Le 6 octobre 2026
- Réalisateur : Alexandre Arcady
- Distributeur : Maverick Distribution
- Festival : Festival International du Cinéma et Musique de Film de La Baule
– Sortie en salles : 7 octobre 2026
Nous avons échangé avec le réalisateur autour de son nouveau film, à l’occasion du Festival de Musique et Cinéma de La Baule.
Alexandre Arcady est un amoureux du cinéma, des grandes émotions et des acteurs. Il nous le prouve encore dans l’entretien qu’il nous a accordé lors de l’avant-première mondiale de son nouveau long métrage, Fausse note, au Festival de Musique et Cinéma de La Baule.
Si votre film est prenant, c’est parce qu’on ignore où il nous emmène. On a d’abord l’impression d’être dans une comédie digne de L’Emmerdeur puis on bifurque vers le thriller…
Je voulais raconter une histoire qui soit avant tout un affrontement. Un affrontement entre deux acteurs dans un huis clos incroyable, comme ces duos d’acteurs qui nous ont bercé et ont fait de nous les cinéphiles que nous sommes, de Laurel et Hardy, en passant par de Funès et Bourvil, ainsi que Lino Ventura et Alain Delon, ou encore Jerry Lewis et Dean Martin. Il me fallait donc trouver un sujet fort, progressif, qui nous mène, par un chemin détourné, vers quelque chose qu’on ne soupçonne pas, où la vérité va surgir. Dès lors, il me fallait trouver deux comédiens qui brouillent un peu les cartes dès le départ et ne soient donc pas forcément désignés pour jouer ce type de rôles.
Justement, comment Kad Merad et Benoît Poelvoorde se sont-ils imposés ?
Ma première idée a été de me tourner vers Kad Merad dont j’aime la faculté de jouer à la fois le clown blanc et l’auguste noir. Il est aussi crédible dans Bienvenue chez les Ch’tis que dans Baron Noir. Il a une puissance de vérité et j’avais envie de travailler avec lui depuis longtemps. C’est ce qui m’intéresse le plus au cinéma : la direction d’acteurs. Je suis venu au cinéma pour cela. Hitchcock disait : « Je place ma caméra là où je vois le mieux, je laisse jouer les acteurs et s’ils sont bons, je me rapproche d’eux. » Ici, j’ai eu la chance d’avoir des interprètes qui m’ont offert tellement d’émotions, de plaisir, et même de rires par moments, que j’avais envie de m’approcher d’eux tout le temps. Kad a accepté immédiatement en me disant que c’était important de faire ce film. Dès lors, qui mettre face à lui ? Kad m’a soufflé le nom de Benoît car il rêvait de tourner avec lui. Je l’ai rencontré et il s’est montré hésitant parce qu’il craignait de ne pas être crédible en chef d’orchestre. Et c’est Kad qui a trouvé le chemin en lui disant : « Tu n’es pas chef d’orchestre, tu fais semblant, comme dans toute chose dès lors que tu joues un rôle. » Et effectivement, Benoît dirige son orchestre avec une maestria incroyable. Voilà comment je me suis retrouvé entouré par deux acteurs n’ayant a priori pas l’habitude d’être « casté » pour ce genre d’histoire, qui part de la comédie puis bifurque vers le suspense, pour finalement arriver à la tragédie.

- © Maverick Distribution
Comment avez-vous conçu votre mise en scène pour amener de la tension à travers les décors, le cadrage, la direction d’acteurs ?
J’ai d’abord et avant tout pensé Fausse note comme une invitation au cinéma car c’est un film de cinéma, où la technique est mise à la disposition des acteurs, dans ce décor majestueux qu’est l’Opéra-comique de Paris. On trouve quelque chose de flamboyant dans ce lieu, qui finit par se transformer en une sorte de mausolée, qui devient d’ailleurs le mausolée de leur histoire. Je tenais aussi à ce que Paris soit sous la neige pour apporter à cette histoire une dimension proche du conte. Cela a été un pari d’autant plus fou que nous avons tourné en plein mois d’août (rires). Ce décor est à la fois un refuge et une prison. Ils s’y enferment. Le principe est que Kad Merad est d’abord comme un fan à la manière d’un Jacques Brel dans L’Emmerdeur, puis il se transforme progressivement pour devenir un personnage un peu trouble, puis on comprend pourquoi il est là et pourquoi ils se sont enfermés dans cet endroit. Le décor est là pour leur donner le cadre mais le cinéma nous permet de déambuler. J’ai appris avec l’expérience que l’on n’a pas besoin de faire de l’esbroufe avec une caméra. Il suffit de filmer ce que l’on souhaite, de donner le rythme que l’on veut, de ne jamais ennuyer le spectateur, et donc de faire un film de cinéma. C’est ainsi que j’ai conçu Fausse note, qui s’inscrit dans la lignée d’un film comme Garde à vue où, tout d’un coup, se joue la vie des hommes dans un face à face qui fait rire au début et émeut à la fin. Mais au fond, le cinéma c’est quoi ? C’est rire et pleurer. C’est ce que je voulais ici : on rit au début, puis on grince un peu des dents, avant d’être sidéré, fasciné, et d’éclater en sanglots.
En somme, lorsqu’on vous écoute : le cinéma est un voyage !
Les plus grandes émotions que j’ai eu au cinéma, c’est lorsque je découvrais un film dont je ne savais rien. Aujourd’hui, la promotion donne souvent trop d’éléments. J’aime qu’on me prenne par la main pour me faire voyager et sortir d’une salle en étant rempli par une histoire, avec des images qui me reviennent. C’est comme cela que je conçois le cinéma : ces moments de partage d’émotions que le metteur en scène et les acteurs nous offrent. Cela revient à ma première émotion de cinéma que j’ai d’ailleurs filmé dans mon précédent film, Le Petit blond de la casbah. J’ai eu la chance de découvrir Jeux interdits comme premier film. J’ai été transcendé. À tel point qu’au fond de moi, j’avais scellé mon destin de cinéaste en voyant ce long métrage.
Propos recueillis par Nicolas Colle
Galerie Photos
aVoir-aLire.com, dont le contenu est produit bénévolement par une association culturelle à but non lucratif, respecte les droits d’auteur et s’est toujours engagé à être rigoureux sur ce point, dans le respect du travail des artistes que nous cherchons à valoriser. Les photos sont utilisées à des fins illustratives et non dans un but d’exploitation commerciale. Après plusieurs décennies d’existence, des dizaines de milliers d’articles, et une évolution de notre équipe de rédacteurs, mais aussi des droits sur certains clichés repris sur notre plateforme, nous comptons sur la bienveillance et vigilance de chaque lecteur - anonyme, distributeur, attaché de presse, artiste, photographe. Ayez la gentillesse de contacter Frédéric Michel, rédacteur en chef, si certaines photographies ne sont pas ou ne sont plus utilisables, si les crédits doivent être modifiés ou ajoutés. Nous nous engageons à retirer toutes photos litigieuses. Merci pour votre compréhension.




































