Le 24 octobre 2026
Une suite qui ne fait pas beaucoup mieux que son médiocre prédécesseur, dénué de la moindre magie.
- Réalisateur : Susanne Bier
- Acteurs : Nicole Kidman, Dianne Wiest, Sandra Bullock, Stockard Channing, Lee Pace, Joey King, Maisie Williams, Liz Kingsman, Xolo Maridueña
- Genre : Fantastique, Romance, Nanar
- Nationalité : Américain
- Distributeur : Warner Bros. France
- Durée : 2h10mn
- Titre original : Practical Magic 2
- Date de sortie : 9 septembre 2026
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Résumé : Les sœurs Owens affrontent la sombre malédiction qui menace de détruire leur famille une fois pour toutes, dans un événement cinématographique mêlant divertissement, magie et chaos.
Critique : Une petite mise au point lexicale s’impose avant d’entrer dans le vif du sujet des Ensorceleuses 2. Une suite qui constitue ce qu’il est désormais sommé d’appeler une « legacyquel », d’après le nouveau lexique en vogue à Hollywood. Autrement dit une suite qui, en plus de rappeler les héros ou héroïnes d’origine (ici les deux sorcières campées par Sandra Bullock et Nicole Kidman), se soucie aussi de son héritage et de passer le flambeau à la nouvelle génération. Autre particularité des legacyquels : arriver fort longtemps après le dernier opus en date et prendre en compte ce temps qui a passé – là où les suites d’hier multipliaient les artifices (rajeunir les interprètes à coup de maquillage ou d’effets visuels, quand il ne s’agissait pas de les remplacer) pour nous faire croire que, au cinéma, le temps est une illusion. De ce nouveau sous-genre très en vogue à Hollywood, on connaissait déjà les variants horrifiques (les derniers Golo & Ritchie ou Halloween), péplum (Gladiator II) ou policier (Le Flic de Beverly Hills : Axel F.) : voici désormais le variant fantastico-comique du genre que constitue Les Ensorceleuses 2.

- Nicole Kidman, Sandra Bullock
- © 2026 Warner Bros. All Rights Reserved.
Non que le premier ait été mémorable ou réussi au point qu’il méritait un deuxième service. Oublié de tous ou presque, le film de Griffin Dunne sorti en 1998 n’était pas précisément ce qu’on appellerait un franc succès : voulant tirer à la fois vers la comédie fantastique gentillette – façon Ma sorcière bien-aimée ou, plus contemporain, Sabrina, l’apprentie sorcière – et l’éloge de la sororité musclée à la Thelma et Louise, Les Ensorceleuses finissait par s’éparpiller. À vouloir être partout, il n’était plus nulle part. La suite, chapeautée par Susanne Bier, évite un tel mélange des genres mais, in fine, ne fait pas beaucoup mieux. La faute, sans doute, à ce scénario téléphoné qui fait s’enchaîner les péripéties sans trop de cœur à l’ouvrage, distribue trop vite et trop mal les rôles entre les bons et les méchants, et déroule au kilomètre les répliques lénifiantes. Grand moment de comique involontaire : lorsqu’un des personnages dessine une cabine téléphonique rouge avant de s’exclamer « On doit aller en Angleterre ! »... et expliciter ainsi ce que le public a déjà compris. La Danoise Susanne Bier, qu’on a connu plus inspirée (After the Wedding), ne fait d’ailleurs pas grand-chose pour faire décoller cette quête globalement dénuée d’enjeux, et se borne à filmer l’Angleterre sans âge et pittoresque telle qu’elle n’existe plus qu’à Hollywood, entre jolis petits cottages et trains régionaux lookés comme l’Orient-Express.

- Lee Pace
- © 2026 Warner Bros. All Rights Reserved.
Ce qui sauve Les Ensorceleuses 2 du naufrage, c’est ce qui faisait déjà le peu de sel du premier : ses deux actrices principales, bien sûr, hier débutantes pleines d’avenir et aujourd’hui reines hollywoodiennes oscarisées. Les sœurcières Owens sont revêches, ne s’en laissent pas compter et ont de la répartie à revendre – bref, elles sont le genre de personnages que Bullock et Kidman sauraient jouer même sous anesthésie générale. Du côté des seconds rôles, c’est en revanche moins probant : Dianne Wiest et Stockard Channing, revenantes du premier volet, ne font ici que passer une tête ; quant à Joey King et Maisie Williams, qui incarnent les filles de, les nepo witches, elles sont figées dans des rôles très stéréotypés : la première dans celui de la gentille écervelée dont les bourdes à répétition envoient l’histoire dans des directions improbables, la seconde dans celui de la sœur compréhensive et attentionnée, toujours prompte à tenir la chandelle. Quand on sait que, legacyquel oblige, ce sont elles les héroïnes d’un putatif Ensorceleuses 3, on se dit qu’on pourrait bien les laisser à leur triste sort.
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