Le 20 mai 2026
Un film rare, d’abord parce que népalais, ensuite parce qu’il aborde la question des personnes transsexuelles dans un pays où l’on s’imagine que la question n’est socialement pas simple. Une réussite incontestable.
- Réalisateur : Abinash Bikram Shah
- Acteurs : Pushpa Thing Lama, Deepika Yadav, Jasmin Bishwokarma, Aliz Ghimire
- Genre : Comédie dramatique, LGBTQIA+
- Nationalité : Français, Allemand, Norvégien, Brésilien, Népalais
- Distributeur : Arizona Distribution, Les Valseurs
- Durée : 1h43mn
- Titre original : Elephants in the Fog
- Date de sortie : 23 septembre 2026
- Festival : Festival de Cannes 2026
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– Festival de Cannes 2026 : Sélection officielle, Un Certain Regard
Résumé : Dans un village népalais niché au cœur d’une forêt peuplée d’éléphants sauvages vit une communauté kinnar aussi vénérée que crainte pour ses pouvoirs de bénédiction et de malédiction. Pirati, l’une des mères de la communauté, rêve de s’échapper avec l’homme qu’elle aime. Mais lorsqu’une de ses filles disparaît, elle se doit mener l’enquête et choisir entre son désir de liberté et ses responsabilités envers sa communauté.

- © 2026 Festival de Cannes
Critique : Le cinéma s’intéresse de plus en plus à la question transsexuelle. En atteste le prix Un Certain Regard attribué en 2025 au film chilien Le mystérieux regard du flamant rose du réalisateur Diego Céspedes. De nouveau, la sélection du Certain Regard donne la voix à des personnes transgenres, mais dans un pays, le Népal, où à première vue on imagine que l’inclusion n’est pas des plus aisées. En l’occurrence, le film présente une communauté hindouiste qui habite un village reculé, et composée exclusivement d’hommes devenus des femmes. Le principe veut que chaque adhérente a le droit à la protection par le biais de la nomination d’une mère, mais qu’en échange, elle s’oblige à ne pas avoir de rapport sexuel, sans doute en réaction à la problématique de prostitution.

- Copyright Underground Talkies Nepal / Les Valseurs
Par contre, Les éléphants dans la brume revêt un esprit beaucoup plus dramatique que le film de Céspedes. Certes, l’enjeu de la discrimination est aussi présent, mais dans une tonalité plus sombre où il est question d’éléphants, à proximité du village, qui se révèlent dangereux pour les habitants. Le long-métrage mêle donc plusieurs sujets comme la cohabitation des animaux sauvages avec les humains, le jugement social porté contre les transsexuels, mais aussi la question du libre arbitre des communautés au Népal. Une histoire d’amour parcourt le récit, entre celle qui est pressentie pour devenir la prochaine cheffe de la communauté Kinnar, Pirati, et un musicien avec lequel, ses filles et elles ont l’habitude d’animer les mariages. Il se pose donc pour elle l’interdit de la relation sexuelle qu’elle a transgressé, provoquant, dans sa famille spirituelle, une disparition tragique.

- Copyright Underground Talkies Nepal / Les Valseurs
Abinash Bikram Shah réalise son premier long-métrage après s’être essayé au format court qui lui a déjà valu une reconnaissance cannoise. C’est dire le talent de ce jeune Népalais qu’on retrouvera sans aucun doute dans les films en compétition officielle dans les prochaines années. Le courage de choisir un tel sujet dans un pays peu réputé pour son tolérance en matière de mœurs, témoigne d’une authenticité et d’un engagement artistiques exceptionnels. Réaliser un film relève du parcours du combattant, mais le faire au Népal sur la question de la transidentité et le présenter à Festival de Cannes relève de l’exploit.
Le cinéaste fait un film de femmes qui cherchent à trouver leur place au sein d’une société marquée par la discrimination. On perçoit que l’objectif dénoncé par le cinéaste demeure celui de lutter contre la prostitution, manifestement seule voie de sortie quand on est transsexuel au Népal. Ce cinéma engagé n’empêche pas des images très belles, une approche cinématographique très intéressante, notamment lorsqu’il s’agit d’appréhender les scènes de forêts et les rencontres avec les éléphants majestueux. De plus, le long-métrage permet d’ouvrir une fenêtre sur l’hindouisme et ses multiples rites poly-déistes, et en l’occurrence celui de cette communauté particulière, vantée pour ses pouvoirs mystiques, et rejetée du fait de ses membres transgenres. Les éléphants dans la brume est une œuvre d’une grande force, qui devrait permettre à la création népalaise de trouver davantage de représentants sur les écrans du monde.
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