Le 15 juin 2026
Ce récit d’initiation se laisse regarder sans ennui mais souffre d’un sujet manquant singulièrement d’originalité et traité sans aspérités.
- Réalisateur : Laura Samani
- Acteurs : Magnus Krepper, Stella Wendick, Giacomo Covi, Pietro Giustolisi, Samuel Volturno
- Genre : Comédie dramatique, Teen movie
- Nationalité : Français, Italien
- Distributeur : Arizona Distribution
- Durée : 1h42mn
- Titre original : Un anno di scuola
- Date de sortie : 10 juin 2026
- Festival : Rencontres cinématographiques de Cannes, Festival de Zurich, Festival de Venise 2025
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Résumé : Septembre 2007. Fred, jeune Suédoise de dix-sept ans, emménage à Trieste et commence une année de terminale au lycée technique de la ville. Seule fille de sa classe, elle se retrouve au centre de l’attention, en particulier de celle d’un trio inséparable de garçons. Ensemble, ils expérimentent de nouveaux sentiments, confrontent leurs doutes, et soumettent leur amitié à rude épreuve. Cette année du bac les marquera pour toujours.
Critique : On avait découvert Laura Samani avec Piccolo corpo (sélection Semaine de la Critique 2021), premier long métrage lumineux sur une jeune femme tentant de rendre la dignité à son bébé mort-né, récit d’une émancipation féminine qui revisitait le néoréalisme, entre fantastique, mysticisme et naturalisme. Coécrit avec Elisa Dondi, Une année italienne est l’adaptation du roman Un anno di scuela de Giani Stuparitch. La réalisatrice a modifié certaines données du matériau littéraire, transposant en 2007 un récit qui se déroulait en 1908. Le choix de ce changement d’époque est dû au fait que Laura Samani avait au milieu des années 2000 le même âge que son héroïne, lorsqu’elle était, elle-même, lycéenne à Trieste, et avait connu une situation presque similaire. Fred est une jeune Suédoise dont le père, directeur des ressources humaines, a été muté dans une usine de Trieste. Elle débute l’année scolaire de terminale dans un lycée technique et se retrouve être la seule fille de sa classe. Très vite, la jeune fille est confrontée au harcèlement, aux remarques sexistes et aux plaisanteries vulgaires. Pourtant, elle se lie avec trois garçons, Antero, Pasini et Mitis, avec lesquels elle entretient des relations de camaraderie. Lorsqu’elle noue une relation amoureuse avec l’un d’entre eux, le climat se dégrade à nouveau dans le groupe.

- © 2026 Arizona Distribution. Tous droits réservés.
Laura Samani est fidèle à sa thématique du statut de la femme dans la société italienne, dressant à nouveau le portrait d’une protagoniste cherchant à trouver sa place dans une société régie par les normes masculines et les traditions patriarcales. Elle opère ici à travers un récit d’initiation au charme discret, dans la lignée de certaines œuvres du cinéma transalpin ayant cerné des microcosmes juvéniles, des Adolescentes (1960) d’Alberto Lattuada à Histoire de garçons et de filles (1989) de Pupi Avati. La réalisation, sans effets, accorde une importance à la description minutieuse d’une atmosphère diffuse, entre insouciance et tension. Laura Samani déclare ainsi dans le dossier de presse : « En tant que spectatrice je n’aime pas les découpages frénétiques qui ne me laissent aucune place. Bien sûr, je suis contrainte parfois de découper, de jouer de l’ellipse, mais avant tout je veux que l’on s’immerge progressivement dans l’ambiance, dans ce qui entoure les personnages. Il faut le temps que la réalisation du film invite à faire la connaissance de Fred et des garçons. »

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Les jeunes interprètes, tous débutants, se moulent avec aisance dans le dispositif, avec une mention particulière pour la gracieuse Stella Wendick, crédible dans son personnage confronté au déracinement culturel autant qu’au machisme ambiant, ainsi que pour le charismatique Giacomo Covi. Pourtant, Une année italienne peine à laisser une empreinte durable. Le scénario n’arrive pas toujours à contourner les clichés (les remarques acerbes sur la profession du père), réduisant ses personnages à des marionnettes sans nuances ni surprise, au service d’une énième dénonciation de la masculinité toxique. Les personnages masculins sont ainsi privés de véritable ambiguïté morale, y compris le jeune homme suicidaire. Or la mise en scène transcende rarement ces aspects. Si les personnages dérapent, le film, quant à lui, reste sage et sans aspérités, techniquement soigné, mais d’une banalité qui ne parvient pas à le hisser au-dessus de l’étiquette de « film mineur ». En somme, Une année italienne n’est pas désagréable mais on attendait beaucoup mieux d’une réalisatrice dont le coup d’essai s’était révélé un coup de maître. Espérons que le troisième long métrage de Laura Samani permettra de retrouver l’audace et l’inspiration déployées dans son premier film.
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