Le 17 mai 2026
À la fois touchante et cocasse, cette fable sur les nouvelles technologies est cohérente avec l’univers de Kore-eda qui brosse à nouveau un subtil portrait de famille.
- Réalisateur : Hirokazu Kore-eda
- Acteurs : Haruka Ayase, Kotaro Daigo
- Genre : Drame, Science-fiction, Film pour ou sur la famille
- Nationalité : Japonais
- Distributeur : Le Pacte
- Durée : 2h07mn
- Titre original : Hako no naka no hitsuji
- Date de sortie : 16 décembre 2026
- Festival : Festival de Cannes 2026
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– Festival de Cannes 2026 : Sélection officielle, En compétition
Résumé : Dans un futur proche, Otone et son mari Kensuke, qui ont perdu leur enfant, se voient proposer un robot humanoïde totalement identique à leur fils.

- © 2026 Festival de Cannes
Critique : Habitué de la compétition officielle du Festival de Cannes, Hirokazu Kore-eda est un réalisateur qui n’a jamais déçu à ce jour et a bâti une œuvre cohérente qui en fait l’héritier des grands maîtres du cinéma japonais. En mai 2026, il se retrouve à nouveau dans l’arène cannoise, et Sheep in the Box a été projeté après les films de deux de ses deux brillants compatriotes, Kōji Fukada (Quelques jours à Nagi) et Ryūsuke Hamaguchi (Soudain). Sheep in the Box est à la fois touchant et cocasse. Il s’agit de la première incursion de Kore-eda dans le domaine de la science-fiction, avec un titre se référant à un passage du Petit Prince de Saint-Exupéry. Le numérique et l’intelligence artificielle ont entrepris ces dernières années un bond en avant considérable et c’est cette thématique, tant sociétale qu’économique, dont s’empare le cinéaste, sans se contenter, on s’en doutait, de surfer sur l’air du temps.

- © 2026 Le Pacte. Tous droits réservés.
Il déclare ainsi dans les notes d’intention : « L’IA, les morts, et même les arbres et les forêts qui parcourent cette histoire sont le plus souvent considérés dans la culture occidentale comme des menaces, ou des forces hostiles à la vie humaine. Dans les cultures orientales, à l’inverse, ces phénomènes ont des connotations légèrement différentes. Cet état d’esprit est profondément ancré en moi aussi si bien que j’ai écrit ce film en me demandant si je pouvais parvenir à imaginer une histoire – et son dénouement – qui se distingue d’une dystopie traditionnelle. » Soit donc un couple de parents meurtris par le décès accidentel de leur petit garçon. Une société de services spécialisée dans la haute technologie leur propose alors de confectionner un clone de l’enfant, sous la forme d’un humanoïde domestique. La mère se réjouit de cette offre inespérée, quand le père, sceptique, émet bien des réserves mais respecte le souhait de son épouse. Et voici le garçonnet livré en conformité avec les normes du zéro défaut et du zéro délai, un mode d’emploi étant même fourni pour saisir les subtilités de son fonctionnement. Le récit réussit à concilier le premier degré avec une ironie constante sur cette nouvelle situation familiale, qui rappelle l’humour déployé dans le récent Fantôme utile de Ratchapoom Boonbunchachoke, à travers plusieurs scènes savoureuses.

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On peut citer le moment où le bambin robot tente de congédier une grand-mère envahissante en lui indiquant le détail des horaires de transport, sa capacité de mémorisation étant celle d’un ordinateur. Cette légèreté n’est cependant pas constante, Kore-eda empruntant en parallèle la gravité qu’un Spielberg avait pu manifester dans son justement nommé A.I. Intelligence artificielle… Et quand l’enfant artificiel éprouve des velléités de liberté, souhaitant échapper à l’emprise de l’humain, le récit renverse avec brio la situation de dépendance et prend une dimension particulièrement subtile et saisissante, dans une veine écologique surprenante chez Kore-eda. En même temps, le réalisatur est fidèle à son univers des tourments familiaux, tels qu’ils les avaient dépeints dans la plupart de ses films, d’une fratrie livrée à elle-même dans Nobody Knows aux familles à problèmes de L’innocence, en passant par les terribles secrets dévoilés dans Une affaire de famille, Palme d’or en 2016. Petit bijou qui évite tous les pièges inhérents à son dispositif (métaphore facile, moralisme, conservatisme), Sheep in the Box est donc un film aussi limpide que pertinent, hautement recommandable.
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