Le 22 avril 2026
Sans âme, potache, interminable : cette momie-là aurait mieux fait de rester dans son sarcophage.
- Réalisateur : Lee Cronin
- Acteurs : Jack Reynor, Laia Costa, Lily Sullivan, Veronica Falcón, Tim Seyfi
- Genre : Fantastique, Thriller, Épouvante-horreur, Nanar
- Nationalité : Américain
- Distributeur : Warner Bros. France
- Durée : 2h14mn
- Titre original : Lee Cronin's The Mummy
- Âge : Interdit aux moins de 16 ans avec avertissement
- Date de sortie : 15 avril 2026
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Résumé : Une jeune fille disparue dans le désert égyptien réapparaît mystérieusement huit ans plus tard. Mais les retrouvailles tournent vite au cauchemar. Alors que son comportement devient de plus en plus inquiétant, sa famille se lance dans une course contre la montre pour comprendre l’origine du mal. Ce qu’ils vont découvrir dépasse tout ce qu’ils imaginaient.
Critique : Quoi de plus normal pour une momie de se voir profanée, ressuscitée, réinhumée tous les quatre matins, au gré des besoins financiers de ses propriétaires et des modes du moment ? De fait, la saga La Momie, initiée en 1932, deviendra bientôt l’une de ces franchises – comme avant elle Terminator, Alien, Predator, etc. – où de solides connaissances en physique nucléaire seront nécessaires pour en comprendre les secousses narratives et le va-et-vient temporel. Après dix films chapeautés par Universal puis la Hammer entre 1932 et 1971, l’increvable bête aux bandelettes ressortait de son sarcophage dans le bon enfant et spielbergien La Momie (Stephen Sommers, 1999) – lui-même décliné en deux suites indignes et cinq films dérivés guère plus recommandables – avant que Tom Cruise et ses sbires tentent, en 2017, de repeindre cette histoire de monstre venu d’ailleurs aux couleurs du thriller acrobatique dans lesquels l’ex-Maverick s’est spécialisé. Jusqu’à ce que déboule donc ce mal nommé et soporifique Réveil de la momie, pensé comme un retour, censément salutaire, aux sources horrifiques de la saga. On nous murmure toutefois dans l’oreillette que cette vision nouvelle d’un matériau exsangue pourrait être de courte durée puisque, en 2027, les protagonistes de la saga La Momie (celle des années 1990, donc) pourrait reprendre du service. Tout ça pour ça…

- © 2026 Warner Bros. Tous droits réservés.
Quoiqu’il en soit, même si elle n’était pas grevée par l’indécision de ses ayants droit, il y avait peu de chances que cette Momie cru 2026 se pérennise, au vu du piteux long-métrage dont a accouché le cinéaste Lee Cronin. Une œuvre d’une paresse rare, qui étire jusqu’à l’impolitesse (2 heures 14 !) le peu d’idées qu’il a – faussement bonnes quand elles ne sont pas franchement mauvaises, et surtout vues déjà cent fois ailleurs. Sans doute faut-il y voir l’influence du producteur Jason Blum, passé maître dans l’art d’exploiter jusqu’à plus soif des filons lucratifs : huit films pour la saga Paranormal Activity, sept pour la franchise Insidious, six pour les American Nightmare, et ainsi de suite… C’est donc comme cela que les riches restent riches ?
Derrière la caméra, l’Irlandais Lee Cronin, déjà passé par l’écurie Evil Dead, se contente quant à lui du minimum syndical qu’on attend d’un film d’épouvante, entre effets sonores pachydermiques, jump scares à deux ronds et recours ad nauseam à l’effet visuel dit de « dioptrie cintrée », jadis cher à Brian De Palma. Pour donner le change, le réalisateur jette régulièrement à la face du spectateur des liquides biologiques de toute sorte. Surestimant par là même le frisson ou même l’amusement que ce dernier pourra en retirer : à la première explosion de sang ou de vomi, vous sursauterez ; à la seconde, vous rirez nerveusement ; à la douzième, vous ne ressentirez plus rien du tout.

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Mais sans doute est-ce lorsqu’il laisse de côté le registre potache pour tenter de faire tenir debout son scénario bancal que Le réveil de la momie s’avère le plus cynique et, in fine, le plus détestable. Dénué de la moindre goutte de sang neuf, le film suit servilement les tendances actuelles du cinéma d’horreur contemporain, parfois narquoisement désigné sous le nom d’« horreur gentrifiée ». Un peu de tragédie familiale riche en hémoglobine, comme chez Ari Aster période Hérédité ; un peu de gore naturaliste, les deux pieds dans la boue et le sable, à la manière Robert Eggers ; et même un peu de symbolisme pseudo-mythologique à la Jordan Peele – puisqu’on comprend rapidement que cette momie venue du « passé qui refuse de passer » est aussi la métaphore de la mauvaise conscience occidentale en Afrique, comme l’était naguère le cimetière indien pour les romanciers de gare. Autant d’éléments que Lee Cronin convoque sans jamais trop y croire, peut-être par peur de rater le train de son époque. Être dans le vent, disait Kundera, est une ambition de feuille morte.
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