Le 14 mars 2026
Fraîche et drôle, cette variation sans prétention d’un film de Hitchcock est un petit régal de cinéma.
- Réalisateur : Rémi Bezançon
- Acteurs : Laetitia Casta, Gilles Lellouche, Guillaume Gallienne, Matthias Jacquin, Isabel Aimé Gonzalez Sola, Jenna Knafo, Katayoon Latif, Bénédicte Choisnet
- Genre : Comédie policière
- Nationalité : Français
- Distributeur : Société nouvelle de distribution (SND)
- Durée : 1h44mn
- Date de sortie : 11 mars 2026
L'a vu
Veut le voir
Résumé : Colette, professeure de cinéma spécialisée dans l’œuvre de Hitchcock, soupçonne son nouveau voisin d’en face d’avoir tué son épouse. Réalité ou déformation professionnelle ? Son mari, François, écrivain de romans historico-policiers un peu désuets, est d’abord sceptique face à l’obsession de Colette pour ce prétendu crime. Il se laisse cependant embarquer dans cette enquête rocambolesque et, à mesure que les indices s’accumulent et que le mystère s’épaissit, ce couple ordinaire se transforme en duo de détectives hors pair. Alors, y a-t-il vraiment eu un crime au troisième étage ?
Critique : Si l’on est intéressé par l’esthétique du cinéma chez Hitchcock, il y a la possibilité de consulter multiples ouvrages sur le sujet. Mais il y a aussi ce film de Rémi Bezançon, Le crime du 3ème étage, qui plonge le spectateur dans l’univers du grand réalisateur américain, et notamment son œuvre Fenêtre sur cour. Le générique de début d’ailleurs reprend à son compte toute une série célèbre de longs-métrages du maître du suspense à travers des dessins plus que suggestifs. Mais le long-métrage est aussi et surtout une comédie policière, menée avec brio, qui met en scène un couple en pleine enquête sur le voisin, suspecté du meurtre de sa femme.

- Copyright Jerico Films - SND
Les deux héros principaux sont campés par un Gilles Lellouche et une Laetitia Casta volontairement caricaturaux. Le premier est un écrivain bougon, pas très courageux : la seconde une professeure de cinéma à la Sorbonne, téméraire et malicieuse. Ils suspectent leur voisin, dans la cour opposée à leurs fenêtres, un comédien shakespearien raté, d’avoir sauvagement assassiné son épouse. Tout ce petit monde se surveille, se méfie les uns les autres, et tentent pour l’un d’éteindre les soupçons, et pour les deux autres, au contraire, d’assouvir leur soif d’aventure. La fiction héritée des ouvrages qu’écrit François se mélange joliment à cette enquête dont évidemment le spectateur connaît l’issue finale, dès lors qu’il s’est un peu intéressé aux films de Hitchcock.
L’objectif de Rémi Bezançon est d’amuser les spectateurs. Pari réussi avec un récit mêlant suspense, enquête policière et humour. Les acteurs n’hésitent pas à gonfler les caractères de leur personnage, comme un écho assumé au théâtre de boulevard. Plus ils en font, plus le plaisir augmente. La joie est permanente, dans un Paris bourgeois et intellectuel dont le réalisateur se moque ouvertement. On ressent dans la manière de raconter l’histoire la passion du cinéaste pour Agathe Christie, et naturellement Hitchcock, avec particulièrement un petit grain qui fait penser aux films de Pascal Thomas, lequel s’avère être un des grands spécialistes de l’adaptation française du style de l’écrivaine britannique.

- Copyright Jerico Films - SND
Le crime du 3e étage n’a pas pour ambition de faire un cinéma intellectuel. L’enjeu principal est de dérouler une histoire policière, menée tambour battant, avec des comédiens qui s’amusent ouvertement à détourner le film policier dans un genre volontairement caustique et bravache. C’est donc un film du pastiche qui, de façon très intéressante, apporte aux spectateurs quelques notions d’écriture filmique. On en sait un peu plus sur les différents plans au cinéma, l’interaction entre les spectateurs et celui qui raconte l’histoire, et les procédés utilisés par les cinéastes pour manipuler les perceptions et émotions.
Le crime du 3e étage est donc un film plus sérieux qu’il n’en paraît. Pour autant, le long-métrage parvient à captiver l’attention dans une histoire ingénieuse où l’art est mis à rude épreuve. Par ailleurs, il faut rappeler aux spectateurs qu’Hamlet est une immense œuvre de théâtre, c’est-à-dire rien à voir avec ce qu’en dit joyeusement le film.
Galerie Photos
Votre avis
Pour participer à ce forum, vous devez vous enregistrer au préalable. Merci d’indiquer ci-dessous l’identifiant personnel qui vous a été fourni. Si vous n’êtes pas enregistré, vous devez vous inscrire.
aVoir-aLire.com, dont le contenu est produit bénévolement par une association culturelle à but non lucratif, respecte les droits d’auteur et s’est toujours engagé à être rigoureux sur ce point, dans le respect du travail des artistes que nous cherchons à valoriser. Les photos sont utilisées à des fins illustratives et non dans un but d’exploitation commerciale. Après plusieurs décennies d’existence, des dizaines de milliers d’articles, et une évolution de notre équipe de rédacteurs, mais aussi des droits sur certains clichés repris sur notre plateforme, nous comptons sur la bienveillance et vigilance de chaque lecteur - anonyme, distributeur, attaché de presse, artiste, photographe. Ayez la gentillesse de contacter Frédéric Michel, rédacteur en chef, si certaines photographies ne sont pas ou ne sont plus utilisables, si les crédits doivent être modifiés ou ajoutés. Nous nous engageons à retirer toutes photos litigieuses. Merci pour votre compréhension.



























