Le 22 juillet 2026
Si le premier volet était séduisant et bourré de tendresse, le second reprend les mêmes ressorts comiques sans véritablement se renouveler.
- Réalisateurs : Martin Fougerol - Ahmed Hamidi
- Acteurs : Golo, Ritchie, John Café, Outhman El Mrabti, Florian Mena
- Nationalité : Français
- Distributeur : Apollo Films
- Durée : 1h20mn
- Date de sortie : 22 juillet 2026
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Résumé : De retour après leur premier film, Golo et Ritchie mettent le cap sur la Camargue avec les jeunes de leur quartier. Leur objectif : rénover un bateau pour offrir des vacances à d’autres enfants. Mais le rêve d’un été fraternel se heurte au réel. En quête d’indépendance, Ritchie – qui vit avec un trouble du spectre de l’autisme – s’improvise « capitaine » et s’éloigne peu à peu de Golo, mettant le chantier et leur amitié à l’épreuve...
Critique : On se souvient avec joie de Golo & Ritchie. Golo, jeune youtubeur humaniste, avait fait la connaissance de Ritchie, un jeune homme en situation de handicap mental, avec qui il entreprenait de traverser la France à vélo. Cette fois, il ne s’agit plus vraiment d’un voyage initiatique, mais d’un séjour touristique où les deux protagonistes décident de restaurer un bateau en Camargue, quand ils ne prennent pas le soleil au bord de la piscine ou ne regardent pas les oiseaux sur les magnifiques marais du sud de la France. La nouveauté vient du fait que Golo ne voyage plus seulement avec Ritchie, mais aussi avec John Café, un autre jeune homme en situation de déficience intellectuelle. Tous deux vivent dans le même foyer, souffrent d’obésité et donnent souvent l’impression d’être les deux faces d’une même pièce.
On ne peut pas dire que ce deuxième volet est réussi. Là où le premier épisode faisait découvrir avec joie les vertus du vivre-ensemble et de l’inclusion, le deuxième film de Martin Fougerol et Ahmed Hamidi déçoit du début à la fin. On se demande ce qu’il apporte de plus par rapport au récit original. L’humour est plus disparate, comme si on avait déjà tout vu. La sensiblerie est de mise, mais elle ne prend jamais vraiment, comme si le spectateur n’était plus dupe : tout cela relève du cinéma et de la mise en scène. Ce traitement dessert presque la volonté des réalisateurs de montrer au plus grand nombre qu’une personne ne se définit ni par son handicap ni par son origine sociale.
Les deux héros ont gardé leur douce bonhomie qui les rend si attachants. On reste très sensible à l’engagement de Golo en faveur des personnes en situation de handicap, même si cette volonté affichée de faire le bien à tout prix finit par faire douter de la sincérité de la démarche. Le véritable problème du film demeure son écriture. Dans le premier opus, une volonté manifeste de parler des banlieues et, plus généralement, de l’exclusion sociale traversait le récit, à travers un voyage qui restaurait les individus dans leur dignité. L’enjeu ici est de traverser les marées sur des chevaux, de vaguement réparer un bateau ou de bronzer près de la piscine. On ne trouve guère d’intérêt cinématographique à filmer des vacances auxquelles une grande partie des spectateurs ne pourrait d’ailleurs jamais avoir accès.

- © 2026 Cédric Bertrand_Chifoumi Productions
Les vacances de Golo & Ritchie traîne en longueur dans un récit peu enthousiasmant. L’ennui finit par s’installer devant ces verres partagés, ces séances de bronzage et ces cours de piscine dans une luxueuse demeure camarguaise. Quant aux personnages croisés par les deux acolytes, ils peinent à dépasser le stade de la caricature, qu’il s’agisse de ce propriétaire de bateau persuadé d’être Johnny Hallyday ou de ce couple de bourgeois passionné par la Camargue.
Le film a perdu de sa fraîcheur et de sa candeur originelles. Les hordes de jeunes qui entourent les deux héros ressemblent à des fans de YouTube d’une autre époque, comme si le cinéma, au lieu de rendre le handicap plus accessible, les avait propulsés dans une position dont la sincérité interroge. Et même Golo et Ritchie, pourtant si attachants, finissent par s’égarer dans des postures de mise en scène, orchestrées à grand renfort de stéréotypes et de gros sabots.
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