Le 22 mai 2026
Un sentiment de déjà-vu pour un premier film qui touche à l’obscénité. Dommage car la réalisatrice a du talent.
- Réalisateur : Maria Martinez Bayona
- Acteurs : Gael García Bernal, Rebecca Hall, Noomi Rapace, Pål Sverre Valheim Hagen, David Verdaguer, Kristine Kujath Thorp, Beanie Feldstein, Susan Wokoma
- Genre : Comédie dramatique, Science-fiction
- Nationalité : Britannique, Espagnol, Norvégien
- Durée : 1h42mn
- Festival : Festival de Cannes 2026
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– Festival de Cannes 2026 : Sélection officielle, Cannes Première
Résumé : Dans un futur proche où le vieillissement peut être guéri et où la mort est désormais facultative, Claire, une ancienne artiste approche de son deux cent cinquantième anniversaire, décide qu’elle en a assez : elle veut mourir. Sa décision provoque des conflits avec son mari, sa fille et son assistant d’intelligence artificielle.

- © 2026 Festival de Cannes
Critique : La vie éternelle obsède les artistes depuis que l’homme est homme. Cette obsession est d’autant plus intense quand on a l’espoir de ne pas gagner une seule ride et de conserver le corps de ses vingt ans. Bref, nous voilà de nouveau dans l’imaginaire de The Substance de Coralie Fargeat, mais dans un film qui manque singulièrement d’épaisseur. Claire, l’héroïne, a été une grande artiste plasticienne ; elle s’est offerte un corps renouvelé de A à Z, ce qui lui permet de rester vivante depuis plus de deux cent cinquante ans. Mais la lassitude l’emporte et elle décide de commettre une ultime œuvre en se donnant publiquement la mort.
Assurément, Maria Martinez Bayona n’est pas Coralie Fargeat. D’abord, les moyens financiers ne sont sans doute pas de même ampleur, et l’imagination de la réalisatrice se heurte à un sentiment de déjà vu. En effet, le spectateur a l’impression de revoir une énième fois un film de science-fiction qui parle d’éternité et d’intelligence artificielle. On entend bien que la théorie de l’homme augmenté occupe les esprits contemporains, mais un tel sujet méritait d’explorer d’autres récits que celui que la réalisatrice propose, qui demeure un pâle recyclage de longs-métrages récents.

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Le film pose aussi un problème de positionnement. La protagoniste est une femme, préoccupée de beauté, richesse et éternité. Il aurait été tout à fait intéressant de transposer la fiction avec un homme. L’histoire ne grandit absolument pas le sexe féminin, réduit ici à une obsession de l’apparence physique et de l’argent. Le stéréotype se poursuit avec la recherche de la maternité à tout prix, au point de louer des bébés machines ayant les caractéristiques du nouveau-né, nécessitant d’être rechargé régulièrement. Sheep in the Box de Kore-eda, présenté à Cannes la même année, a le mérite d’être beaucoup plus nuancé et poétique sur le sujet.
La matière cinématographique de Maria Martinez Bayona est brute, orgueilleuse, pour ne pas dire obséquieuse. La réalisatrice en fait trop dans ce déballage de matérialité et de possession. Les humains qui entourent l’héroïne sont tristes, vides, s’humiliant eux-mêmes dans la participation à l’âge excessivement avancé de Claire. Un ennui profond règne dans ce futur proche, ennui qui finit d’une certaine façon par gagner le spectateur. La fin, hélas trop prévisible, sauve tout de même le récit, l’héroïne étant parvenue finalement à son ambition secrète de toujours. Mais hélas tout était cousu d’avance, dans une œuvre plastiquement irréprochable mais philosophiquement vide.
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