Le 16 mai 2026
Si le sujet actuel des violences sexuelles interpelle, le traitement de la réalisatrice se perd parfois dans des circonvolutions narratives pas toujours pertinentes. Mais Léa Seydoux est magnifique dans un rôle ingrat.
- Réalisateur : Marie Kreutzer
- Acteurs : Catherine Deneuve, Léa Seydoux, Jella Haase, Sylvester Groth, Katharina Lorenz, Laurence Rupp
- Genre : Drame, Film pour ou sur la famille
- Nationalité : Français, Allemand, Autrichien
- Distributeur : Ad Vitam
- Durée : 1h54mn
- Festival : Festival de Cannes 2026
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– Festival de Cannes 2026 : Sélection officielle, En compétition
Résumé : Lucy et Philip sont heureux, ils viennent d’emménager avec leur fils dans une maison de campagne près de Munich. Un matin, leur vie bascule lorsque la police se présente à leur domicile pour arrêter Philip et saisir ses ordinateurs. Bouleversée, Lucy cherche la vérité sur son mari. Qui est-il réellement ? Doit-elle l’éloigner de son fils ?

- © 2026 Festival de Cannes
Critique : Parler de violences sexuelles commises contre les femmes ou les enfants au cinéma n’est pas nouveau. Sauf que Marie Kreutzer emprunte une voix assez nouvelle pour traiter le sujet en prenant le point de vue d’une épouse dont le mari est arrêté pour des présomptions de pédopornographie. D’ailleurs, si les toutes premières séquences installent la situation générale du couple, le scénario rentre très vite dans le corps du sujet avec l’irruption au domicile familial de la police qui saisit les ordinateurs de Philip. Et Lucy ne tarde pas à connaître les raisons de cette enquête puisqu’en prenant l’ascenseur du commissariat, elle se rend compte qu’elle a rendez-vous avec le service spécialisé en atteintes sexuelles de mineurs sur Internet.
Gentle Monster tire son titre d’un pseudonyme dont s’est affublé un auteur de ces crimes sur la toile. Marie Kreutzer, et c’est heureux, refuse d’approfondir les moyens numériques que ces délinquants sexuels utilisent pour arriver à leurs fins ou d’introduire des images de violences sexuelles contre des enfants pour démontrer de la vraisemblance du propos. Toute son entreprise est centrée autour de l’épouse de l’auteur présumé qui doit non seulement avaler la pilule, mais surtout se résigner à détester son époux. Le film d’ailleurs montre avec un certain brio que ce type de crime concerne toute les classes sociales, dont un milieu aisé et bourgeois, comme c’est le cas pour cette fiction.

- © Frédéric Batier_Film AG © Ad Vitam
Léa Seydoux incarne l’épouse malheureuse. Dès qu’elle apprend la raison de l’arrestation de Philip, elle prend le parti de quitter le domicile familial pour s’installer chez sa mère. En même temps, elle est chanteuse et n’a guère de revenus en dehors de celui procuré par des salles pleines. Mais manifestement, l’argent ne semble pas un sujet dans ce récit où les maisons sont toutes grandioses. On peut toutefois imaginer que quitter un domicile familial du jour au lendemain peut se révéler impossible pour de pures raisons économiques, mais Marie Kreutzer évince le sujet. De même, elle n’aborde que trop peu le doute qui étreint Lucy sur la culpabilité de son mari. Mais Léa Seydoux fait très bien le job. Elle demeure, comme à son habitude, très sobre dans l’interprétation de ce personnage ravagé par cet évènement tragique.
Le scénario suit aussi les aventures personnelles d’une enquêtrice qui a confié son père aux soins d’une aide à domicile. L’homme se révèle assez vite brutal et dangereux à l’égard de ses employées, même si la réalisatrice reste assez évasive sur le sujet. On se doute alors qu’il y a certainement un passif entre la policière et son père, mais sans doute cette histoire secondaire n’était peut-être pas nécessaire. Du coup, le format est un peu trop long pour une histoire qui aurait pu économiser une demi-heure et approfondir les émotions de l’héroïne principale.
Mais Gentle Monster demeure un film de la compétition de bonne facture. Il ne fera certes pas ombrage à de grands longs métrages de la sélection cannoise 2026 mais a au moins le mérite d’alerter sur la question des violences sexuelles commises contre les enfants, et ce de façon assez inédite.
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