Critique

CINÉMA

The passenger

Laissé inachevé au Japon

Le 12 juillet 2006

The passenger est un spécimen rare : un film qui pèche par défaut de radicalité.

  • ranx 12 juillet 2006
    The passenger

    J’ai vu le film en avant-première et il y avait bien longtemps que je n’avais pas vu une telle accumulation de clichés dans la catégorie "premier film d’auteur". Pour exemple :

    - Un quart du film, les acteurs fument des clopes en regardant le vide (le micro capte leur inspiration, c’est passionnant). ça donne un côté Jarmusch au début (bon, au bout de la trentième clope des persos (ils fument tous, ça fait ce que la clope fait de mieux : ça comble un vide)

    - Un autre quart, le réal filme des routes (en silence)

    - Le troisième quart montre des gens qui font l’amour sans y prendre aucun plaisir (c’est un exutoire, tu vois, dans la vie, il n’y a pas de plaisir...)

    Enfin, pour le dernier quart, les acteurs improvisent au téléphone (et c’est très très chiant car sans intêret aucun). Mention spéciale à l’actrice japonaise qui appelle l’hôpital pour demander des nouvelles de son père, tout en bouffant des céréales (c’est censé être sensuel ? )

    On voit aussi des gens qui marchent dans des couloirs de dos (dieu ce que c’est long un couloir) / dans des galeries / dans des entrepots / dans la neige.

    Au niveau sensualité, ou alors je suis très exigeant, ou vous êtes facilement ému mais moi perso, j’ai eu l’impression de regarder des cadavres, pas des acteurs, pas le moindre soupçon d’érotisme dans ces lumières crues, dans ces corps...

    Je passe sur les effets comiques involontaires du genre ’j’arrive à m’approcher discrètement d’un type pour l’assomer alors que je marche dans la poudreuse et qu’elle fait un bruit démentiel quand je m’en vais".

    Ce film est un catalogue de tout ce qu’il y a de plus nul dans le cinéma français auteurisant qui se regarde filmer et oublie juste que les fauteuils de cinéma ne sont pas là pour faire jolis. Ils servent juste à poser les fesses des spectateurs à qui le film est censé transmettre une émotion (la plus minimale soit-elle). Accessoirement, avoir un point de vue en tant que réal, peut être intéressant aussi...

    Ici, on nous parle de radicalité. Je pencherais plutôt pour du vide intersidéral, un réel manque d’inspiration (on voit plusieurs fois les mêmes scènes jouer par d’autres). Par essence, un film "silencieux" ne me dérange pas (voir le magnifique "Hana Bi" qui sait transmettre des émotions en un regard), il faut juste que je ressente quelque chose, que j’ai l’impression que l’on veuille bien me dire quelque chose quand bien même je dois me débrouiller pour trouver la clé narrative. Ici, zip, nada, rien...

    Même la télé réalité a plus d’émotion que cet aquarium auteurisant qui accumule le maximum de clichés (ex les djeuns qui d’un coup, sans raison, mettent la musique à fond et font des tours en voiture en rigolant (ils ont l’air de s’amuser, eux au moins).

    A conseiller à son pire ennemi

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