Le 1er février 2026
Un très joli film sur l’amour qui commence, se termine et renaît, au cœur même d’une capitale espagnole d’une merveille absolue.
- Réalisateur : Jonás Trueba
- Acteurs : Aura Garrido, Itsaso Arana, Candela Recio, Pablo Hoyos, Francesco Carril, Rafael Berrio
- Genre : Drame
- Nationalité : Espagnol
- Distributeur : Arizona Distribution
- Durée : 1h58mn
- Date de sortie : 28 janvier 2026
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– Année de production : 2016
Résumé : Madrid. Manuela et Olmo se retrouvent autour d’un verre, après des années. Elle lui tend une lettre qu’il lui a écrite quinze ans auparavant, lorsqu’ils étaient adolescents et vivaient ensemble leur premier amour. Le temps d’une folle nuit, Manuela et Olmo se retrouvent dans un avenir qu’ils s’étaient promis.
Critique : On dit que la patience est le meilleur allié pour la création. Le film de Jonás Trueba ne contrevient pas à la règle, bien au contraire puisque l’année de production date de 2016. Il aura fallu donc dix ans d’attente pour que les spectateurs français découvrent ce petit bijou du cinéaste d’Eva en août. En tout cas, on aura eu raison de patienter car ce voyage dans le Madrid hivernal est d’une grande beauté. Un homme et une femme, la trentaine à peine, se retrouvent ainsi le temps d’une nuit, presque quinze ans après s’être aimés éperdument. Le premier vient d’emménager avec une jeune psychiatre, et la seconde s’est expatriée à Buenos Aires.
Il pourrait s’agir dans cette balade de presque deux heures du récit d’un amour qui recommence. Jonás Trueba fait œuvre d’une grande prudence et de beaucoup de subtilité puisqu’il s’en tient à la description d’une soirée, depuis un restaurant chinois jusqu’à une boîte de nuit atemporelle où les Madrilènes dansent sur des airs du début du XXe siècle. L’amour n’est pas éteint, mais le couple d’une nuit se contente d’évoquer un passé qui aurait été différent si leurs correspondances en avaient décidé autrement. Car les échanges épistolaires occupent une place très importante dans ce récit solaire, comme un appel à revisiter le passé et espérer un futur. La didascalie qui commence le film est à ce titre tout à fait évocatrice d’un futur qui compte moins que l’espérance qu’il contient.

- Copyright Los Ilusos Films
Trois parties composent ce récit impressionniste. La première, la plus longue, s’écoule à travers la période de Noël, en plein Madrid, avec ces deux êtres qui pourraient s’accorder un sursis à leurs amours adolescentes. La seconde partie raconte le retour du protagoniste à son domicile, où il retrouve sa compagne, après une superbe embardée à travers Madrid, depuis le scooter qui le ramène chez lui. Et la dernière ramène les personnages au moment de leurs quinze ans où le mystère des correspondances est révélé. Tout se tient dans un petit miracle de délicatesse où Jonás Trueba s’évertue à ne jamais brusquer les dialogues et le rythme. On pense par bien des aspects au cinéma de Maurice Pialat, en moins âpre évidemment, du fait de cette manière si particulière de construire une fiction à partir de dialogues sortis de la banalité du quotidien. La nouvelle n’a plus qu’à bien se tenir.

- Copyright Los Ilusos Films
En dépit du titre, La reconquista n’a rien à voir avec les célèbres évènements politiques espagnols. La reconquête est celle d’un amour qui aurait dû se prolonger, dans un présent auquel chacun de deux héros refuse de renoncer. Il est impossible d’échapper à la bande-son de Rafael Berrio qui interprète son propre rôle de chanteur à texte, en la personne du père de l’héroïne. Ses œuvres accompagnent tout le récit, comme des petites touches nostalgiques qui ressuscitent à chaque fois les souvenirs et les regrets.
On pourra regretter un format peut-être trop long, lequel aurait mérité quelques coupes du montage. Mais rien de grave : La reconquista se laisse regarder comme un poème amoureux où tout est fait pour donner à Madrid le statut de capitale européenne de la beauté et du romantisme, avec une mention spéciale pour ce bal Belle Époque.
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