Le 30 octobre 2026
- Chanteur : Emily Loizeau
À l’approche de son concert au Cèdre, à Chenôve (Côte-d’Or), le 5 novembre 2026, l’auteure-compositrice-interprète Emily Loizeau, actuellement en tournée dans toute la France pour revisiter en piano solo son premier album — déjà vingt ans ! —, s’est prêtée au jeu de l’interview. Nous lui en sommes infiniment reconnaissants.
aVoir-aLire : Bonjour Emily Loizeau.
Emily Loizeau : Oui, bonjour.
aVoir-aLire : Vous allez bien ?
Emily Loizeau : Très bien, merci et vous ?
aVoir-aLire : Vous voulez qu’on commence l’interview directement ?
Emily Loizeau : Oui, tout à fait, ça me va.
aVoir-aLire : D’accord, très bien. Tout d’abord, pourquoi le choix épuré et intimiste de renouer en piano solo avec votre premier album, celui qui vous a révélé au grand public ?
Emily Loizeau : Oh, mais parce que déjà, c’est un plaisir de s’offrir des petits projets annexes, des petits chemins de traverse qui ne sont pas seulement liés à l’actualité de la sortie d’un disque. Et puis, de le faire en toute autonomie, de choisir un peu quand est-ce qu’on le fait et comment. Quand on est seul, c’est beaucoup plus simple. Ensuite, et surtout, de manière plus symbolique, moins pragmatique, c’est comme ça que j’ai démarré, en fait. À mes tout débuts, j’étais pianiste et je me suis mise à écrire des chansons, à chanter. Mes premiers concerts, mes débuts dans l’écriture et la réflexion autour des chansons, c’était au piano. Et puis, quand j’écris, je suis toujours au piano. Donc, il y a aussi une manière de célébrer l’origine des choses.
aVoir-aLire : D’accord. Vous vous produisez à Chenôve, au Cèdre, le 5 novembre prochain à 20 heures.
Emliy Loizeau : Oui.
aVoir-aLire : Est-ce que vous aimez et connaissez-vous bien la Bourgogne ?
Emily Loizeau : Alors, j’aime la Bourgogne. Je ne peux pas prétendre bien la connaître, mais j’y suis allée quelques fois et j’aime beaucoup cette région, sa nature. J’y ai aussi donné quelques concerts, même si ce n’était peut-être pas tant que ça. Mais en tout cas, j’aime y passer du temps pour aller marcher en forêt, me reposer, méditer. Donc, je suis très contente d’y venir.
aVoir-aLire : Donc, vous êtes éprise de scène avec déjà de longues tournées à votre actif. Comme pour La Souterraine, par exemple, en 2024. Enfin, c’était à la sortie de l’album. Après, il y a eu une tournée assez longue. Vous renouez de nouveau avec le public. C’est une bulle d’oxygène indispensable pour vous ?
Emily Loizeau : Oui, c’est sûr que c’est à la fois… J’adore la période d’écriture, qui est vraiment solitaire, et la période d’enregistrement, où on est juste avec ses potes et où c’est toujours très excitant d’enregistrer une chanson pour la première fois. Mais on fait tout ça quand même pour pouvoir parler aux âmes des autres, entrer en résonance avec eux et être ensemble. Les concerts, ce sont des moments comme ça, où on a une sorte de vie parallèle. Et j’adore ces moments-là. Ensuite, je sors véritablement de la tournée de La Souterraine, qui faisait suite à celle d’Icare. Donc, j’ai un peu l’impression d’être en tournée permanente depuis 2020. C’est davantage mon quotidien qu’une bulle d’air, on va dire. Mais, en effet, chaque concert est une manière de prendre de l’oxygène, de se sentir ensemble et de contrer cette période si noire qu’on traverse. C’est aussi l’occasion de pouvoir dire des choses, de ressentir à quel point les gens ont besoin de partager avec vous du sens, de la beauté, de l’humanité. Je crois qu’on est de plus en plus isolés derrière nos téléphones, à regarder l’actualité défiler en boucle sur les réseaux. On se sent hyperconnectés et, en même temps, hyperseuls. Donc, je crois que c’est indispensable. Moi, ça me fait beaucoup de bien de ressentir les gens, de sentir à quel point leur besoin d’humanité est fort, en fait. Et de pouvoir partager des réflexions, des sensations et des émotions que je traverse en ce moment. Là, c’est une tournée vraiment placée sous le signe du souvenir, puisque je rejoue mon premier album, De la première à la dernière plage. Il a vingt ans. Mais j’essaie justement de parler de ça : qu’est-ce qui a changé dans le monde en vingt ans ? J’évoque à la fois ce qui a donné naissance à ces chansons, une forme de légèreté, de douceur, ma famille, ce qu’elle m’a transmis, comment j’en suis arrivée à écrire ces chansons. Et j’essaie aussi de parler de la perte de cette légèreté, de cette insouciance, et de ce que ça fait de chanter ces chansons vingt ans après. J’essaie de faire résonner tout ça avec ce qu’on traverse aujourd’hui. Donc, le fait d’être ensemble pour ça, en vrai, ça compte. Voilà, pardon, c’était une réponse un peu longue, mais je crois que j’ai fait le tour du sujet.
aVoir-aLire : Là, je pense que j’ai une question qui va appeler une réponse encore plus longue. Est-ce que vous pouvez nous parler de votre rapport avec le septième art ? Puisque avoir-alire.com, le média pour lequel je collabore, s’occupe beaucoup de cinéma.
Emily Loizeau : Oui, eh bien, le cinéma est une source d’inspiration très forte pour moi. J’étais comédienne, surtout au théâtre, mais aussi au cinéma. C’est quelque chose d’important pour moi, d’autant que ma sœur réalisait des documentaires. Au-delà de ça, j’aime aussi travailler sur de la musique à l’image, pour des documentaires ou des longs métrages. C’est quelque chose que j’aime dans mon métier de chanteuse, d’interprète qui sort des disques. Je viens de travailler avec Jean-Baptiste Durand sur son prochain long métrage, L’Homme qui avait peur des femmes. J’y ai une participation un peu particulière, puisque j’ai à la fois écrit de la musique pour une longue séquence live et joué cette musique dans le film. C’était une manière un peu différente de travailler pour l’image, et en plus, pour un réalisateur…
aVoir-aLire : Ah, vous jouez et vous interprétez en même temps ?
Emily Loizeau : Je suis la chanteuse qui va jouer ces musiques dans le film. Je n’en dis pas plus, parce que je vous réserve la surprise ! Mais en tout cas, je participe à la fois à l’image et à la musique de ce film, qui est en train de se tourner en ce moment. C’est donc ma dernière plongée dans le monde du cinéma, et une plongée un peu particulière, que je n’avais jamais faite de cette manière auparavant, avec un réalisateur que j’aime particulièrement. J’ai adoré Chien de la casse. Quand il m’a proposé d’écrire de la musique et de la jouer dans le film, j’étais hyper heureuse. C’est une belle façon de poursuivre ce chemin dans la musique à l’image, et j’espère que ça va continuer !
aVoir-aLire : D’accord, merci. La vie est faite de rencontres. J’en avais parlé avec Gaëtan Roussel en interview, et il me disait que l’important, c’est de savoir reconnaître une belle rencontre quand elle se présente. Vous avez certainement fait beaucoup de belles rencontres au cours de votre parcours. Est-ce que vous pourriez nous parler de vos plus belles rencontres musicales ?
Emily Loizeau : Alors oui, bien sûr ! Il y en a pléthore, mais je ne vais pas toutes les citer. Là, je reviens de La Réunion, donc j’ai tout de suite envie de parler de Danyèl Waro, qui est devenu un ami proche, presque quelqu’un de ma famille de cœur. Il est maintenant le parrain de ma fille. Je ne sais pas si vous le connaissez, mais c’est l’un des plus grands chanteurs de La Réunion, une sorte de Brassens réunionnais vivant. Il est à la fois engagé, indépendantiste, poète, chanteur magnifique, et c’est un être humain extraordinaire, d’une spiritualité folle. Ça a été une rencontre très forte, que j’ai faite en 2008-2009, au moment où j’enregistrais Pays sauvage, mon deuxième album. Et il reste encore aujourd’hui une influence pour moi, aussi bien musicale qu’humaine, philosophique et spirituelle. C’est vraiment quelqu’un qui a marqué mon parcours. Avant lui, il y a eu Georges Aperghis, qui est un grand compositeur de musique contemporaine et metteur en scène de théâtre musical. J’ai travaillé avec lui comme assistante à la mise en scène quand je sortais de mon école de théâtre. Il est vraiment au croisement de la musique et du théâtre, et ça a aussi été une rencontre très importante pour moi. On s’était un peu perdus de vue, mais on s’est retrouvés tout récemment, on s’est revus, donc je pense à lui aussi. Et puis, il y a John Parish. Je crois que je vais citer ces trois personnes, même si ça m’embête de ne pas citer de femmes, donc je vais quand même continuer à réfléchir ! Mais à vrai dire, oui, je vais m’en tenir à ces trois-là, parce que ce sont vraiment trois jalons dans mon parcours. John Parish, c’est le réalisateur de mes deux derniers albums. C’est aussi un producteur et un musicien qui a travaillé sur pas mal de disques et de projets de PJ Harvey. Il travaille aussi avec Aldous Harding. Il a également travaillé avec Dominique A et Arnaud. C’est une rencontre très forte pour moi dans mon travail, pour sa vision de la musique, mais aussi sur le plan humain. C’est une vraie rencontre, à la fois humaine et artistique, qui se prolonge dans une collaboration très importante pour moi.
aVoir-aLire : Quel regard portez-vous sur la société actuelle ? Et encore plus sur la jeunesse.
Emily Loizeau : Eh bien, je vais commencer par la jeunesse, parce que je crois que s’il y a quelque chose qui me donne de l’espoir en ce moment, c’est bien elle. Je suis extrêmement émue. J’ai une fille de seize ans — je précise — et aussi un fils de treize ans, mais c’est ma fille de seize ans qui est peut-être la plus investie, la plus concernée par ce qui se passe aujourd’hui. J’ai énormément d’admiration pour elle et pour ces jeunes, pour leur force d’engagement, pour leur manière de s’emparer de leur détresse pour en faire quelque chose de révolté, de révolutionnaire, mais aussi de joyeux, de bon et d’empathique. Ils ont tout compris, en fait, pour moi. Je crois que le rire est notre arme pour résister à la montée de l’extrême droite, du fascisme et de la répression, face à la noirceur de ce qui s’annonce pour nous, avec la montée de l’extrême droite partout dans le monde, mais aussi face aux murs climatiques. Ils ont compris qu’en fait, ils n’ont plus le choix. Ils sont déterminés, mais ils le font avec humour, avec détermination et solidarité. Je les trouve brillants. On a beaucoup dit que cette jeunesse avait constamment le nez dans son téléphone, qu’elle était décérébrée, qu’elle ne savait plus réfléchir ni écrire. Ils sont en train de nous prouver le contraire. Ils nous montrent à quel point ils sont brillants et à quel point ils veulent réécrire leur histoire. Pour moi, c’est une génération historique. Je les soutiens tellement ! Je n’ai pas toujours pu être dans la rue parce que j’étais en tournée, mais j’essaie d’y être le plus possible. Je suis atterrée par ce qui se passe. Absolument atterrée, absolument dévastée. Je suis très inquiète, très triste. La répression policière est sans nom. Cette violence m’affecte énormément. Et puis, évidemment, je déplore toutes les dégradations matérielles, qui laissent des gens qui ont déjà du mal à joindre les deux bouts dans des situations terribles. Je ne crois pas que ce soit la solution pour porter ce mouvement là où il voudrait aller, pour se faire entendre, et non pour se faire détourner par des médias ou des politiques qui vont se servir de ces images-là pour écraser encore davantage la jeunesse. Mais je dois dire que je suis scandalisée de voir qu’on parle davantage de ces dégradations que des mains arrachées, des yeux arrachés, des mâchoires arrachées, des violences contre des enfants. Et ça, ça me terrifie, en fait. Je me dis qu’on est en train de perdre quelque chose de notre citoyenneté, de notre humanité, de notre contribution à la démocratie et à la liberté. J’espère qu’on va vraiment se réveiller. Je sens qu’il y a quand même un éveil, et j’essaie de montrer l’exemple. Alors, la société me rend bien triste, mais ces jeunes me donnent beaucoup d’espoir.
aVoir-aLire : J’ai une question sur le processus de création. Léo Ferré disait que « l’art est une excroissance de la solitude ». Est-ce que vous êtes plutôt d’accord avec ça ou pas du tout ? Est-ce qu’il y a une part de solitude dans le processus créatif ? Après, la création, c’est aussi quelque chose qui se fait à plusieurs, non ?
Emily Loizeau : À titre totalement personnel, parce que je n’aime pas trop les généralités, oui, pour moi, c’est une excroissance de la solitude. C’est même une forme de remède, une forme de catharsis face à ce sentiment de solitude et à ce besoin de respiration vitale. Je crois qu’on écrit une chanson parce qu’on a absolument besoin de la chanter pour survivre, pour se sentir capable de rester debout. Ça ne veut pas dire que c’est forcément tragique. Je pense que la joie peut aussi provoquer cette espèce de besoin cathartique. Pour moi, l’écriture, c’est le prolongement de ça, et c’est effectivement un geste solitaire. Ensuite, le processus créatif, quand il s’agit de donner une forme concrète à l’écriture, devient aussi un geste très intime. Mais, moi, cette étape est collective, elle se fait avec mes amis musiciens, et je trouve ça vraiment nécessaire pour arriver à faire quelque chose qui soit à la hauteur de ce que j’imagine. Je grandis et je ne cesse d’apprendre au contact des musiciennes et des musiciens avec lesquels je travaille. Et puis, là où je vais me contredire, c’est que je trouve aussi que la rencontre avec quelqu’un peut être très féconde. Je pense, par exemple, au travail que j’ai pu faire avec Jean-Baptiste Durand, ou avec d’autres personnes, comme ma sœur, sur ce film consacré à cette jeune Afghane pendant ses trois années d’exil. Ce sont des rencontres, des histoires qui ne sont pas les miennes et qui, tout à coup, parce que quelqu’un vous passe une commande, vous amènent à vous plonger dans un autre univers. Je pense aussi à Fabrice Melquiot, pour sa pièce de théâtre : on entre dans son histoire, dans sa narration, pour créer soi-même quelque chose. Là, c’est la rencontre de deux solitudes qui rend possible un récit différent. Je reste solitaire dans ce geste, parce que j’ai besoin de parcourir l’histoire de l’autre dans la solitude pour arriver à y entrer. Mais ça n’empêche que c’est bien la rencontre de ces univers-là. Donc, oui, c’est aussi quelque chose de plus collectif.
aVoir-aLire : Vous avez le doux et double privilège de nous enchanter à la fois en français et en anglais. Pouvez-vous nous parler de cet héritage que vous cultivez ?
Emily Loizeau : Comment en parler ? J’ai grandi avec les deux langues. Ma mère ne voulait pas que je sois exclue de l’école, alors elle m’a beaucoup parlé français. Puis, à un moment donné, je suis entrée dans une école bilingue internationale et là, elle a raccroché les wagons. Mais, en tout cas, l’anglais a toujours été très présent dans ma famille. Je pense dans les deux langues, parfois beaucoup plus en français quand je passe moins de temps avec ma famille anglaise. Mais dès que je renoue avec elle, je me remets à penser dans les deux langues. Je ne peux me passer ni de l’une ni de l’autre. J’essaie de les amener l’une vers l’autre. J’ai toujours fait cohabiter ces deux langues sur mes disques, mais aussi dans mon travail. J’essaie vraiment de trouver un équilibre et, ces derniers temps, de faire pencher un peu plus la balance du côté du français, parce que je vis ici et que je chante essentiellement ici. Comme vous avez pu le comprendre dans ma longue réponse sur la société et la jeunesse, parler de ce qu’on traverse, donner un regard intime sur le monde en ce moment, ça fait partie d’un geste qui m’est vraiment vital. Le faire dans une langue que peu de gens comprennent dans le pays où l’on vit, ça me paraît contre-productif. Les gens comprennent l’anglais, mais pas toujours de manière spontanée. Je trouve que c’est important de parler aux gens de façon très directe. Il y a même des chansons que j’avais écrites en anglais au départ sur La Souterraine et que j’ai adaptées en français, en me disant que si j’en étais aussi fière en français, alors je les mettais d’abord en français sur le disque. Je suis dans ce rapport-là aux deux langues. J’aime parfois les faire cohabiter dans une même chanson. J’aime amener le français vers les sonorités, vers la fluidité de l’anglais. J’aime essayer de tirer le français vers cette manière très musicale de sonner, parce qu’on a tendance à utiliser cette langue de façon plus littéraire, avec moins d’instinct musical. Alors qu’en fait, je la trouve très musicale, mais il faut effectivement y travailler. Et puis, ce que je peux dire, c’est que l’anglais, c’est la langue de ma maman, de ma grand-mère. C’est vraiment une langue maternelle. Il y a aussi mon grand-père, bien sûr, mais c’est surtout la langue du cœur. En même temps, j’ai été élevée en France, donc mes racines sont surtout ici.
aVoir-aLire : Vous avez obtenu des prix prestigieux au cours de votre carrière : le prix SACEM en 2005, le prix Constantin en 2009. Vous avez aussi été faite chevalière des Arts et des Lettres en 2014, je crois. Quelle valeur vous accordez à ces prix, justement ? Qu’est-ce que ça représente pour vous, toutes ces distinctions ?
Emily Loizeau : C’est toujours hyper émouvant d’être récompensée pour son travail et son écriture. C’est quelque chose de super valorisant. Quand on fait un métier qui est aussi une passion, c’est évidemment quelque chose qui fait du bien. Mais j’essaie toujours de relativiser, parce que tout ça reste quand même… Comment dire ? Même si ça peut sembler être une récompense objective, c’est quelque chose de très subjectif, au moment où le prix est décerné, au moment où on décide d’attribuer quelque chose à quelqu’un. C’est une reconnaissance qui fait du bien, mais je crois que ce n’est pas une fin en soi. La chose la plus importante, c’est d’essayer d’être dans un geste de sincérité, de vérité, de tendre vers la beauté et d’essayer d’être très intègre par rapport à tout ça. Et donc de faire les choses pour les bonnes raisons. Néanmoins, je ne vais pas faire semblant que ça ne me fait rien ! Évidemment, à chaque fois, c’est très gratifiant, très valorisant. Ça fait du bien, ça donne de la force pour continuer, parce qu’on se sent reconnue. Ce n’est évident pour personne de travailler, d’exister sans reconnaissance. Petit clin d’œil à ce que je disais tout à l’heure sur notre jeunesse, notre société et ces gens qui demandent davantage de reconnaissance !
aVoir-aLire : Dernière question, elle est très courte. Si vous deviez partir seule sur une île déserte, avec une simple valise, que mettriez vous dedans ?
Emily Loizeau : Alors je mettrais... Ah oui, non, je ne peux pas dire mes enfants parce qu’il faut que je sois seule.
aVoir-aLire : Oui, j’étais sûre que vous alliez miser sur les êtres chers, et c’est pour ça que j’ai spécifié « seule ». C’est une question piège !
Emily Loizeau : On va dire que je ne peux pas prendre mes enfants et mon amoureux, donc d’accord. Je mets Cent ans de solitude, sans vouloir faire de mauvais jeu de mots. Je mets l’intégrale de Philippe Jaenada, parce qu’il me fait tellement rire et qu’en même temps, il met tellement de sens dans ses livres, qui me font vraiment énormément de bien. Je mets tout Bob Dylan, évidemment. Je mets L’Orfeo de Monteverdi et Don Giovanni de Mozart. Et je mets aussi les livres de Samuel Beckett. Qu’est-ce que je mets d’autre ? Il faudrait que je trouve un truc un peu rigolo. Je mets quand même quelques disques de PJ Harvey. Le côté rigolo, je ne sais pas… Je pourrais dire que je suis en partie vendéenne et que j’aime bien la mogette froide, les haricots blancs froids. C’est typiquement vendéen : on tartine ça sur du pain et ça nourrit bien. Sur une île déserte, je pense que ça peut être assez efficace ! Je suis végétarienne, je ne tuerais pas les animaux et j’aurais juste besoin de ces protéines végétales. Voilà, pardon, c’était le petit traitement final.
aVoir-aLire : C’est génial. Je vais vous laisser. Merci à vous, Emily Loizeau. Au revoir. Bonne tournée et rendez-vous le 5 novembre à Chenôve.
Emily Loizeau : Merci beaucoup. Au revoir. Merci.
Propos recueillis par phoner le 21 octobre 2026
Galerie photos
aVoir-aLire.com, dont le contenu est produit bénévolement par une association culturelle à but non lucratif, respecte les droits d’auteur et s’est toujours engagé à être rigoureux sur ce point, dans le respect du travail des artistes que nous cherchons à valoriser. Les photos sont utilisées à des fins illustratives et non dans un but d’exploitation commerciale. Après plusieurs décennies d’existence, des dizaines de milliers d’articles, et une évolution de notre équipe de rédacteurs, mais aussi des droits sur certains clichés repris sur notre plateforme, nous comptons sur la bienveillance et vigilance de chaque lecteur - anonyme, distributeur, attaché de presse, artiste, photographe. Ayez la gentillesse de contacter Frédéric Michel, rédacteur en chef, si certaines photographies ne sont pas ou ne sont plus utilisables, si les crédits doivent être modifiés ou ajoutés. Nous nous engageons à retirer toutes photos litigieuses. Merci pour votre compréhension.



































