Le 25 juillet 2026
Ce vibrant hommage à tous les cinémas du monde convoque tous les sens du spectateur. Un magnifique chef-d’œuvre pétri d’espoir et de lumière.
- Réalisateur : Pan Nalin
- Acteurs : Bhavin Rabari, Bhavesh Shrimali, Richa Meena, Dipen Raval, Paresh Mehta, Alpesh Tank, Shoban Makwa, Rahul Koli
- Genre : Drame
- Nationalité : Indien, Américain, Français
- Distributeur : Friday Entertainment
- Durée : 1h52mn
- Titre original : Chhello Show
- Date de sortie : 15 juillet 2026
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– Année de production : 2021
Résumé : En 2010, dans l’Inde rurale, Samay, neuf ans, découvre le cinéma et en tombe éperdument amoureux. Grâce à son amitié secrète avec le projectionniste du village, il vit sa passion depuis la cabine de projection, alors que la fin de l’ère du 35 mm menace de faire disparaître la magie qui les unit.
Critique : Samay n’est pas un enfant comme les autres. Son parcours trouvera sans doute un écho chez ceux qui font aujourd’hui le cinéma, tant sa vie est tout entière vouée à une seule passion : regarder des films. Au lieu d’aller à l’école, il troque les plats savoureux préparés par sa mère contre le droit de prendre place dans une salle de projection, où il peut assouvir ses désirs d’art. Mais la magie ne s’arrête pas là, car le petit garçon va refabriquer, à partir de moyens artisanaux, une salle de cinéma, preuve que la passion ne connaît aucune limite face à l’imagination.
Comment penser qu’un tel film, bardé de récompenses, ait tardé à ce point à arriver sur nos écrans ? On pressent bien que derrière cette fable féérique, le cinéaste raconte sa propre histoire et le cheminement, magnifié par la fiction, qui l’a conduit à devenir cinéaste, dès l’âge de neuf ans, lorsqu’il a vu son premier film. La dernière séance est le sixième long-métrage de Pan Nalin, qui combine la beauté plastique des images à celle d’un récit où l’humanité, la force de vivre dépassent tous les déterminismes qui pèsent sur les destinées en Inde. Le petit garçon, et à travers lui le réalisateur, fait mentir les statistiques selon lesquelles la pauvreté conduirait nécessairement à la pauvreté. Ici, le septième art procède d’une forme de résilience sublime qui constitue le fil conducteur de ce magnifique long métrage.

- Copyright Friday Entertainment
Bien sûr, le spectateur ne peut pas s’empêcher de penser au célèbre Cinema Paradiso (1988) de Giuseppe Tornatore. Le Noiret d’hier prend la figure d’un projectionniste touchant, qui accepte de partager un bout de l’écran contre les formidables recettes de la mère de Samay. Samay a neuf ans, l’âge même où le cinéaste indien découvre le cinéma, qui le conduira vers la carrière que l’on connaît aujourd’hui. Pan Nalin, avec une certaine pointe d’amertume, dénonce la disparition des films à bobines, remplacés aujourd’hui par le numérique et les copies en DCP. Le métier de projectionniste disparaît avec la modernité, reléguant aux oubliettes l’art de la pellicule, du collage et de la projection.
Il faut saluer l’interprétation magique du jeune acteur Bhavin Rabari. Il incarne avec une justesse incroyable cet enfant pauvre, aspiré par les promesses du cinéma. Il porte une humanité sublime qui irradie le récit, mais aussi tous les personnages qui l’entourent. L’enfant s’émerveille devant les films bollywoodiens, tissant peu à peu une relation avec le projectionniste proche d’une paternité de substitution. Il faut dire que le père naturel du petit héros éduque son gamin à coups de bâtons, sans jamais prendre le temps de comprendre la passion merveilleuse qui anime son fils.

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La fin est encore plus belle que tout le reste du film. Pan Nalin rend hommage aux immenses noms du cinéma mondial. Pour autant, le spectateur pressent que le réalisateur a trouvé sa place parmi ces grands maîtres, tant le film qu’il offre atteint une perfection visuelle et esthétique. La mise en scène est précise, très maîtrisée, jouant avec le cadre, les couleurs. Le long-métrage porte aussi une critique acerbe des politiques indiennes qui méprisent les villages isolés. La disparition du train, par exemple, accroît la pauvreté des habitants qui vont chercher dans les mégalopoles des raisons d’exister.
La dernière séance est sans doute l’un des meilleurs films en salles en 2026. Trop peu distribué, hélas, il rend un hommage vibrant au septième art, rappelant que faire du cinéma ne relève pas du même geste artistique que les séries qui fleurissent chaque jour à la télévision ou sur Internet. Cette histoire ne peut prendre tout son sens que sur grand écran, à la façon dont le petit héros Samay revisite l’épaisseur du monde dans les salles de cinéma auxquelles il accède.
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