual, Emmanuel Laskar
- Genre : Comédie, Romance
- Nationalité : Français, Suisse
- Distributeur : Ad Vitam
- Durée : 1h21mn
- Date de sortie : 10 juillet 2024

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Résumé : Michael cumule les tracas. Il n’accepte ni sa rupture amoureuse, ni l’héritage de sa mère récemment décédée : le don de communiquer avec les morts. Débordé par son chagrin, il refuse d’assumer sa vocation de médium. Mais sa rencontre avec Alicia, jeune artiste charismatique convaincue de la présence de son mari décédé, va le pousser à changer d’avis…
Critique : Michael est médium. Non qu’il soit trop baraqué pour rentrer dans des chemises taillées S, plutôt qu’il ait hérité – avec réticence – des pouvoirs extralucides de sa défunte mère. Des pouvoirs qui lui semblent immédiatement plus intéressants lorsqu’elles lui permettent de se rapprocher d’une jolie veuve modérément éplorée…
- Louise Bourgoin, Emmanuel Laskar
- Crédit photo : Magali Bragard
Premier long métrage d’Emmanuel Laskar, Le médium semble parfois hésiter où aller, mais le fait avec un certain panache. Avant tout grâce au charme décalé de son acteur réalisateur, grand dadais qui n’est pas sans évoquer les distraits campés naguère par Pierre Richard ou plus récemment Emmanuel Mouret ; on lui souhaite d’ailleurs la même trajectoire que ces talentueux prédécesseurs. D’autant que le primo-cinéaste sait s’entourer : principalement d’interprètes issus du nouveau cinéma d’auteur français (Maud Wyler, Christophe Paou) ou, comme Laskar lui-même, de la troupe de théâtre des Chiens de Navarre (Maxence Tual, Anne-Élodie Sorlin, Alexandre Steiger). Noémie Lvovsky, toujours à l’aise dans les rôles de mère envahissante, et Louise Bourgoin, aussi vacharde et aussi drôle que dans le très réussi Bis repetita, viennent compléter ce beau tableau de famille.
C’est leur énergie, à toutes et tous, qui rachètent les maladresses et les hésitations de ce Médium un peu trop sage, là où le pedigree du réalisateur et le sujet laissaient la porte ouverte au loufoque assumé – même si le film s’y abandonne parfois, comme lorsqu’il fait revenir les esprits de Salvador Dalí ou Marguerite Duras, qui dicte d’outre-tombe un ultime ouvrage… Même sans boule de cristal, on peut donc prédire à Emmanuel Laskar un bel avenir dans le giron de la comédie française alternative et foutraque.