Le 29 juillet 2026
Un premier long métrage assumant pleinement son orientation vers la série B fantastique, avec une approche subtile du travail sonore et de la suggestion.
- Réalisateur : Romain Daudet-Jahan
- Acteurs : Patrick d’Assumçao, Jules Lefebvre, Ève Duranceau, Lucy Loste Berset , Mamadou Haïdara, Stéphan Guérin-Tillié, Quentin d’Hainaut
- Genre : Science-fiction, Aventures, Fantastique, Teen movie
- Nationalité : Français
- Distributeur : Sony Pictures Releasing France
- Durée : 1h29mn
- Âge : Avertissement : des scènes, des propos ou des images peuvent heurter la sensibilité des spectateurs
- Date de sortie : 5 août 2026
- Festival : BIFFF 2026
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Résumé : Tony, adolescent solitaire passionné par les animaux, voit son existence bouleversée lorsqu’il rencontre dans son petit village une créature mystérieuse : la Kyma, onde sonore vivante capable de briser la matière. Tony l’apprivoise, sans réaliser le danger qu’elle représente…
Critique : Romain Daudet-Jahan avait été révélé par son court métrage Les champs magnétiques, dont l’univers annonçait ce premier long. Kyma, l’onde mystérieuse, présenté dans plusieurs festivals dont le BIFFF 2026, fait partie du label Parasomnia Productions de Sony Pictures, qui a pour but de promouvoir le cinéma de genre. Le film a été en outre porté par son producteur, Marc Missinonier, dont le nom est associé à Promenons-nous dans les bois aussi bien que des films d’Ozon. La qualité première de Kyma est la concision et la fluidité de sa narration. En moins de quatre-vingt-dix minutes, le scénariste et réalisateur parvient à concocter un récit fantastique solide et prenant, sans se noyer dans des fausses pistes, des retournements narratifs ou des bavardages interminables. Tony est un adolescent ordinaire qui vit en milieu rural avec son père, un scientifique salarié d’un grand groupe énergétique. Un jour, il se retrouve face à une entité « intra-terrestre » mystérieuse, invisible mais émettant des sons d’une grande puissance. Le jeune homme décide d’apprivoiser cette entité qui semble pourchassée par des agents des services secrets. Le film joue avec habileté sur des peurs traditionnelles, tout en prônant un discours d’ouverture et de tolérance dans un monde tenté par le repli et la méfiance.

- Mamadou Haïdara, Jules Lefebvre, Lucy Loste Berset
- © 2026 Sony Pictures Releasing France. Tous droits réservés.
Mais le message n’est pas asséné avec velléité démonstratrice, le réalisateur privilégiant l’efficacité d’un récit traité au premier degré. Surtout, le manque de moyens évident, loin de nuire au dispositif, sert une œuvre épurée qui mise sur la suggestion et le hors champ, en ayant peu recours aux effets spéciaux, même si l’aspect purement horrifique n’est pas absent. En ce sens, Kyma fait écho à des perles du genre, quand la RKO et le cinéma de Jacques Tourneur parvenaient à créer l’effroi avec un rugissement ou une griffure sur un fauteuil. Et c’est par le travail sonore que Romain Daudet-Jahan est le plus cohérent avec son parti pris esthétique, les vibrations suscitées par la créature étant à l’origine d’un travail technique subtil, sans esbroufe. Le fait que l’un des personnages soit sourd ne relève pas seulement d’une logique inclusive : il renouvelle la perception du danger et de la tension.

- Jules Lefebvre
- © 2026 Sony Pictures Releasing France. Tous droits réservés.
Kyma est en outre malin dans ses références manifestes, dont E.T l’extra-terrestre ou Les Goonies, notamment par le poids donné à son trio de jeunes enquêteurs. Jules Lefebvre (fils de Poelvoorde dans Profession du père) est une révélation. En même temps, c’est là que le bât blesse : la maladresse des dialogues, mélange de jeunisme, d’adultomorphisme et de naïveté, dessert parfois le propos, en particulier dans les passages concernant une adolescente rebelle jurant comme un charretier. On préférera les pittoresques séquences avec la mère zoologiste (la Québécoise Ève Duranceau) ou l’antagoniste obstiné (Patrick d’Assumçao, moins serein que chez Guiraudie). Quant à la volonté de trouver à tout prix des explications scientifiques à des phénomènes irrationnels, elle évapore un peu l’ambiance mystérieuse initiale, même s’il s’agit là d’un péché mignon de la SF contemporaine, non spécifique au réalisateur. Malgré ces réserves, Kyma, l’onde mystérieuse est un bel objet de série B fantastique, qui démontre que le cinéma français est capable de créativité quand il ose s’aventurer sur ce terrain.
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