Le 25 mars 2026
Dans une langue extrêmement documentée, Juanjo Pereira restitue un aspect de l’histoire de l’Amérique du Sud assez mal connu, à savoir le règne du dictateur tyrannique Alfredo Stroessner au Paraguay. Passionnant mais un peu austère.
- Réalisateur : Juanjo Pereira
- Genre : Documentaire
- Nationalité : Américain, Français, Allemand, Argentin, Paraguayen
- Distributeur : VraiVrai Films
- Durée : 1h31mn
- Titre original : Bajo las Banderas, el Sol
- Date de sortie : 25 mars 2026
- Festival : Festival de Berlin 2025
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Résumé : 120 heures d’images d’archives : voilà ce qui reste de 35 années de dictature de Stroessner au Paraguay. À partir de ce corpus d’images rares retrouvées partout dans le monde, je reconstruis l’histoire d’une des dictatures les plus longues du XXe siècle, dont les effets perdurent encore aujourd’hui.
Critique : Plus de trente ans de règne d’un homme proche des nazis comme le terrible Josef Mengele, dont le cinéma nous a présenté récemment un biopic, ont considérablement traumatisé le Paraguay. Alfredo Stroessner en a été l’auteur principal avec ses massacres en masse des opposants, ses tortures et arrestations aléatoires et ses prises de position pour le moins discutable en faveur d’une Amérique du Sud unitaire. Il est vrai que ce dictateur a été l’un des pires gouvernants d’Amérique du Sud. Pourtant, peu d’informations médiatiques ont circulé à son sujet et l’on ignore tout ou partie du parcours de ce chef d’État, d’autant plus que le Paraguay est l’objet d’une relative méconnaissance de la part des Européens. Il fallait donc ce documentaire assez original dans la forme pour reconstituer, en 1 heures 30, l’arrivée au pouvoir de cet homme et sa sortie du gouvernement sous la pression du peuple.
Derrière les drapeaux, le soleil se veut une œuvre autant informative que créatrice. En effet, Juanjo Pereira a reconstitué ce périple politique dramatique, qui d’ailleurs n’a jamais fait l’objet d’un jugement, à partir de 120 heures d’archive, ce qui paraît bien peu au regard de 35 années. En effet, dès la première séquence, le cinéaste prévient que les images sont rares, ayant été très largement contrôlées par le dictateur. Son arrivée au pouvoir correspond d’ailleurs avec la disparition des médias indépendants qui vont se structurer autour d’une seule radio et télévision d’État. Juanjo Pereira n’en rajoute pas dans les effets d’annonces. Les images parlent d’elles-mêmes, ainsi que les quelques témoignages courageux d’opposants ou de fermiers dont les terres ont été spoliées.

- Copyright VraiVrai Films
Derrière les drapeaux, le soleil s’affirme comme un documentaire pédagogique et militant qui remet la justice au centre du débat. Le réalisateur accompagne sa reconstruction historique de plaquettes assez démonstratives qui dénotent toute la puissance d’instrumentalisation et de manipulation d’un tyran. Ses alliances au sortir de la guerre avec des bourreaux nazis confirme la monstruosité du personnage qui accepte de protéger et de loger dans son pays celles et ceux qui ont commis le pire pendant la Seconde Guerre mondiale, afin de leur éviter un procès. Le plus triste demeure que la manipulation du dictateur fonctionne auprès du peuple qui organise des festivités à l’initiative de l’homme d’État.
On pourrait reprocher un style assez austère même si Juanjo Pereira multiplie les plaquettes d’introduction voire les images d’animation pour rythmer son propos. Nous ne sommes pas dans un seul documentaire historique mais bien une œuvre de cinéma qui a d’ailleurs été présentée en 2025 au Festival de Berlin dans la section Panorama. En ce sens, Derrière les drapeaux, le soleil se révèle presque un film d’utilité publique au service d’une mémoire qui rend hommage aux milliers de personnes disparues tragiquement sous les coups de cette terrible personnalité.
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