Le 30 mars 2026
Des actrices au top dans une réalisation qui flirte hélas avec des airs de déjà-vu sur un écran de cinéma.
- Réalisateur : Bérangère McNeese
- Acteurs : Jonas Bloquet, Anne Coesens, Héloïse Volle, Bilel Chegrani, Shirel Nataf, Hugo Dillon, Yowa-Angélys Tshikaya, Mona Berard, Alba D’Abbundo, Olympe d’Abbundo
- Genre : Drame
- Nationalité : Français, Belge
- Distributeur : Memento Distribution
- Durée : 1h36mn
- Âge : Avertissement : des scènes, des propos ou des images peuvent heurter la sensibilité des spectateurs
- Date de sortie : 25 mars 2026
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Résumé : Héloïse n’a nulle part où aller. Elle fait la rencontre de Mallorie qui lui propose de l’héberger dans l’appartement qu’elle partage avec deux autres jeunes femmes. Héloïse va trouver là un nouveau foyer et une nouvelle famille. Mais leurs blessures passées menacent l’équilibre fragile entre ces femmes en apparence si solides.
Critique : Héloïse a exactement quinze ans et se retrouve à la rue, depuis le foyer où elle vit, et surtout au sein duquel elle entretient une relation amoureuse avec l’un des éducateurs. Alors qu’elle décide de voler pour trouver quelques subsides, elle est secourue par une jeune au caractère bien trempé, qui l’amène dans un appartement au dernier étage, où avec d’autres jeunes filles, elle partage un bout du ciel. Voilà en quelques mots le pitch résolument social qui met en scène quatre actrices dans des rôles de jeunes femmes battantes, à la limite de l’exclusion sociale. Et pour cause, l’une d’entre elle est une rescapée de la toxicomanie, là où les trois autres gagnent leur vie en massant des hommes dans une boîte de nuit.

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En fait, quand on analyse de près le scénario, force est de constater que l’histoire n’a rien de crédible. D’abord, la fugue d’une adolescente de quinze ans ne reste jamais sans conséquence, et encore moins les relations inappropriées entre un adulte et un pensionnaire mineur. Tout le reste sent la grosse ficelle narrative. Et pourtant, grâce à l’interprétation lumineuse des comédiennes, le spectateur s’immerge dans cette histoire avec une grande empathie pour ses personnages. Elles détonnent vraiment, avec un rythme, une présence devant la caméra, une fougue qui les rendent solaires. Il faut avouer qu’à elles seules, elles font la réussite du long-métrage qui aurait pu se résumer à un fiasco d’invraisemblances.
Des quatre interprètes, la plus remarquable demeure Shirel Nataf. Elle incarne une jeune femme qui est loin d’avoir froid aux yeux. Frondeuse, attachante, rebelle, et intègre, elle illumine proprement l’écran. On l’avait tout autant adorée dans Ma frère de Lise Akoka et Romane Gueret, où elle interprétait une post-adolescente qui tentait son premier camp de colo comme animatrice. L’actrice montre une aisance devant la caméra, et une capacité à brûler l’image. Les trois autres ne déméritent pas mais, il faut le dire, c’est Shirel Nataf qui tient le haut de l’écran.

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Les filles du ciel est loin d’être un film original. Les drames autour de jeunes femmes révoltées sont nombreux sur les écrans, et on a encore en tête de grands films qui se plaisaient à dresser le portrait de frondeuses. On pense au mythique La vie rêvée des anges à la suite duquel Érick Zonca a eu du mal à rebondir en tant que cinéaste important. Rien de nouveau sous le soleil avec ce scénario écrit par Bérangère McNeese elle-même, qui ne résiste pas aux écueils du mélodrame. On ne croit surtout pas un mot de cette escapade d’un foyer pour mineurs, de ces massages furtifs en discothèque apparemment grassement rémunérés, ou de l’équilibre du foyer occupé par ces quatre filles et un bébé.
Mais la sororité a de l’avenir sur les écrans de cinéma. Les filles du ciel se présentent presque comme un film féministe qui donne la part belle à l’amitié entre filles. Les hommes d’ailleurs occupent des rôles plutôt mineurs, a fortiori ce beau Nicolas, éducateur spécialisé, empêtré dans une relation nocive avec une mineure. Manifestement, Bérangère McNeese ne commente pas vraiment la nature de cette liaison, laissant le spectateur se faire sa propre idée de la moralité des faits.
Les filles du ciel ne révolutionnera pas le cinéma belge et français. Mais tout de même, on passe une heure et demie plutôt agréable, dont on ressort avec le doux sentiment que l’avenir du monde pourrait appartenir aux femmes.
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