Le 27 septembre 2026
Un tandem féminin de haute volée pour une comédie aussi sarcastique que tendre sur les coulisses du monde du cinéma.
- Réalisateur : Marc Fitoussi
- Acteurs : Isabelle Huppert, Sandrine Kiberlain, Diane Kruger, Bernard Verley, Anne Marivin, Ana Girardot, Emmanuelle Bercot, Hugo Becker, Vincent Dedienne, Florence Muller, Eva Huault, Thomas Jolly
- Genre : Comédie
- Nationalité : Français, Belge
- Distributeur : Memento Distribution
- Durée : 1h55mn
- Date de sortie : 7 octobre 2026
- Festival : Festival du Film Francophone d’Angoulême 2026, Festival de Locarno 2026, Festival du film de Toronto 2026, Festival international du film de Namur , Festival du film de Saint-Jean-de Luz 2026
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Résumé : Corinne Maclou est figurante. Elle enchaîne les tournages avec l’espoir d’être remarquée et de décrocher enfin un vrai rôle. Lorsque son chemin croise celui de Sandrine Kiberlain et qu’une relation commence à se nouer entre les deux, Corinne espère concrétiser son rêve. Mais la célèbre actrice va-t-elle vraiment l’aider à se faire une place au sein de la grande famille du cinéma ?
Critique : Depuis son premier film La vie d’artiste en 2007, suivi en 2009 du documentaire Des figurants, Marc Fitoussi s’intéresse à la vie de ces célébrités dont le parcours fascine un petit peuple toujours prompt à leur imaginer une existence plus paradisiaque qu’elle ne l’est en réalité, mais à laquelle il aspire néanmoins.Et cette fois, il pousse le curseur un peu plus loin en choisissant des comédiens — Sandrine Kiberlain, Anne Marivin, Emmanuelle Bercot, Diane Kruger, Ana Girardot, Vincent Dedienne, Hugo Becker — assez audacieux pour jouer sous leur propre nom sans craindre la contrefaçon, laissant à Isabelle Huppert le soin de s’amuser et de nous amuser dans ce rôle à contre-emploi de figurante aussi persévérante qu’embarrassante. Il ne s’agit ici ni de plaindre ni de blâmer ces personnages, mais bien plutôt de poser un regard empreint de tendresse et de dérision sur un monde décalé, où l’égocentrisme, la trahison et l’hypocrisie s’entrechoquent avec le doute, la peur de l’isolement et l’insatiable besoin d’être reconnu et aimé.

- Crédit : Avenue B
Pourtant, c’est à ce monde que Corinne Maclou (Isabelle Huppert) tient à accéder. Elle distribue son CV à toute personne susceptible de l’aider : stars, seconds rôles, techniciens. Elle se fait souvent rabrouer, quelquefois humilier, mais ne se décourage pas pour autant. Car elle en est convaincue : elle est faite pour jouer et, un jour, le destin lui sourira. Il aurait été facile d’en faire un souffre-douleur. Mais le récit préfère en faire une battante que son obstination finit par rendre attachante. Et c’est sans doute dans cette confrontation entre deux univers, a priori opposés, que se niche toute l’émotion. Les figurants considèrent ces stars qu’ils admirent et à qui ils rêvent de ressembler comme des privilégiés, dotés de quelques pouvoirs supérieurs. Un échange de paroles, une attention même minime suffisent à laisser espérer qu’un rapprochement est amorcé. En revanche, pour la personnalité ainsi sollicitée, l’insistance de la part de quelqu’un dont elle ne sait rien peut être vécue comme une agression. Pendant que l’une aspire à la reconnaissance, l’autre s’interroge sur sa capacité à exister en dehors de sa renommée. Une situation équivoque qui sert de terreau à un désarroi commun, autour duquel se décline un patchwork de sentiments qui, si enchevêtrés soient-ils, ne ternissent jamais l’ambiance.

- Crédit : Claudine Levanneur
Car c’est bien cette asymétrie entre une Isabelle Huppert inattendue sous les traits de cette figurante maladroite et naïve et une Sandrine Kiberlain plus vraie que nature dans la peau d’une diva froide, nombriliste et déconnectée de la réalité, qui fait tout le sel de cette comédie caustique, mais jamais blessante. Au cœur de ce duo convaincant, l’incursion d’un trouble-fête, incarné à la perfection par Anne Marivin, n’édulcore en rien la cruauté d’un monde hautement hiérarchisé, où celles qui sont en haut de l’affiche ont tous les droits et écrasent de leur supériorité celles qui restent au second plan, sans oublier les laissées-pour-compte qui, faute de maîtriser les bons codes, ne franchissent jamais le cercle très fermé de ce club VIP, malgré leur talent.
Présenté en ouverture du Festival du film francophone d’Angoulême 2026, Ni vue, ni connue séduit par son intelligence à capter les mirages et la vulnérabilité d’un monde idéalisé, sans jamais s’ériger en censeur.
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