Ritournelle belliqueuse
Le 26 février 2026
Malgré la noblesse de sa démarche, le premier film de Zaven Najjar est empêtré dans une histoire cyclique, qui ne semble être rien d’autre que son propre message.
- Réalisateur : Zaven Najjar
- Genre : Drame, Animation, Film de guerre
- Nationalité : Français, Canadien, Belge, Luxembourgeois
- Durée : 1h23mn
- Âge : Interdit aux moins de 12 ans avec avertissement
- Date de sortie : 4 mars 2026
- Festival : Festival d’Annecy 2025
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Résumé : Birahima, orphelin guinéen d’une dizaine d’années, doit quitter son village pour tenter de passer la frontière et retrouver une tante qui se serait installée au Libéria. Le jeune garçon se met dans les pas de Yacouba, bonimenteur de grands chemins jouant les guides de substitution. Mais sur la route, la rencontre avec des enfants soldats fait basculer le destin de Birahima. Il est engagé volontaire : que lui réserve le sentier de la guerre ?
Critique : Adapté du roman éponyme d’Ahmadou Kourouma, Allah n’est pas obligé est reparti bredouille du Festival d’Annecy 2025, malgré une sélection en compétition officielle et une thématique percutante : celle des enfants soldats africains, endoctrinés pour servir les desseins belliqueux des militaires et politiciens corrompus du continent. Si le roman de Kourouma avait fait sensation à sa sortie en 2000, récompensé par le Prix Renaudot et le Prix Goncourt des Lycéens, son adaptation cinématographique souffre d’une intrigue et une réalisation répétitives.

- Copyright Bac Films
Dès lors que Birahima quitte le village de Togobala, les péripéties s’enchaînent mais se ressemblent toutes : accompagné de Yacouba, marabout et multiplicateur de billets autoproclamé, plus doué pour empocher les billets de ses clients que pour les dupliquer, Birahima se fait rapidement embrigader dans les rangs du Front National Patriotique du Liberia (NFPL), dirigé par Charles Taylor, opposant au gouvernement du président de la République Samuel Doe.
Le long-métrage insiste largement sur la réalité historique de son propos, à travers la narration en voix off de Birahima. Mais à trop vouloir condenser sa fable pour la rendre percutante aux yeux du spectateur, Najjar la réduit à une suite de séquences de tirs, cris, violence verbale et physique, dont chacune se solde par du sang et des cadavres, et qui s’enchaînent sans véritable lien narratif ni vraiment se répondre les unes aux autres. Certes, ces séquences tendent à montrer que les conflits armés n’ont d’autre objectif que leur propre entretien, mais pour dire les choses simplement : vous en avez vu une, vous les avez toutes vues.

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Si la mise en scène, chargée de couleurs chaudes, est volontiers pittoresque, offrant des décors naturels et sauvages à la beauté visuelle saisissante, elle reste explicative et didactique : Birahima emploie un langage familier, voire grossier, pour montrer qu’il est un dur à cuir, l’image devient floue lorsqu’il consomme de la drogue, les armes létales sont presque de tous les plans et le récit ne développe que très peu la psychologie de ses personnages, notamment des enfants, entretenant, de fait, la redondance du récit.
Ainsi, dépourvu de tout fil conducteur narratif et de toute innovation visuelle en dépit d’une animation qualitative, Allah n’est pas obligé se contente de répéter le même message civique et moral : toute guerre est meurtrière et les enfants, transformés en chair à canon par des guerroyeurs corrompus et assoiffés de pouvoir, en sont les premières victimes.
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