Le 25 juin 2026
Une romance gay sensible et nuancée, qui évite les clichés grâce à des personnages subtilement caractérisés.
- Réalisateur : Helen Walsh
- Acteurs : Barry Ward, Danny Webb, Lorne MacFadyen, Liz White, Henry Lawfull, Celyn Jones
- Genre : Drame, Romance, LGBTQIA+
- Nationalité : Britannique
- Distributeur : Optimale Distribution
- Durée : 1h51mn
- Titre original : On the Sea
- Date de sortie : 26 août 2026
- Festival : Festival Chéries Chéris 2025 (Paris)
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Résumé : Jack est marié à Maggie depuis plus de la moitié de sa vie. Il travaille comme ramasseur de moules dans les bancs du nord du Pays de Galles avec son jeune frère, Dyfan, et ses trois fils. Jack a toujours pensé que son fils, Tom, rejoindrait l’entreprise familiale à la fin de ses études, mais la réticence de Tom à suivre ses traces provoque des tensions familiales. Celles-ci sont encore exacerbées par l’arrivée d’un matelot itinérant, Daniel, qui avoue ses sentiments à Jack. Dans cette communauté rurale isolée où la vie tourne autour de l’Église et de la pêche, Jack est confronté à un dilemme insurmontable.
Critique : Face à la mer est le second long métrage de la réalisatrice et romancière Helen Walsh. Le premier, The Violators (2015), est inédit dans les salles françaises. Présenté dans divers festivals dont Chéries Chéris, Face à la mer est une agréable surprise. Film modeste mais respectable, Face à la mer aborde avec habileté une thématique qui paraissait plus audacieuse il y a vingt ans. Son traitement, sobre et respectueux, s’accompagne d’un réel soin esthétique et technique. On pourrait en simplifiant voir dans son scénario une variation galloise de Brokeback Mountain. Jack est un chef d’entreprise quadragénaire qui vit dans le nord du Pays de Galles. Sa vie de couple avec Maggie est heureuse et sans histoires. Mais trois problèmes troublent son existence. En premier lieu, sa société de ramassage de moules ne connaît pas une santé financière florissante, et les relations avec son frère associé ne sont pas des plus harmonieuses. En second lieu, son fils traverse sa crise d’adolescent, que n’arrangent pas des fréquentations douteuses.

- © 2025 Red Union Films / Optimale Distribution. Tous droits réservés.
En troisième lieu, une maladie grave pour laquelle il est en rémission risque de réapparaître. Quand Daniel, un matelot précaire, lui propose ses services, des rapports troubles se créent entre les deux hommes. La vie de Jack semble alors prendre une tournure qu’il ne soupçonnait guère. Certes, le scénario ne semble pas, a priori, des plus originaux, surtout après quelques décennies au cours desquelles le cinéma s’est fréquemment emparé de la thématique gay. L’évolution des mœurs aidant, le synopsis de Face à la mer n’a pas le caractère transgressif qu’il aurait pu avoir autrefois, et la mise en scène de Helen Walsh est loin des fulgurances dont ont pu faire preuve, par le passé, Fassbinder, Almodóvar ou même, plus récemment, Luca Guadagnino et Andrew Haigh. Ces réserves étant précisées, il faut admettre que Face à la mer est subtil dans sa description d’une homophobie ambiante au sein d’un petit village côtier où les traditions demeurent, le poids du patriarcat et de la religion ne facilitant pas l’émergence de sentiments toujours jugés déviants. Sans schématisme ni manichéisme, la réalisatrice parvient à cerner le dilemme du protagoniste principal, attaché à sa famille mais ne pouvant plus refouler ses désirs réels.

- © 2025 Red Union Films / Optimale Distribution. Tous droits réservés.
Les péripéties secondaires, loin de diluer l’enjeu narratif, s’imbriquent avec efficacité dans l’histoire qui refuse l’excès mélodramatique. Helen Walsh parvient aussi à tirer le meilleur de ses beaux paysages maritimes, sans céder à la joliesse ou à l’esthétique de carte postale. La tonalité presque documentaire de certaines scènes (le travail en équipe) et l’usage intelligent de procédés conventionnels (un contrechamp pour suggérer le jugement social dans un café) témoignent du talent réel de la cinéaste. Ses deux interprètes masculins sont dirigés à la perfection. Barry Ward, aperçu naguère chez Ken Loach, incarne à merveille ce mélange de détermination et de fragilité. Le couple qu’il forme avec Lorne MacFadyen compte parmi les plus touchants vus dans le cinéma LGBTQIA+ récent. Une réussite, qui certes ne révolutionne pas le septième art, mais devrait toucher un large public par sa sincérité et ses qualités.
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