Les vieux
Le 15 janvier 2004
Quand un retraité, veuf de surcroît, se paye le "road movie" de sa vie. Hilarant grâce à un Nicholson en état de grâce.

- Réalisateur : Alexander Payne
- Acteurs : Kathy Bates, Jack Nicholson, Hope Davis
- Genre : Comédie dramatique
- Nationalité : Américain
- Editeur vidéo : Seven sept
- Festival : Festival de Cannes 2002

Durée : 2h05mn
Titre original : About Schmidt
Jack Nicholson incarne Warren Schmidt, un jeune retraité qui a du mal à accepter sa nouvelle inactivité. Son quotidien moribond va basculer lorsque sa femme succombe d’une rupture d’anévrisme. Perdu, Warren part sur les routes pour retrouver sa fille unique, sur le point de se marier avec un white trash pur et dur. En même temps, il (se) raconte son odyssée à un Ndugu, un petit Tanzanien qu’il parraine via une aide humanitaire...
Cruel, tendre, émouvant, hilarant... Tels sont les adjectifs qui peuvent définir ce Monsieur Schmidt. Cruel parce qu’il n’hésite pas à conspuer ses proches (sa femme en particulier avec cette réplique choc : "Que fait cette vieille femme dans mon lit ?"). Tendre parce que une fois esseulé, il n’hésite pas à traverser les Etats-Unis pour renouer contact avec sa fille unique perdue chez les whites trashes (les bons ploucs américains). Emouvant parce qu’il n’hésite pas à se ridiculiser pour décrocher sa part de bonheur. Enfin hilarant, parce que Warren Schmidt n’a pas son pareil pour déclencher nos fous rire (libéré de sa femme, il découvre les joies de faire enfin pipi debout (sic)).
Alexander Payne s’en donne à cœur joie, malmenant ses compatriotes et leurs traditions, le mariage, la famille. On frôle parfois le cynisme, mais on en redemande, on passe du fou rire aux larmes, accroché à Jack Nicholson qui vampirise littéralement le film. Loin de ses cabotinages d’antan, il EST Warren Schmidt, tour à tour consterné, résigné ou ému jusqu’aux larmes.
Avec Monsieur Schmidt, on assiste à la naissance d’un jeune talent. On peut même féliciter Alexander Payne de se pencher avec autant d’aisance sur un sujet aussi peu glamour que les retraités. D’où cette pointe de tristesse qui accompagne cette comédie, en adéquation finalement avec les questions existentielles que peut se poser une personne âgée. Avec un Hollywood qui prône le jeunisme dans 99% de ses productions, un film comme Monsieur Schmidt est une bouffée d’air frais salvatrice.
On sera nettement moins emphatique avec les suppléments, qui frisent le foutage de gueule : interview minimale du réalisateur, quelques scènes coupées pour la forme, et des exemples de génériques non retenus par la production. Monsieur Schmidt aurait mérité mieux...
Le DVD
Edition 1 DVD
Format cinémascope 1.85 16/9 anamorphique compatible 4/3
Chapitré
Couleur
Audio Dolby Digital français 5.1, anglais 5.1
Tous publics
Galerie photos
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minime 21 avril 2007
Monsieur Schmidt
« queen »
Vieillesse, mort, solitude, le triptyque magique d’un film divertissant à souhait était réuni dans « Monsieur Schmidt ». Et vous savez quoi ? C’est un beau film !
Comme dans « Sideways » Alexander Payne est très bon dans la retenue et la subtilité. Pourtant, le scénario était casse-gueule : prisonnier de son travail et de sa femme, Nicholson est libéré de l’un par la retraite et de l’autre par la mort. Rien que ça ! Délesté de cette double servitude, apparaît alors la solitude, immense, béante, omniprésente. Et l’abandon, le relâchement. Schmidt se rend au mariage de sa fille dans son mobil home, une traversée de l’Amérique et un voyage intérieur.
Jack Nicholson campe un Monsieur Schmidt épatant, n’en faisant jamais trop avec son jeu pince-sans-rire à la Buster Keaton. Il porte le film sur ses épaules voûtées. Ce Nicholson-là qui joue le rôle d’un veuf usé, vieilli, fatigué est-il le même qui jouera plus tard le mafioso démoniaque des Infiltrés ? Comme le Joker de Batman, le grand Jack a décidément plusieurs visages !
Mais il n’y a pas que lui. Kathy Bates est touchante en vieille amazone sur le retour, n’hésitant pas (comme Nicholson) a montré sa nudité à la caméra. Par les temps qui courent, où mêmes les jeunes stars recourent très tôt à la chirurgie esthétique, il y a quelque chose de rafraîchissant à voir des peaux fripées à l’écran.
Monsieur Schmidt est un film anachronique et salutaire, un peu comme Space Cowboys de Clint Eastwood, mais en réussi.