Le 1er juillet 2026
Quand la grande Histoire de l’Égypte, dominée par la figure redoutable de Nasser, s’invite dans une famille pas si ordinaire que cela, naît une fresque teintée d’humour, de mélancolie et de tendresse, qui s’étend sur plus de vingt ans. Un récit autobiographique brillant.
- Réalisateur : A.B. Shawky
- Acteurs : Nelly Karim, Valerie Pachner, Amir El-Masry, Karim Kassem, Ahmed Kamal, Sabry Fawwaz, Sherief El Desouky, Hasan El-Adl
- Genre : Comédie dramatique, Historique
- Nationalité : Français, Suédois, Autrichien, Belge, Égyptien
- Distributeur : Maverick Distribution
- Durée : 2h00mn
- Titre original : The Stories
- Date de sortie : 1er juillet 2026
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Résumé : Le Caire, 1967. Ahmed, pianiste obstiné dans une famille qui ne jure que par le football, reçoit une lettre en provenance d’Autriche : Liz a répondu à son annonce pour devenir sa correspondante. De la guerre des Six Jours à l’ère Sadate, leur destin va s’écrire en même temps que celui de l’Égypte : entre rêves contrariés, conflits, chaos familial, et petites victoires arrachées au destin.
Critique : On connaît l’Égypte pour ses bords du Nil magnifiques et surtout ses immenses pyramides, qui continuent de témoigner de la grandeur de ce pays. Et pourtant, si le cinéaste Abu Bakr Shawky ouvre cette fresque familiale en 1967, c’est avec la figure d’un président, Nasser, aussi démagogique que puissant, qui va, pendant les vingt années qui structurent le film, témoigner d’un pays qui peine à se réconcilier avec la démocratie. La révolution et l’ouverture d’esprit sont permanentes dans cette histoire qui inaugure une fresque familiale où chacun des personnages tente de conjuguer son originalité et son goût de la créativité avec la tyrannie de l’ordre et de la norme.

- Copyright Maverick Distribution
Le moins que l’on puisse dire est que le nouveau film d’ Abu Bakr Shawky détourne les formes codifiées du cinéma. Le réalisateur brave le formalisme cinématographique en assumant une mise en scène quasi théâtrale où pourtant le passage des années est significatif. Les décennies se succèdent et derrière les fenêtres des appartements se faufilent des ombres chinoises qui racontent le courage du peuple égyptien, prêt à toutes les révolutions, jusqu’à faire pleurer le président à la télévision. L’Autriche à travers le personnage féminin principal s’invite dans les arabesques gracieuses de l’Égypte, avec cette famille pétrie de tics et de tocs, qui appréhende à sa manière les ressorts de la liberté de penser et de parler.
Notre histoire - Chroniques du Caire traverse donc deux décennies d’histoire politique et sociale. La saga familiale est portée par le football, la migration vers une Europe fantasmée, le piano et tous les petits gestes qui font la beauté et le malheur de la vie comme les mariages, les naissances, mais aussi la maladie et la mort. Le film ne se prend jamais vraiment au sérieux et pourtant il est ancré véritablement dans le quotidien du tout à chacun avec, pour fond, une réalité politique et sociale absolument particulière. Peut-être que cette famille ressemble à toutes celles de la planète, si ce n’est que le destin qui s’offre à elle se cogne à la brutalité d’un régime qui manie la culpabilité, l’oppression et l’émotion.

- Copyright Maverick Distribution
L’humour et la tendresse constituent le fil conducteur du récit de ce drôle de film qui colore avec joie le destin d’une Égypte où la peur de la répression semble permanente. Toutefois, l’espoir et le goût du bon plaisir ne cessent d’habiter une famille qui gère non sans mal ses propres contradictions, surtout lorsqu’il s’agit d’espérer un gain d’argent dans sa carrière professionnelle et un pouvoir d’achat supérieur qui permettrait d’acheter par exemple une gazinière neuve. Le film est à l’image de l’affiche : à la fois naïf et sérieux, drôle sur fond de mélancolie, mettant en avant cette tribu de personnages qui composent avec leurs ambivalences.
Maverick est un distributeur ingénieux et original qui fait le choix de films sortant véritablement des sentiers battus. Notre histoire - Chroniques du Caire vient s’ajouter à une filmographie rare et insolite, qui raconte toutes les diversités du monde. Abu Bakr Shawky compose une œuvre tout en délicatesse, qui convoque la propre histoire de ses parents. Habité par l’esprit autrichien et égyptien, il offre un long-métrage universel où chacun reconnaîtra un visage de sa propre famille.
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