Le 8 mars 2026
Philippe Blasband raconte l’histoire de Soheila écrivant un livre sur ces souvenirs des Manoutcheri. À travers eux, elle évoque la difficulté pour cette famille iranienne immigrée à refaire sa vie dans un autre pays, après avoir fui la révolution qui renversa le Shah.
- Auteur : Philippe Blasband
- Editeur : Les Impressions Nouvelles
- Genre : Roman
- Nationalité : Belge
- Date de sortie : 6 février 2026
- Plus d'informations : Le site de l’éditeur
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Résumé : « La nuit est encore longue » débute par une liste, celle des neuf souvenirs marquants que Soheila Pirouzfar a connu avec la famille Manoutcheri. Soheila développe ensuite chacun de ces moments de manière inattendue...
Critique : Philippe Blasband aborde une double histoire dans ce récit. Il parle des Manoutcheri, cette famille iranienne arrivée en Belgique pour échapper aux conséquences de la révolution. Et il raconte aussi le parcours de Soheila et sa famille, dans la même situation. Soheila est la narratrice, celle qui a engrangé au fil de sa vie différents souvenirs avec les frères et sœurs Manoutcheri. Elle est arrivée d’Iran jeune, seule, alors qu’elle aurait dû voyager avec ses deux sœurs. Elle est accueillie à l’aéroport belge de Zaventem par sa mère, sa grand-mère et Fahrsid. Il est le premier Manoutcheri qu’elle rencontre.
Alors qu’elle grandit, Soheila crée des liens avec certains membres de cette famille. Mais ce roman n’est pas juste une série de faits qui s’enchaînent, comme un retour sur le passé, il adopte une forme plus déstructurée. Car Soheila a un tic : elle dresse des listes et même des listes de listes, elle doit réunir sous forme de suite d’événements, de raisons, ce qui l’a marquée. Et c’est par ce biais qu’elle écrit ce livre. En effet, Soheila est une romancière, à côté de son travail dans une multinationale qui l’envoie aux quatre coins du monde. C’est en partie à cause de cela que ses relations se distendent avec les Manoutcheri et aussi avec les siens. En passant d’un listing à l’autre, on découvre les relations qu’elle a, ou pensait avoir, avec les Manoutcheri.
Le livre prend ainsi une apparence décousue. Alors que l’on est dans un souvenir, Soheila peut repartir sur une plus ou moins longue série de points. De la même manière, elle se rappelle toujours avoir entendu dans son passé à un moment une histoire racontée par quelqu’un, mais toujours interrompue. Ces anecdotes incomplètes sont placées dans le livre. Et nous aussi, comme Soheila, ne serons jamais la fin d’aucune d’entre elles.
Le tout donne un puzzle épars, qui respecte pourtant une certaine chronologie, celle des neuf souvenirs, et dresse un portrait touchant de ces familles iraniennes ayant fui l’Iran. Issu de la bourgeoisie, chacun se retrouve à devoir survivre à l’étranger, exerçant des métiers où il ne s’épanouit pas.
Philippe Blasband, en prenant comme narratrice une personne dans la même situation, mais qui s’en est mieux sorti, permet de porter un regard direct sur les Manoutcheri, en même temps que le lecteur aperçoit en filigrane la vie des Pirouzfar, la famille de Soheila. Le roman parcourt plusieurs décennies, en n’étant jamais clair sur le temps écoulé depuis le chapitre précédent. C’est au lecteur de reconstruire le temps qui passe à partir des informations données par Soheila.
Le récit mélange moments heureux, tristes, mélancoliques, et il joue de la perception des événements par Soheila, qui elle-même n’a pas assez de recul pour bien les cerner.
Philippe Blasband offre ainsi un roman étonnant, par son style, grâce au personnage de Soheila et ses listes ainsi que par son sujet, cette diaspora iranienne belge, représentée par les Manoutcheri, qui s’intègre sans jamais parvenir vraiment à trouver sa place.
La nuit est encore longue raconte une histoire touchante, qui se construit de manière inattendue par l’agrégation de souvenirs éloignés dans le temps.
528 pages – 28 €
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