Le 15 mai 2026
Ce film d’horreur proposant une histoire de transformations corporelles chez des jeunes gens n’est pas sans surprise ni intérêt.
- Réalisateur : Marion Le Corroller
- Acteurs : Karin Viard, Mara Taquin, Sami Outalbali, Stefan Crepon, Kim Higelin , Sonia Faidi, Mukit Abdul Hamid
- Genre : Épouvante-horreur
- Nationalité : Français
- Distributeur : ARP Sélection
- Durée : 1h43mn
- Date de sortie : 28 octobre 2026
- Festival : Festival de Cannes 2026
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– Festival de Cannes 2026 : Sélection officielle, Séances de Minuit
Résumé : Margot débute son internat aux urgences, où elle peine à s’adapter. Très vite, elle fait face à des patients de son âge aux symptômes inexpliqués. La récurrence de ces cas exceptionnels l’interroge, d’autant plus qu’elle observe, sur son propre corps, des manifestations de plus en plus inquiétantes…

- © 2026 Festival de Cannes
Critique : Dans le genre horrifique, Sanguine n’a pas toute l’impertinence de The Substance (2024) de Coralie Fargeat, mais force est de constater que cette histoire de transformations corporelles chez des jeunes gens n’est pas sans surprise ni intérêt.
La comparaison peut en effet s’établir. Dans un style soigné et déjanté à la fois, Coralie Fargeat explorait les ravages du corps chez des personnes à la recherche de la jeunesse éternelle. Chez Marion Le Corroller, l’enjeu n’est pas l’atteinte de la jeunesse mais de la performance et de la résistance au stress, mal hélas en vogue dans nos sociétés contemporaines. Et c’est ainsi que le récit s’ouvre sur une séquence absolument flippante où un jeune serveur de fast-food, face à l’agressivité d’un client, pète littéralement un plomb et assassine une partie des clients présents. Le ton est donné à une histoire d’hôpital où les troubles hémophiles et psychiatriques vont prendre toute la place dans la narration.
Par bien des aspects, le long-métrage présenté en Séance de Minuit de Cannes 2026, fait penser à The Substance. Les moyens ne sont pas les mêmes manifestement, mais l’idée est là. La cinéaste se laisse aller à un délire total où tout est permis pour donner vie à son imagination. Le propos est d’actualité avec ce nouveau virus, l’hantavirus, qui n’est pas loin de semer la panique dans le monde. Car ce qui se passe ressemble à une étrange contagion pandémique dont l’héroïne principale, une jeune interne, va être atteinte. Elle mène son enquête pendant que les symptômes se développent à grands pas : saignements extraordinaires, pustules effrayantes sur le corps, et sentiment de toute-puissance.

- Copyright ARP Sélection_Trésor Films_Windy Production
Le titre français, bien meilleur d’ailleurs que sa traduction en anglais ("species"), est tout à fait adapté, dans une ambiance des plus sanguinolentes. Les décors en sont la première expression, à commencer cet hôpital sinistre avec ses bandes rouges qui sont peintes sur les murs. L’hémoglobine coule à flot et c’est plutôt heureux dans un film de ce genre. On pourrait toutefois regretter que les pustules qui envahissent les corps ne sont pas toujours à la hauteur de l’enjeu narratif, les maquilleurs n’étant pas parvenus manifestement à rendre plus crédibles les mutations subies sur la peau des pauvres victimes.
Mais le film demeure de bonne facture. La fin inattendue tombe à pic, avec une pointe d’humour absolument bienvenue. Comme chacun d’entre nous, Marion Le Corroller a vécu la pandémie de 2020 et finalement cette histoire de contagiosité extrême ressemble à une variation de ce qui a été pour toute l’humanité un traumatisme social et économique. Sanguine participe avec sa réalisatrice au renouvellement du cinéma d’horreur et l’on ne peut que se réjouir qu’un grand distributeur comme ARP ait choisi de l’accompagner.
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