Le 2 mars 2026
Loin des clichés et de la sinistrose, un hommage énergique et touchant à la terre, la transmission et la force du collectif mené tambour battant par le charismatique Jérôme Bayle, agriculteur médiatique.
- Réalisateur : Édouard Bergeon
- Genre : Documentaire
- Nationalité : Français
- Distributeur : Jour2fête
- Durée : 1h34mn
- Date de sortie : 4 mars 2026
- Festival : Festival de la Biolle - cinéma et ruralité, Festival du documentaire du Var 2026, Docus en terre 2026
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Résumé : Édouard Bergeon (« Au Nom de la terre ») nous plonge dans la vie de Jérôme Bayle, éleveur charismatique du Sud-Ouest et figure nationale de la ruralité. Avec humour et tendresse, il dresse un portrait sensible de l’agriculture familiale française d’aujourd’hui et de ceux qui se battent pour la faire perdurer.
Critique : Depuis quelques années, les films consacrés au monde paysan en général et au mal-être des agriculteurs en particulier se multiplient. Pour en parler avec vérité, sans doute faut-il en avoir vu tous les aspects. Édouard Bergeon naît au début des années 80 dans une ferme près de Poitiers. Après son bac, il alterne travaux des champs et vente en jardinerie. Puis, il devient journaliste pour France 3 Poitou-Charentes. En 2008, il commence à réaliser magazines et documentaires pour la télévision. En 2019, il tourne son premier long-métrage Au nom de la terre, un drame basé sur son histoire familiale. Le succès lui vaut la reconnaissance immédiate du monde cinématographique. Cinq ans plus tard, La promesse verte confirme sa capacité à mêler efficacement écologie, politique et solidarité familiale. Désireux de coller au plus près de la réalité terrienne, de donner un visage et des mots à ceux qui la font vivre, il met de côté la fiction pour se consacrer au documentaire, qu’il nomme affectueusement « cinéma du réel ».

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Pendant un peu plus d’un, caméra au poing, il filme ce territoire de Haute-Garonne, là où l’agriculture est considérée comme l’une des plus pauvres France et où la colère, née du manque de reconnaissance de l’État, d’un cadre réglementaire trop rigide, de rémunérations trop faibles et surtout de la crainte de la disparition d’un métier jugé indispensable, ne cesse de gronder. Et pour mieux nous accompagner dans les coulisses de cette crise agricole, entre rudesse et beauté, il choisit de nous faire partager le quotidien de Jérôme Bayle, cofondateur du mouvement des Ultras de l’A64 qu’il rencontre sur le barrage de Carbonne, installé au sud de Toulouse, début 2024. Alors que les élections à la Chambre d’agriculture approchent, notre réalisateur, assisté du sociologue François Puseigle, sent bien qu’il y a là matière intéressante. Il ne le quittera plus d’une semelle.

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D’émissions radiophoniques en reportages télévisés, l’homme est partout. Dans un premier temps, de Marine Tondelier à François Ruffin, d’Emmanuel Macron à Gabriel Attal, on peut craindre un traitement politique un peu trop appuyé. Mais la faconde de l’éleveur, aussi à l’aise auprès de ses bêtes que dans l’arène politique, finit par l’emporter. Il réussit même l’exploit de nous rendre sympathiques le chef de l’État lors d’un échange quasi fraternel au salon de l’agriculture ; ou Gabriel Attal avec qui, tutoiement oblige, il entame une conversation en toute décontraction dans le confort douillet d’un bureau ministériel. Bien sûr, emporté par son bagou et sa nature conviviale, l’ami Jérôme se la joue parfois un peu star. Voilà qui nous tient cependant à l’écart d’un ton revanchard ou plaintif qui aurait assombri l’éclat de cette leçon d’histoire naturelle. Il est vrai qu’au milieu de ses magnifiques paysages de montagnes pyrénéennes, son physique d’athlète, son accent du Sud-Ouest et sa casquette à l’envers en font un vrai personnage de cinéma. La personnalité de ce leader charismatique, la richesse des débats tant avec les représentants des pouvoirs publics qu’avec les syndicats nourrissent avantageusement le documentaire. Une touche finale d’émotion émerge avec l’arrivée d’une femme venue de la ville avec ses deux enfants. Il n’en faut pas plus pour transformer ce paysan bourru au cœur sensible en papa de substitution, fier de transmettre son savoir et son amour de la terre. Au delà de la rouerie de nos gouvernants et du désespoir des agriculteurs, voilà une belle note d’espoir pour conclure cet instructif voyage au pays des terriens.
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