Le serpent - la critique

Du venin dans les veines

Le 19 décembre 2017

Un thriller domestique made in France haletant, en pleine possession de ses moyens.

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  • 20 février 2007, par Soni

    Le Serpent

    Infernale machination.

    Une énigme, le suspense du début jusqu’à la fin, des portes qui grincent, l’obscurité, les pierres tombales, la musique qui monte brusquement et des frayeurs régulières. Oui ! Ce sont des lieux communs du bon thriller, me direz-vous, mais, croyez-moi, Le serpent se démarque par ses subtilités, son bon scénario, son univers fantastique et surtout par l’excellent jeu des acteurs. Si vous n’aimez ni les films français, ni les films de peur, ni la police judiciaire, vous avez peut-être une bonne excuse mais sachez que cela vaut la peine de voir un Clovis Cornillac dans le rôle de Joseph Plender, le méchant psychopathe qui n’a qu’un seul mot à la bouche : vengeance. « Pourquoi tant de haine ? » se demande-t-on alors en imaginant un tout autre scénario et en s’attachant ainsi à Vincent Mandel, la principale victime, interprétée par Yvan Attal. La victime, pas totalement innocente, se verra s’enfoncer de plus en plus dans une ingénieuse manipulation qui n’a qu’un but celui de le faire souffrir et de l’anéantir jusqu’à la folie.
    Des souvenirs d’enfance rejaillissent chez nos protagonistes parce qu’ils ne se sont jamais effacés notamment pour Joseph Plender. Lui seul détient la mémoire pour la faire renaître jusqu’à la moelle. Sa force, son assurance et son apparente humanité en font désormais un homme exceptionnel et non plus le jeune adolescent peureux et vulnérable de jadis. Il a désormais le pouvoir vénéneux d’empoisonner quiconque voudrait l’écraser. Le duel Plender/Mandel est d’autant plus fort qu’il rappelle évidemment, à chacun d’entre nous, sa propre humiliation ou celle d’un pauvre camarade inoffensif que l’on plaignait sans vraiment chercher à le défendre. Il est bien difficile de prendre le parti du vengeur ou de la victime, c’est d’ailleurs une des qualités de ce film. Le thème de l’enfance et de ses douleurs fait également écho à l’univers satanique et angoissant des films de Dominik Moll comme Harry, un ami qui vous veut du bien où l’irruption de l’irrationnel transforme progressivement les personnages jusqu’à atteindre une mutation quasi animale.
    Eric Barbier accentue l’angoisse des personnages par un précieux jeu de clair-obscur rendant ainsi les scènes quasi surréalistes. Les regards assassins, la peur en crescendo des victimes et l’impuissance du super héros font que l’on se laisse gentiment porté par l’engrenage diabolique de Plender tout en prévoyant facilement les scènes suivantes. Revoir Pierre Richard dans le rôle de l’avocat victime est surprenant et semble être en décalage avec la réalité de la justice. Il est dommage que certaines scènes à effets soient tellement techniques qu’elles deviennent parfois prévisibles. Un lieu insalubre, la main, une ombre, la musique effrénée et les visages défigurés sont certes impressionnants mais sans créer de grands frissons. La fin, certes apaisante est tout aussi calculée comme si le duel ange/démon n’avait pas d’autres alternatives. Eric Barbier a cependant réalisé un film à suspense audacieux et original qui a tout son mérite.
    La petite moralité : si vous avez le souvenir d’un camarade de classe habituellement appelé « tête de turc » que vous avez certes oublié après vingt ou trente ans, je vous conseille d’être vigilant, le serpent pourrait sonner à votre porte...

  • 8 mars 2007, par vincentho

    Un bon petit polar français (très à la mode en ce moment), un peu dans la veine d’un "Harry, un ami qui vous veut du bien". Clovis Cornillac est inquiétant à souait.

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