Le 5 janvier 2026
Une œuvre forte pour inciter à regarder l’Histoire en face, si effroyable soit elle, afin de mieux construire l’avenir ensemble.
- Réalisateur : Abd Al Malik
- Acteurs : Romain Duris, Philippe Torreton, Frédéric Pierrot, André Marcon, Liya Kebede, Ana Girardot, Vincent Macaigne, Micha Lescot, Moussa Mansaly, Makita Samba
- Genre : Drame, Biopic, Historique, Film de procès, Drame historique
- Nationalité : Français
- Distributeur : Memento Distribution
- Durée : 1h48mn
- Âge : Avertissement : des scènes, des propos ou des images peuvent heurter la sensibilité des spectateurs
- Date de sortie : 14 janvier 2026
- Festival : Festival du film de société de Royan, Festival d’Angoulême 2025, De l’écrit à l’écran Montélimar 2025, War on Screen 2025, Arras Film Festival 2025, Festival International du Film de Fiction historique, Festival du film de Muret
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Résumé : Île de la Réunion, 1817. À la mort de sa mère, l’esclave Furcy découvre des documents qui pourraient faire de lui un homme libre. Avec l’aide d’un procureur abolitionniste, il se lance dans une bataille judiciaire pour la reconnaissance de ses droits.
Critique : Abd Al Malik, de son vrai nom Régis Fayette-Mikano, est surtout connu pour ses compositions musicales. Ce qui ne l’empêche pas de publier plusieurs ouvrages, parmi lesquels La guerre des banlieues n’aura pas lieu et Qu’Allah bénisse la France qu’il adapte ensuite au cinéma, symphonie humaniste pour tenter de lisser la fracture culturelle et religieuse. En s’inspirant cette fois de l’œuvre de Mohamed Aïssaoui L’affaire de l’esclave Furcy, qui relate l’histoire vraie d’un esclave déterminé à faire valoir ses droits, il revient, entre tolérance et poésie, sur les égarements du passé, scrute les inégalités présentes et milite pour un futur réconcilié.

- Festival film francophone Angoulême 2025. Abd Al Malik - Vincent Macaigne - Makita Samba
- Copyright Claudine Levanneur
Au début du XIXe siècle, sur l’île Bourbon (aujourd’hui la Réunion), l’esclavage, même s’il a été aboli par la Révolution française, perdure dans les colonies où Napoléon Bonaparte l’a rétabli. Furcy, jeune esclave parmi tant d’autres, pourrait continuer à n’être que la propriété d’un maître qui l’a délesté de tout statut juridique, s’il ne découvrait que sa mère ayant été affranchie avant sa naissance, il est désormais libre. Ses marges de manœuvre sont étroites, lui dont la vie est soumise à la loi du Code noir, celle-là même qui sous-entend que l’esclave n’est qu’un meuble et que tous les êtres humains ne se valent pas et ne sont pas égaux. Face à tant d’injustice, Furcy pourrait être tenté par la violence ou la rébellion. Mais fait unique, il opte pour la voie judiciaire car c’est le droit fondamental à la dignité qu’il veut acquérir pour ses frères de misère et lui.
Démarre alors un procès au long cours qui conteste et déconstruit avec les outils mêmes du colon un système savamment concocté et jalousement préservé par une France totalement sûre de sa puissance coloniale. Au-delà d’être un film sur l’histoire de l’esclavagisme, Furcy, né libre parle de la condition humaine, de celle qui permet à une grande nation d’installer un détournement de ses valeurs et de le transmettre en toute impunité. Refusant tout manichéisme, le scénario s’attache à retranscrire le point de vue de chacun des instigateurs, de l’avocat abolitionniste auquel Romain Duris prête sa fougue à l’esclavagiste ambigu, que la faconde de Vincent Macaigne parvient à préserver d’une totale aversion. Flottant au-dessus de ces échanges aussi enflammés que passionnants, la stature de Makita Samba en impose. Un regard, un geste, une attitude en disent bien plus long que les mots que sa condition d’esclave rendrait inaudibles. Son silence et son imperturbabilité sont des arguments bien plus probants.

- Copyright Fabien Coste
De la lumière trompeuse de la Réunion à la dureté des champs de canne à sucre de l’île Maurice jusqu’aux tribunaux parisiens, la musique, nourrie de l’accent créole et du son des griots, rythme le combat pour le transformer en cri de résistance, tandis que la mise en scène se tient éloignée de tout effet de manche et de débordement lacrymal, lui préférant la tempérance et l’efficacité. Présenté en compétition au Festival du film francophone d’Angoulême, ce drame historique, solidement documenté, trouve un parfait équilibre entre pédagogie et divertissement et tend à démontrer que l’éducation, la culture et la justice, même si elles demandent patience et abnégation, doivent toujours primer sur la violence et l’obscurantisme.
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