Le 4 octobre 2026
- Genre : Ecologie, Science-Fiction, Documentaire, Humour
- Editeur : Sarbacane
- Famille : Roman graphique
- Date de sortie : 7 octobre 2026
Un ouvrage non identifié, entre réflexion écologique et manuel scientifique utopique.
Résumé : Dans cet essai à la fois déjanté et documenté sur ce que pourrait être le futur proche de l’humanité, l’inventeur Steve Mushin propose un idée simple : réensauvager le monde pour le faire durer.
Critique : Un ouvrage comme il en existe peu... Et pour un tas de raisons. Premièrement, rares sont les œuvres de fiction à imaginer un avenir radieux, heureux, du moins optimiste face au chaos climatique, technologique, économique et politique qui nous menace. Dès lors que la dystopie est devenu notre pain quotidien, que les canicules se succèdent, un album qui veut promouvoir un futur plus vert et plus serein sort immédiatement du lot. Steve Mushin est inventeur, et ses idées fourmillent comme autant d’insectes, de mammifères ou d’autres animaux qu’il espère côtoyer dans les années à venir, dans les villes notamment. En effet, sa thèse tient en une phrase, qui elle aussi n’est que peu, voire pas du tout, montré dans les médias ou les fictions : rendre la planète aux espèces sauvages. Cohabiter, non en revenant à l’âge de pierre, car au contraire il compte bien s’appuyer sur la technologie, voire la haute technologie (encore à développer) pour habiter la Terre avec tous ses habitants, et pas seulement les humains. Mêler humour et science, on l’avait déjà vu, mais y ajouter une dose de rêve, de grandiloquent, d’absurde, c’est du jamais vu : l’auteur assume, pour lui les plus grandes idées (Einstein le disait également) doivent être d’abord irréalisables voire folles. Ainsi le canon à compost (ou toilettes mobiles) et le sous-marin des égouts peuvent, à première vue, sembler farfelus, au mieux utopiques, mais en suivant le raisonnement, en collectant les données et les possibilités, les hypothèses se dessinent plus réelles, et surtout plus douces pour la planète.
© Sarbacane / Mushin
Très documentées (les chiffres donnent le vertige quand il s’agit de calculer le CO² que nous allons devoir évacuer...), les pages sont très fournies en détail, en idées, en flèches qui partent dans tous les sens pour expliquer, justifier, relier les idées entre elles. Les chapitres sont bien découpés, mais se parlent entre eux comme si une découverte pouvait en entraîner une autre, comme si un dessin venait tout traduire : on enchaîne entre pages remplies de texte, parfois arides, où un personnage tout blanc vient parfois expliquer avec humour et didactique, et des double-pages magnifiques de couleurs, d’animaux, de villes, de verdure et de vie tout court. On notera que ce blanc s’associe essentiellement aux humains, qui ont perdu leur droit à la couleur étant donné l’état de la planète qu’ils laissent aux générations futures (la révolution industrielle ayant conduit à ce désastre, heureusement possiblement réversible...).
© Sarbacane / Mushin
Audacieux, gorgé de vie, de drôlerie et d’espoir, et tout cela grâce à des inventions qui passent de l’état d’idées à celui de maquettes BD, Ultra Wild est avant tout un manifeste pour une idée essentielle à la planète : le retour du sauvage.
88 pages – 25 €
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Galerie photos
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