Le 1er février 2026
Une comédie attachante qui se moque gentiment de la jeunesse d’aujourd’hui dans un style enlevé qui ne flirte jamais avec le mauvais goût.
- Réalisateur : Martin Jauvat
- Acteurs : Géraldine Pailhas, Emmanuelle Bercot, William Lebghil, Jérôme Niel, Annabelle Lengronne, Anaïde Rozam, Mahamadou Sangaré, Martin Jauvat, Sébastien Chassagne, Eva Huault, Michel Hazanavicius
- Genre : Comédie
- Nationalité : Français
- Distributeur : Le Pacte
- Durée : 1h34mn
- Date de sortie : 28 janvier 2026
- Festival : Festival de Cannes 2025
L'a vu
Veut le voir
Résumé : Quand sa mère menace de le renvoyer du pavillon familial s’il ne se bouge pas les fesses, Sprite se retrouve coincé dans un paradoxe : il doit passer son permis pour trouver un travail, mais il a besoin d’un travail pour payer son permis. Heureusement, Marie-Charlotte, sa monitrice d’auto-école, est prête à tout pour l’aider - même à lui prêter son baise-en-ville. Mais, qu’est au juste un baise-en-ville ?
Critique : Il s’appelle Corentin, mais tout le monde l’appelle Sprite. Non pas qu’il ait quelque ressemblance avec une boisson gazeuse, mais parce que son nom de famille est Perrier. Il habite à vingt-cinq ans avec ses parents qui l’ont puni de bains chauds pour le pousser à trouver un travail et passer son permis de conduire. Voilà en quelques lignes le cadre général d’un récit pétillant qui s’autorise tous les ressorts comiques. Les spectateurs sont embarqués dans un univers hirsute et attachant où les monitrices d’auto-école jouent aux conseillères conjugales, une société de nettoyage s’attache à effectuer le ménage dans la nuit après des soirées arrosées et les assureurs embauchent des stagiaires qui se retrouvent eux-mêmes sous la coupe d’autres stagiaires. Bref, rien n’est sérieux dans cette histoire et, en même temps, tout repose sur une vision de notre société contemporaine des plus affutées.

- Copyright Le Pacte
Le titre Baise-en-ville est emprunté à ces sacoches d’un autre temps, portées en bandoulière, dont l’utilité première demeure de pouvoir trouver un endroit pour dormir quand on est pauvre et privé de transport en commun pour rentrer chez soi. Il faut donc s’équiper du nécessaire pour dormir, mais surtout tenter de faire une connaissance charnelle qui accepte d’ouvrir son domicile pour une nuit. Il y a quelque chose de tout à fait improbable dans ces "baise-en-ville", mais le caractère joyeux de l’histoire est annoncé d’emblée. Pendant à peu près une heure trente, l’acteur et réalisateur Martin Jauvat balade ses spectateurs dans un monde drôle, simple et follement inventif. Le long-métrage se range aisément dans le registre des œuvres de l’absurde, dans la longue tradition d’un théâtre à la fois comique et cynique.
La réussite du film repose sur le jeu de Martin Jauvat. Il incarne un jeune homme débonnaire, très touchant de gentillesse et de sincérité, qui s’inscrit lui aussi dans la tradition ancienne des personnages de théâtre. Sauf que ce garçon qui fait penser au Tanguy des années 2000 est résolument moderne, dans sa ville de Chelles, avec son accent de banlieusard décalé. Il court après un travail, signe d’une jeunesse à tort décrite comme non engagée, qui cherche à s’émanciper et trouver de quoi gagner son indépendance. C’est sur lui que toute l’histoire se tient, avec des personnages tout aussi drôles qui gravitent autour de lui, comme la monitrice d’auto-école, le nettoyeur nocturne ou la policière désinhibée. Chacun des interprètes joue sa carte sans tomber dans le ridicule. Ainsi, Emmanuelle Bercot confirme sa capacité à tout jouer, sans craindre d’habiter des personnages improbables.

- Copyright Le Pacte
Assurément, Baise-en-ville n’est pas le film de l’année 2026. Mais la comédie se laisse regarder très agréablement. Le spectateur passe un bon moment où il peut s’adonner au rire dans des scènes toutes aussi cocasses les unes que les autres. Le récit ne cède pas au rire gras, ni au grotesque. Filmé sans doute avec des moyens raisonnables, le long-métrage doit aussi beaucoup des dialogues très inventifs et un goût pour l’absurde assumé. On se souvient avec tendresse du délirant Grand Paris. Martin Jauvat confirme donc son talent de cinéaste original et de comédien joyeux, pétri d’humanité.
Galerie photos
Votre avis
Pour participer à ce forum, vous devez vous enregistrer au préalable. Merci d’indiquer ci-dessous l’identifiant personnel qui vous a été fourni. Si vous n’êtes pas enregistré, vous devez vous inscrire.
aVoir-aLire.com, dont le contenu est produit bénévolement par une association culturelle à but non lucratif, respecte les droits d’auteur et s’est toujours engagé à être rigoureux sur ce point, dans le respect du travail des artistes que nous cherchons à valoriser. Les photos sont utilisées à des fins illustratives et non dans un but d’exploitation commerciale. Après plusieurs décennies d’existence, des dizaines de milliers d’articles, et une évolution de notre équipe de rédacteurs, mais aussi des droits sur certains clichés repris sur notre plateforme, nous comptons sur la bienveillance et vigilance de chaque lecteur - anonyme, distributeur, attaché de presse, artiste, photographe. Ayez la gentillesse de contacter Frédéric Michel, rédacteur en chef, si certaines photographies ne sont pas ou ne sont plus utilisables, si les crédits doivent être modifiés ou ajoutés. Nous nous engageons à retirer toutes photos litigieuses. Merci pour votre compréhension.


















