Le 16 août 2026
Vous n’aviez pas aimé Superman ? Vous allez détester Supergirl.
- Réalisateur : Craig Gillespie
- Acteurs : David Krumholtz, Jason Momoa, Matthias Schoenaerts, Diarmaid Murtagh, Emily Beecham, David Corenswet, Milly Alcock, Eve Ridley
- Genre : Science-fiction, Fantastique, Action, Film de super-héros, Nanar
- Nationalité : Américain
- Distributeur : Warner Bros. France
- Durée : 1h48mn
- Âge : Avertissement : des scènes, des propos ou des images peuvent heurter la sensibilité des spectateurs
- Date de sortie : 1er juillet 2026
- Voir le dossier : Dossier Superman
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Résumé : Lorsqu’un adversaire aussi impitoyable qu’inattendu menace son monde, Kara Zor-El, alias Supergirl, fait équipe à contrecœur avec un improbable compagnon et s’engage dans un périple intergalactique en quête de vengeance et de justice.
Critique : On peut difficilement en vouloir au producteur James Gunn et au studio Warner d’avoir voulu reproduire le succès honorable de Superman, sorti l’an passé pour rebâtir sur des bases solides un univers cinématographique plombé par les nombreuses décisions erratiques de ses gestionnaires. À Hollywood plus que partout ailleurs, le succès appelle le succès, a fortiori lorsqu’il s’agit d’adapter des personnages tirés d’un coffre à jouets aussi vaste que les comic books de DC Comics ou de Marvel.

- Milly Alcock
- © 2026 Warner Bros. All Rights Reserved.
On peut, en revanche, en vouloir aux suspects susnommés d’avoir mis la charrue avant les bœufs et d’avoir fait de ce Supergirl un pur objet mercantile et précipité. Un duplicata sans âme qui se contente de capitaliser sur le programme de Superman, pour le meilleur et pour le pire : encore plus de vols intersidéraux dans des contrées chamarrées générées par des effets spéciaux criards. Encore plus d’aliens visqueux et si repoussants que même George Lucas n’aurait pas osé les inclure dans les nouvelles versions de sa première trilogie Star Wars. Encore plus de place laissée au super-clebs Krypto, dont la principale caractéristique est – attention, gag – de faire pipi partout. Encore plus de flash-back empesés visant à nous expliquer en quoi les Kryptoniens orphelins sont des cadeaux faits aux pauvres Terriens désarmés que nous sommes. Encore plus de hits pop-rock d’hier et d’aujourd’hui balancés par-dessus la jambe pour donner un semblant de rythmes à des scènes d’action apathiques. Encore plus de précieuses leçons de vie acquises à la dure mais in fine salutaires, que l’on pourrait peu ou prou résumer ainsi : « Être gentil avec les autres, c’est bien. Boire trop d’alcool, c’est mal. Faire le deuil de ses parents, c’est difficile. »
Au milieu de tout cela émerge, comme une fleur sur un tas de ruines, l’interprète de Supergirl : Milly Alcock. Guère aidée par un script lamentable qui fait de son protagoniste une caricature de fille névrosée portée sur la boutanche, Alcock parvient pourtant à égayer un peu un parcours balisé et à faire décoller par intermittence le film du ras des pâquerettes. Dût-elle continuer à se dépatouiller en beauté de rôles aussi ingrats, elle pourrait rejoindre le club des blondes hollywoodiennes faussement nunuches et vraiment pugnaces – qui va de Carole Lombard à Anna Faris, de Betty Grable à Margot Robbie.

- Matthias Schoenaerts
- © 2026 Warner Bros. All Rights Reserved.
Ce qu’il y a de plus irritant dans ce Supergirl qui vole décidément bien bas, c’est le fossé entre l’ambition affichée de cette franchise ressuscitée et le résultat en bout de ligne : ex-pur-sang de l’écurie Disney-Marvel, recruté par le concurrent DC-Warner, James Gunn avait annoncé, dès la mise en chantier de Superman, vouloir privilégier une vision « auteuriste » du film de super-héros, centrée sur des « vrais personnages » et sur « l’émotion sincère » (on paraphrase) plutôt que sur les innombrables films et séries estampillés Captain America et Spider-Man que Marvel fabrique à la chaîne depuis deux décennies. Le doute était déjà semé lorsqu’on avait su que l’auteur en question serait Craig Gillespie – passé petit maître de ces portraits de femmes supposément complexes avec Moi, Tonya et Cruella – mais, au vu du produit fini, le doute s’est fait la malle pour de bon. En un sens, James Gunn a réussi à battre son ex-employeur sur son propre terrain : il est parvenu à faire un film plus creux, plus bruyant et plus cynique que bien des films Marvel.
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