Le 22 février 2026
Si les films sur le mystère de la foi ne sont pas nouveaux, cette manière de l’aborder au travers de l’incompréhension de la famille de l’impétrante est absolument passionnante. Un beau film sobre et touchant.
- Réalisateur : Alauda Ruíz de Azúa
- Acteurs : Juan Minujin, Mabel Rivera, Patricia López Arnaiz, Blanca Soroa, Nagore Aranburu, Miguel Garcés
- Genre : Drame, Teen movie, Film pour ou sur la famille
- Nationalité : Espagnol, Français
- Distributeur : Le Pacte
- Durée : 1h58mn
- Titre original : Los Domingos
- Date de sortie : 11 février 2026
- Festival : Premiers Plans d’Angers, Festival de San Sebastián 2025
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Résumé : Ainara, dix-sept ans, élève dans un lycée catholique, s’apprête à passer son bac et choisir son futur parcours universitaire. À la surprise générale, cette brillante jeune fille annonce à sa famille qu’elle souhaite participer à une période d’intégration dans un couvent afin d’embrasser la vie de religieuse. La nouvelle prend tout le monde au dépourvu. Si le père semble se laisser convaincre par les aspirations de sa fille, pour Maite, la tante d’Ainara, cette vocation inattendue est la manifestation d’un mal plus profond …
Critique : Ainara a dix-sept ans. L’âge où l’on n’est pas sérieux, dit le poète. Ses amis, quand ils ne s’entraînent pas la chorale, profitent de leur adolescence en jouant avec les règles, en découvrant les premières pulsions amoureuses et en se cherchant un avenir. Mais pour Ainara, c’est le presque tout le contraire, dans la mesure où, à la suite d’un séjour organisé par son école dans un couvent, elle se découvre une irrésistible attirance pour Dieu.
Qu’on ne s’y trompe pas, Les dimanches n’est surtout pas un film mièvre. Alauda Ruíz de Azúa, dans cette première œuvre de cinéma, tisse l’aventure de la foi en Dieu, qui se manifeste ici par le désir de devenir religieuse, non seulement à travers le portrait de sa jeune héroïne, mais surtout celui d’un père et d’une tante, habités par la colère, qui luttent contre la révélation de leur fille et nièce. La réalisatrice prend le temps de suivre pas à pas le miracle de ce désir totalement hors norme, dans un parcours qui emprunte le doute, l’espoir, la désillusion et même la tentation d’échapper à ce qui, pourtant, semble chez Ainara plus qu’un simple caprice.

- Copyright Le Pacte
Les dimanches a passionné de nombreux festivals, remportant notamment le Concha de Oro au Festival International de Saint-Sébastien et l’Antigone d’Or au Festival méditerranéen de Montpellier. Ce n’est surtout pas un film qui s’adresse à des personnes elles-mêmes convaincues par la religion chrétienne, dans la mesure où le scénario aborde frontalement la question de la foi et celle de l’athéisme. Les deux voix sont légitimes, et l’héroïne doit alors arbitrer entre son désir intime et la pression familiale qui lui préfèrerait une brillante carrière professionnelle. Jusqu’au bout, on est persuadé que le doute l’emportera sur l’engagement de la jeune fille, grâce notamment à une mise en scène très ingénieuse qui joue avec les regards, les gestes infimes, chacun traduisant avec sobriété l’abandon ou la tentation quasi diabolique.
L’amour s’invite d’ailleurs dans ce récit entre Ainara et un jeune homme qui partage avec elle le goût de la chorale. L’attraction sensuelle qui s’immisce entre eux est filmée avec une très grande délicatesse, loin des stéréotypes qui peuvent prendre le pas dans ce genre de romance. La réalisatrice choisit de privilégier une tonalité très pudique, gracieuse ; et pour une fois les garçons ne sont pas décrits comme des lourdauds sans cœur, habités par leurs pulsions misérables. En ce sens, la fiction emprunte la voix de la tolérance, du non-jugement, sans pour autant poser les problèmes que ce genre de situation peut générer.

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Au-delà du personnage d’Ainara magnifiquement interprété, on trouve le personnage de la tante qui donne au film une perspective très intéressante. Cette femme trompe son mari, et donne à voir un caractère trempé. Pourtant, dans les premiers temps, c’est elle qui semble la moins opposée à la vocation future de sa nièce, mais peu à peu elle est envahie par des pulsions d’une rare agressivité. C’est dire combien la réalisatrice ne cède pas aux ficelles du mélodrame : elle a à cœur d’offrir un récit complexe, très écrit, qui dépeint toutes les fragilités et forces de l’ensemble des personnages. La famille est au centre de la fiction, faisant penser au célèbre adage d’André Gide "Familles, je vous hais."
Les dimanches s’affiche comme un film d’une grande sobriété, qui dénoue dans près de deux heures le fil périlleux de la foi religieuse. Clairement, Alauda Ruíz de Azúa pose la question du risque sectaire dans les organisations religieuses ; elle parvient avec beaucoup de nuances à faire la démonstration du contraire, tant la liberté intérieure habite les religieuses du couvent et le jeune prêtre qui accompagne Ainara. Un coup de maître dans un film hautement maîtrisé.
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