Le 2 février 2026
Raymond Aron (1905-1983) écrit ses mémoires au crépuscule de sa vie, en 1982. Il revient sur le contexte familial de sa jeunesse et surtout son parcours professionnel. Il raconte la montée du nazisme, la Seconde Guerre mondiale, l’après-guerre, le gouvernement de Gaulle, mai 68, la crise pétrolière et l’élection de François Mitterrand... Cela donne une somme parfois complexe à lire mais toujours intéressante, mêlant réflexion philosophique et analyse géopolitique. Ce livre nous amène à réfléchir sur notre société.
- Auteur : Raymond Aron
- Editeur : Robert Laffont
- Nationalité : Française
- Date de sortie : 9 octobre 2025
- Plus d'informations : Le site de l’éditeur
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Résumé : « Mémoires » commence en 1905, à la naissance de Raymond Aron. Il nous parle de son enfance et surtout de son rapport avec ses parents et ses deux grands frères. À l’époque, il était bien loin de savoir que sa vie relierait philosophie, économie politique et sociologie et qu’il rencontrerait certaines grandes figures du XXe siècle...
Critique : Raymond Aron raconte sa vie, et plus précisément ses différents métiers. Il évoque sa jeunesse, parle de son mariage et de la perte d’un de ses propres enfants, de son embolie en 1977, mais tout cela occupe peu de place par rapport aux souvenirs professionnels, de l’École normale jusqu’à ses métiers d’enseignant, de journaliste et surtout d’auteur. Pourtant, dans le touchant épilogue de ce recueil, Raymond Aron n’oublie pas sa famille et le soutien qu’elle lui apporte et lui a toujours apporté.
Sur plus de neuf cent pages, on découvre son approche de l’Histoire. En se fondant sur un bagage philosophique très solide, Raymond Aron, tout au long de sa vie, a tenté de prendre du recul sur les événements géopolitiques et sociétaux pour y jeter un regard lucide. Est-ce cela qui lui a valu la réputation d’être un homme glacé ? Se tenant, à quelques exceptions près, à l’écart du pouvoir, il jette un œil toujours critique sur les actions menées par les gouvernements de droite ou de gauche. Sans réserve, il rejette les extrêmes, nazisme ou communisme, qu’il a connus lors de la guerre et des années qui ont suivi. Il explique pourquoi ces idéologies ne peuvent aboutir au bien-être de l’humanité. En effet, si ses examens sont minutieux et ont parfois la dent dure, s’il fait ressortir les faiblesses des politiques de tous bords qui se succèdent au pouvoir, il ne s’agit pas d’un nihilisme assumé. Au contraire, Raymond Aron souhaite critiquer pour aller de l’avant et s’améliorer, réfléchir à ce qui aurait été possible de faire afin de ne pas commettre les mêmes erreurs. C’est un message d’espoir que nous livre l’auteur.
Ses analyses proviennent souvent de réflexions poussées, de recherche d’informations et d’échanges avec des experts pour comprendre les véritables enjeux apparents ou souterrains des conflits mondiaux.
Dans ses mémoires, Raymond Aron garde sur son travail cette même distance qu’il a eue sur les crises politiques ou économiques du XXe siècle. Il juge avec recul ses articles, ses cours et explique ce qu’il changerait, ce qu’il garderait aujourd’hui.
Pour toutes ces raisons, ce livre est passionnant, mais en plus de cela, Raymond Aron a été un temps l’ami de Jean-Paul Sartre, qu’il a connu à l’École Normale ; il a échangé avec André Malraux, Charles de Gaulle et d’autres dont les noms surgissent au fil des pages. Il nous donne à voir un autre visage de ces grands hommes, plus intime.
Par contre, si vous n’êtes pas familier avec l’épistémologie, la sociologie, un dictionnaire pourrait vous être utile, car Raymond Aron manie ses concepts avec aisance, oubliant parfois que son lecteur n’est peut-être pas aussi expert que lui. Ces idées font partie de sa culture et nourrissent sa pensée.
Ce qui donne une assise encore plus solide à son regard couvrant les années 1920-1980.
Raymond Aron découpe son livre en cinq parties. Chacune couvre plusieurs années, mais le découpage en chapitres est axé souvent sur un thème, comme la crise de mai 1968, ou la guerre d’Algérie. À chaque fois, on parcourt la période et, pour le chapitre suivant, on revient donc en arrière pour reprendre ces années sous un autre angle. Cela implique des aller-retours, ce qui peut à un moment créer un effet de répétition. Mais comment éviter cet écueil alors qu’il traite d’une vie foisonnante liée aux géopolitiques française, européenne, voire mondiale ? Il y avait d’autres solutions, mais elle sauraient eu également leurs défauts.
Mémoires permet de découvrir l’un des grands penseurs du siècle, capable de faire preuve de recul pour analyser les moments historiques de son époque tout comme sa propre vie.
960 pages – 15 €
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